Skip to main content

Full text of "La photographie animée"

See other formats


mm 



HHB 



■ 



m 

1,1 1,1)! 




THEGETTYCENTERLIBRARY 



LA 



3 Jjl 






PHOTOGRAPHIE ANIMÉE. 



6286 B. — PARIS, IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS, 

55, Quai des Grands-Augustins. 



I 




BIBLIOTHÈQUE PHOTOGRAPHIQUE. 



LA 



PHOTOGRAPHIE ANIMÉE 



PAR 



Eug. TRUTAT, 



Directeur du Musée d'Histoire naturelle de Toulouse, 
Président honoraire de la Société photographique de Toulouse. 



AVEC UNE PREFACE DE 



J. MAREY, 

Membre de l'Institut. 




PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, 

ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE PHOTOGRAPHIQUE, 
Quai des Grands-Augustins, 55. 

1899 

(Tous droits réservés.) 



loio 



mWÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊKÊÊÊÊM UKÊm 



mm 
WÊÊ 



TH€GETT/i 

m 



PRÉFACE. 



C'est pour les besoins de la Science que la Chronophoto- 
graphie est née. Cette méthode a pris des formes diverses, 
afin de se prêter à l'étude des phénomènes les plus complexes 
et les plus rapides ; elle progresse si vite que bientôt elle 
nous aura fait connaître dans ses variétés infinies le mouve- 
ment, cette chose au I refois presque insaisissable. La Chrono- 
photographic s'est rapidement répandue dans le monde en- 
tier ; mais, si elle a acquis la popularité, ce n'est pas en 
raison de sa valeur véritable : elle a eu cette bonne fortune 
d'intéresser le public par les ebarmantes illusions qu'elle 
donne. Rien de plus saisissant, en effet, que la manière dont 
elle remet sous nos yeux les scènes de la vie ordinaire, ou 
les grands spectacles de la Nature : une manœuvre militaire, 
le défilé d'un cortège, la marche d'un train de chemin de fer, 
les mouvements des vagues de la mer, sont les projections 
animées qu'on accueille avec le plus de faveur. 

Le succès de ce genre de spectacles a suscité maintes re- 
cherches ; beaucoup d'esprits ingénieux se sont appliqués à 
perfectionner ou tout au moins à modifier les appareils, 
parfois seulement à leur donner de nouveaux noms. Le Livre 
plein d'intérêt que M. Trutat m'a chargé de présenter au 



VI 



public montre la variété des moyens employés pour atteindre 
ce but, toujours le même : projeter sur un écran, à des inter- 
valles de temps très rapprochés, une série d'images repré- 
sentant les phases successives d'un mouvement. 

L'Auteur nous fait suivre pas à pas les progrès réalisés 
par les divers inventeurs ; il montre les imperfections des 
premiers appareils, indique les moyens employés pour les 
corriger l'une après l'autre, et signale enfin les solutions les 
plus parfaites et les plus pratiques. Ce Livre sera un guide 
précieux pour tous ceux que tentera l'ambition de créer de 
nouveaux types de chronophotographes, afin de perfectionner 
encore la Photographie animée. Mais ce n'est peut-être pas 
là qu'est l'intérêt véritable de la Chronophotographie. 

Si parfaite que soit la reproduction des scènes qui nous 
sont familières, nous commençons à nous lasser de les voir. 
L'animation d'une rue avec les passants, les chevaux, les 
voitures qui s'entrecroisent en sens divers ne suffit plus à 
captiver l'attention. Déjà la recherche de sujets curieux 
s'impose ; on va demander aux pays lointains des spectacles 
nouveaux qui, bientôt, ne suffiront plus eux-mêmes à sou- 
tenir l'intérêt. 

C'est alors que la Chronophotographie, retournant à ses 
origines, redeviendra scientifique. Elle se fera la vulgarisa- 
trice de ces spectacles toujours nouveaux, toujours capti- 
vants, dont les savants jouissent seuls encore dans leurs 
laboratoires. Elle montrera, dans tous les actes de leur vie, 
les innombrables espèces animales, celles qui volent dans les 
airs, celles qui nagent dans les eaux, et même celles qui ne 
sont visibles que dans le champ du microscope. Elle fera voir 



PREFACE. 



les phases de la floraison des végétaux et les mystères de leur 
fécondation, toutes les espèces de machines en mouvement, 
la fabrication de tous les produits de l'industrie humaine. 
La Chimie aussi nous réserve bien des surprises avec ses 
cristallisations si variées et ces formes étranges qui, naissant 
du mélange de certains liquides, ressemblent parfois à des 
organismes vivants. Voilà, certes, de quoi tenir en éveil la 
curiosité la plus ardente. Ces exemples, cependant, ne 
montrent pas encore toute la puissance de la Chronophoto- 
graphie. 

Oui, les photographies animées ont fixé pour toujours des 
mouvements essentiellement fugitifs ; elles permettent de 
voir et de revoir indéfiniment des phénomènes parfois diffi- 
ciles à reproduire ; mais enfin ce qu'elles montrent, l'œil eût 
pu le voir directement ; elles n'ont rien ajouté à la puissance 
de notre vue, rien enlevé de ses illusions. Or, le vrai caractère 
d'une méthode scientifique est de suppléer à l'insuffisance 
de nos sens ou de corriger leurs erreurs. Pour y arriver, la 
Chronophotographic doit donc renoncer à représenter les 
phénomènes tels que nous les voyons. 

Une première manière consiste à changer la durée des 
phénomènes, à ralentir ceux qui sont trop rapides pour que 
notre œil en puisse saisir les phases, à accélérer ceux qui 
nous échappent par leur extrême lenteur. 

Quand un cheval est lancé au galop, nous ne voyons pas 
la succession des mouvements de ses jambes, pas plus que 
nous ne pouvons suivre par la vue les mouvements de l'aile 
d'un oiseau. Mais si l'on change la vitesse de succession des 
images, la Chronopholographie peut nous montrer le cheval 



exécutant avec lenteur les mouvements du galop, l'oiseau 
voler en battant lentement des ailes. Alors le phénomène, 
que sa grande vitesse rendait presque insaisissable, devient 
facile à observer et à comprendre. 

Qu'a-t-il fallu pour rendre, par exemple, cinq fois plus 
lent un mouvement qui était trop rapide ? Il a suffi de 
prendre, à chaque seconde, cinq fois plus d'images du cheval 
ou de l'oiseau qu'il n'en faut pour avoir la sensation continue 
du mouvement, et, dans la projection de ces images, d'en 
ralentir la succession à la fréquence nécessaire. 

Inversement, les phénomènes très lents, les mouvements 
des nuages, l'épanouissement d'une fleur, l'accroissement 
d'un végétal, deviennent très saisissables lorsque, en prenant 
les images à de longs intervalles, on les projette en un temps 
très court. 

Ainsi, par le simple changement de vitesse des mou- 
vements qu'elle reproduit, la Chronophotographie facilite 
singulièrement l'observation de la Nature. Mais on peut lui 
demander plus encore. Un mouvement, pour être bien 
connu, doit être exactement mesuré dans les deux éléments 
qui le constituent : l'espace et le temps ; ces deux grandeurs 
doivent être ramenées à la commune mesure, le mètre. Or, 
ce résultat a été atteint par la Chronophotographie. 

Le Livre de M. Trutat rappelle les premiers essais d'une 
méthode par laquelle les images successives, combinées en 
une figure unique, forment une véritable épure du mou- 
vement : c'est la Chronophotographie sur plaque fixe. Les 
figures ainsi obtenues se prêtent à une analyse rigoureuse 
au moyen de la règle et du compas. Celte méthode a pris, 



dans ces derniers temps, des développements imprévus ; elle 
se répandra, j'espère, parmi les savants et les expérimen- 
tateurs, car, grâce à elle, il n'est pour ainsi dire pas de mou- 
vements qu'on ne puisse connaître d'une façon parfaite. 

Cette fois, la Chronophotographie s'est tout à fait transfor- 
mée; les images animées se sont immobilisées en des figures 
géométriques; l'illusion des sens s'est évanouie, mais elle a 
fait place à la satisfaction de l'esprit. 

Tout cela est contenu dans la Chronophotograpliie, dans 
ces images successives que l'on peut à son gré présenter sous 
des apparences très diverses. Quel que soit le but qu'on se 
propose, il faut avant tout obtenir de bonnes images, offrant 
des contours parfaitement nets et recueillies à des intervalles 
de temps rigoureusement égaux; les perfectionnements réa- 
lisés dans l'obtention de ces images profiteront également 
aux diverses applications de la Chronopbotograpbie. Rien 
n'est plus intéressant que de suivre dans le Livre de 
M. Trutat l'origine, l'évolution et les perfectionnements de 
cette méthode. 



.T. M 



AREY, 



de l'Académie des Sciences. 



AVANT -PROPOS. 



La sensibilité merveilleuse des plaques photographiques a déjà 
donné des résultats auxquels on ne pouvait guère s'attendre. 
Physiciens, chimistes, mécaniciens, combinant leurs efforts, ont 
réussi à faire revivre le passé, pourrait-on dire à simuler la vie; 
il suffit, en effet, aujourd'hui de placer une petite boîte devant une 
scène mouvementée, une charge de cavalerie par exemple, pour que 
celle-ci soit emmagasinée, conservée jusqu'au moment où le même 
appareil viendra peindre sur une toile tout ce qu'il a vu : les che- 
vaux galoperont sur la toile comme ils ont galopé sur le champ de 
manœuvre, la poussière s'élèvera peu à peu, et l'escadron s'arrêtera 
brusquement au commandement de l'officier. Enfin, le bruit même 
de cet ouragan de chevaux, le cliquetis des sabres, sera repro- 
duit : alors l'illusion sera complète. Dans vingt ans, dans cent ans, 
pareille scène pourra être reconstituée à nouveau, et il suffira 
d'avoir conservé dans un petit étui de quelques centimètres une 
pellicule de celluloïd et de gélatinobromure d'argent. 

Mais cette merveilleuse invention n'a pas seulement pour but 
les exhibitions pittoresques du cinématographe; entre les mains 
des hommes de science, elle a déjà donné des résultats de la plus 
haute importance, et notre éminent physiologiste, M. Marey, est 
parvenu à instituer de la sorte une méthode d'observation du plus 
haut intérêt. La marche des animaux, analysée par l'appareil chro- 



XII 



AVANT- PROPOS. 



nopholographique, a été décomposée dans ses moindres délai ls ; 
bien des problèmes insolubles jusqu'à présent ont été résolus. Les 
peintres, par exemple, ont pu se convaincre que leurs dessins 
étaient de pure convention, et qu'un cheval au galop ne pouvait 
pas se trouver dans la position que leur donnent ordinairement les 
dessins courants. L'analyse des mouvements a non seulement 
constaté l'erreur commise, mais encore elle l'a expliquée, et elle ;i 
indiqué comment elle pouvait être corrigée sans cependant violer 
les lois de l'esthétique. 

La Photographie du mouvement, la Photographie animée (celle 
qui reproduit les mouvements), n'existe que depuis quelques 
années, mais grâce au succès qu'elle a obtenu, grâce à la mode, 
elle a fait de si rapides progrès que l'on peut dire qu'elle est par- 
venue aujourd'hui presque à son dernier degré de perfection. On 
peut donc écrire son histoire, et c'est ce que nous sommes pro- 
posé de faire dans ce Volume. 

Nous étudierons tout d'abord les origines de celte méthode, en 
suivant la marche rapide des inventeurs. Nous décrirons en pre- 
mier lieu le système à appareils multiples, puis ceux à bande sen- 
sible, tous dérivés de l'appareil de M. Marey, pour en arriver aux 
cinématographes, dont la liste est déjà longue, et qui courent à 
l'envi à l'assaut de la faveur, à la suite du cinématographe de 
MM. Lumière. 

Nous étudierons enfin les méthodes qui nous semblent les plus 
pratiques, pour l'obtention des bandes photographiques, et leur 
emploi dans la lanterne à projections. 

E. Trutat. 



LA 



PHOTOGRAPHIE ANIMÉE. 



CHAPITRE I. 



ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMÉE. 



Persistance de la vision. — Il n'est pas d'enfant qui ne se soit 
amusé à faire tourner rapidement un charbon incandescent : il 
se produit alors une raie de feu continue. C'est là une illusion 
d'optique qui provient de la persistance des impressions lumi- 
neuses sur la rétine. Lorsque notre œil reçoit une impression vive, 
l'image produite alors ne disparaît pas instantanément, elle s'efface 
graduellement, et, d'après les expériences de Plateau, cette per- 
sistance serait en moyenne d'un douzième de seconde, dans le cas 
du charbon incandescent; mais elle varie suivant la puissance 
d'éclairement de l'objet observé. Ainsi nous apercevons l'étin- 
celle électrique, et cependant elle est presque instantanée, tandis 
qu'une balle ou un boulet ne peuvent être aperçus à leur passage, 
et pourtant leur vitesse est bien moindre; mais l'un est éclairé 
vivement, l'autre ne réfléchit qu'une lumière diffuse. 

L'explication physiologique de cette aptitude particulière de 
l'œil a été découverte presque simultanément en 1876 par Boll et 
par Kiïhn. Ils démontrèrent que le fond de l'œil était imprégné 
d'une substance particulière, le pourpre rétinien extrêmement sen- 
sible à la lumière. Ce pourpre rétinien était détruit par les images 
lumineuses d'une façon analogue à celle qui modifie les sels d'ar- 
gent de la plaque photographique; mais, sous l'action vitale, cette 
substance sensible se reconstituait avec une rapidité extrême. La 
persistance de la vision résulte donc de l'espace de temps pendant 
T. 1 



CHAPITRE I. 



lequel s'opèrent cette destruction et cette reconstitution du pourpre 
rétinien. Plus la lumière est brillante, plus profonde et plus longue 
est l'action de destruction, plus longue est la persistance lumi- 
neuse. L'expression vulgaire « un œil brûlé par la lumière » est donc 
absolument exacte, et cette brûlure, cette destruction du pourpre 
rétinien, est plus ou moins profonde suivant l'intensité lumineuse ; 
elle est des plus vives par exemple sous l'action de l'éclair magné 
sique, et demande plusieurs minutes pour se dissiper. 

Tel est le phénomène physiologique qui est le point de départ 
des divers instruments qui permettent de produire l'illusion du 
mouvement et, en dernière analyse, la Photographie animée. 

Comme nous l'avons dit déjà, la durée de persistance des im- 
pressions lumineuses sur la rétine varie avec l'éclairement de l'ob- 
jet; pour un éclairement moyen, elle est d'environ —-. de seconde. 
Il en résulte que si un objet éclairé se trouve devant notre œil et 
qu'un écran opaque vienne nous le masquer pendant -— de se- 
conde, par exemple, son image persistera dans notre œil pen- 
dant ~ de seconde, et nous ne nous apercevrons même pas de son 
éclipse passagère. 

« Supposons maintenant qu'on ait photographié sur une bande 
pelliculaire, à ^ (^) de seconde d'intervalle, les positions succes- 
sives d'un objet en mouvement. Les diverses épreuves obtenues 
sont semblables à elles-mêmes, e'esl-à-dire que si l'on superpose 
deux quelconques d'entre elles, les parties qui représentent des 
objets fixes se recouvrent exactement, tandis que celles qui cor- 
respondent à l'objet en mouvement occupent des positions dont 
l'écart mesure en quelque sorte le déplacement accompli entre les 
instants où ont été prises les deux épreuves. Gela posé, admettons 
qu'on ait pris ainsi 900 épreuves successives, pendant une minute, 
et projetons sur un écran, au moyen d'une lanterne, l'épreuve n°l, 
éclipsons-la ensuite en interposant sur le faisceau lumineux un 
écran opaque qui ne masque la lumière que pendant •— de seconde ; 
d'après ce que nous venons de dire, notre œil continuera à voir 
l'image projetée, non seulement pendant tout le temps du passage 
de l'écran opaque, mais encore après qu'il a passé pendant un 
temps égal à la différence entre ~ de seconde (durée de persis- 
tance) et jj de seconde (durée de passage de l'écran), soit ~ de 



ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMÉE. "> 

seconde. Supposons alors que pendant la durée de l'éclipsé on ait 
réussi à substituer l'image n° 2 à l'image n° 1. Quand l'écran dé- 
masquera à nouveau le faisceau lumineux, nous verrons encore 
pendant 7^ de seconde l'image n° d , affaiblie évidemment, à laquelle 
vient se superposer l'image n° 2, et comme les parties immobiles 
coïncident exactement, notre œil percevra la sensation de l'atti- 
tude n c 2 de l'objet en mouvement succédant à l'attitude n° 1. 

» Si l'on substitue, de même, pendant des périodes successives 
et rapides, le n° 3 au n° 2, le n" 4 au n°3, et ainsi de suite jusqu'au 
n° 900, il est évident que notre œil aura devant lui toujours la 
même image dans laquelle l'objet en mouvement passera progres- 
sivement de l'attitude n° 1 à l'attitude n° 900. 

» L'œil verra donc marcher sur l'écran la photographie de cet 
objet. 

)> Il fallait trouver un appareil permettant de produire ainsi 
900 éclipses de lumière à la minute, au moyen desquelles se fe- 
raient automatiquement 900 substitutions d'images.» (Lumière.) 

Mais avant d'arriver à ces appareils, quasi-merveilleux, qui per- 
mettent aujourd'hui de projeter devant un nombreux auditoire, et 
en grandes dimensions, une scène pittoresque, les physiciens ont 
combiné plusieurs instruments, beaucoup moins parfaits, mais dans 
lesquels était en germe l'invention de ces projections animées. 

Nous croyons donc utile de passer rapidement en revue les plus 
intéressantes de ces combinaisons. 



Phénakisticope de Plateau. — Deux modèles ont été proposés 
successivement par le savant physicien belge. Le premier {fig. 1), 
se compose de deux disques de carton montés aux deux extré- 
mités d'un axe, dont la longueur est égale à celle de la vision dis- 
tincte. Le premier de ces plateaux est noir et percé vers son bord 
de fentes étroites et placées à distances égales. Le second plateau, 
divisé en autant de segments qu'il y a de fentes sur le plateau noir, 
porte une série de dessins qui représentent les diverses phases 
d'un mouvement. Si l'on fait tourner assez rapidement les deux 
disques, et que l'on place l'œil en face des fenêtres du disque noir, 
on voit une seule image qui donne la sensation du mouvement. 

Dans un second modèle, il n'existe plus qu'un disque, noir sur 



CHAPITRE I. 



une face, blanc sur l'autre ; celle-ci est divisée en un nombre quel- 
conque de segments égaux. Chacun de ces segments porte une 




fente étroite, pratiquée vers le bord du disque ; au-dessous sont 
dessinées les différentes images, comme dans le cas précédent. 

Le disque ainsi préparé est placé devant une glace, et, par les 
fentes, on regarde l'image produite sur la glace. Si l'on fait tour- 
ner le tout, la même illusion se produit et le mouvement se re- 
constitue. 



Zootrope. — Dans le zootrope (fi g. 2), au lieu d'un disque plat 



F i g . 2. 




on fait usage d'un cylindre vertical, à l'intérieur duquel ont été des- 
sinées les images multiples; au-dessus de chacune d'elles est percée 



ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMEE. 



une fente verticale. En faisant tourner rapidement le cylindre sur 
son axe, on obtient la même illusion de mouvement qu'avec le phé- 
nakisticope de Plateau. Mais dans ce système les images ne sont 
pas fixes, elles se déplacent et manquent de netteté. 

Zootrope de Clerk Maxwell. — Pour pallier ces défauts, le 
physicien anglais Clerk Maxwell proposa la combinaison suivante, 
que nous trouvons décrite dans Y Année scientifique de Figuier 
(1869). 

« Le perfectionnement apporté au zootrope par M. Clerk Maxwell 
consiste dans la substitution de grandes lentilles concaves aux 
fentes étroites. La longueur focale de ces lentilles est égale au 
diamètre du cylindre, d'où il suit que l'image virtuelle des dessins 
sur le côté opposé du cylindre est formée exactement sur l'axe du 
cylindre. Aussi, pendant tout le temps qu'un des dessins est visible 
à travers une des lentilles, paraît-il en repos, le mouvement delà 
lentille neutralisant exactement celui du dessin. L'image est donc 
formée sur la rétine avec une netteté parfaite et continue à être vue 
pendant le temps du passage de la lentille, et non pas seulement 
pendant le temps très court du passage de la fente. » 

Praxinoscope de Reynaud. — Le praxinoscope est égale- 
ment un perfectionnement du zootrope; il se compose {ftg- 3) 



Fig. 3. 




d'un cylindre semblable au précédent, mais dans lequel a été sup- 
primée la partie qui porte les ouvertures. Au centre se trouve placé 
une sorte de prisme, à faces multiples, en glaces étamées. A l'in- 



I 



CII.U'ITKi: i. 



térieur du cylindre on fixe une bande portant les dessins ordinaires, 
et ceux-ci doivent être en nombre égal à celui des faces du prisme. 

Tachyscope. — Dans tous ces appareils, les images étaient pro- 
duites par des dessins faits à la main, et de là une illusion appro- 
chée. M. Anschiïtz, de Lissa, a eu l'heureuse idée de les remplace]' 
par des photographies, et son instrument, qu'il a nommé le tachy- 
scope, donne des résultats excellents. 

Phakinescopes. — Tout récemment M. Abadie-Dutemps a pro- 
posé une modification des plus intéressantes à ces appareils à vision 
directe, et sous le nom de phakinescopes, il a établi une série d'ap- 
pareils qui permettent d'éviter les défauts de ceux qui les ont pré- 
cédés ('), et nous lui empruntons les descriptions suivantes. 

Phakinescope à prismes. — « Dans cet appareil une série de 
lentilles convergentes sont fixées sur la surface latérale d'un prisme 
régulier qui peut tourner autour de son axe de figure. 

)> Un cvlindre, ou mieux un autre prisme ayant un même nombre 




de faces que le premier, placé concentriquement à l'intérieur de 
celui-ci, porte un dessin en regard de chaque lentille. 

» Sur le modèle fig. 4 ces lentilles sont au nombre de douze. 



(') Nous renvoyons au savant Mémoire de M. Abadie-Dulcmps, pour la théorie 
mathématique des phakinescopes : Mémoires de l'Académie des Sciences de Tou- 
louse, année 1896, p. 555 et suivantes. 



ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMEE. 7 

Elles sont enchâssées dans des fenêtres à bords latéraux recti- 
lignes. 

» Une feuille de papier très fort en forme de manchon et pliée en 
douze parties porte les dessins. On la place autour d'un cylindre 
central qu'elle enveloppe en formant les facettes latérales d'un 
prisme régulier à douze pans correspondant aux lentilles. 

» On voit que ce phakinescope ressemble à un praxinoscope où 
l'on aurait mis des lentilles à la place des dessins et ces derniers 
à la place des miroirs. 

» Si F est la distance des lentilles à l'axe de rotation, on placera 
le dessin à une distance f de celles-ci telle que F soit la longueur 
du foyer conjugué virtuel répondant à f. 

» Le centre de l'image virtuelle de chaque dessin étant alors situé 
sur l'axe de rotation, celle-ci s'y trouvera, pendant le déplacement 
devant l'œil de la lentille correspondante, immobilisée comme dans 
les appareils de Glerk-Maxwell et de M. Reynaud, résultat qui se 
déduit du reste de la relation 



U " " F — /' 

qui existera toujours entre les vitesses V et U pendant la rotation 
de l'appareil. » 



Phakinescope à hélice. — Le système précédent a, comme tous 
ceux se rapportant au genre zootrope, l'inconvénient de ne com- 
porter qu'un petit nombre de dessins, puisque ce nombre, égal à 
celui des lentilles, est toujours assez limité. 

» Il serait possible de l'augmenter beaucoup en modifiant l'appa- 
reil, ainsi que le représente la fig. 5. 

■» Les lentilles sont placées sur le pourtour d'une couronne hori- 
zontale (supportée par un axe ou fourche T mobile autour d'un 
arbre vertical A, indiqué en pointillé) dont l'axe prolongé passe- 
rait par son centre. 

» Dans l'intérieur de cette couronne s'engage obliquement un 
cylindre D sur lequel les dessins ou photographies sont disposés en 
hélice. 



H CHAPITRE I, 

» L'inclinaison de ce cylindre, dont l'axe passe aussi par le centre 
de la couronne, est telle que la tangente à l'hélice, vis-à-vis de l'en- 
droit R où l'on regarde, soit horizontale. 

» Ce cylindre est embroché suivant son axe par une vis fixe S de 
même pas que l'hélice, et porte à sa partie inférieure un écrou qui 
mord sur cette vis, de telle sorte que lorsqu'on le fait tourner sur 



Fig. 5. 




M@ .©MQ) * 




lui-même, chacun des dessins passe successivement et horizontale- 
ment devant le point R. 

» Une tige cylindrique E, qui surmonte la vis, sert à guider aussi 
ce cylindre. 

» Pour que les dessins paraissent immobiles pendant le passage 
de chaque lentille, il faut s'an^anger de telle sorte que la commande 
des mouvements de rotation de même sens de la couronne et du 
cylindre aient une vitesse angulaire dans un rapport déterminé. 

» Cette transmission de mouvement se fait ainsi : un arbre I, mû 
par la manivelle M, fait tourner les roues d'angle K/ et K. La 
roue K, montée folle sur le bas de la vis, porte une longue broche 
B qui pénètre dans l'intérieur du cylindre D et l'entraîne dans son 



OIUGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMÉE. 9 

mouvement, tout en lui permettant de se déplacer longitudinalc- 
ment pendant sa rotation. 

» Une partie H, fixée à l'arbre I, mène par chaîne Vaucanson la 
poulie S montée sur un arbre horizontal qui, avec les roues 
d'angle G' et G, fait tourner l'arbre A et la couronne C. 

» On peut dégager le cylindre pour changer les dessins en fai- 
sant basculer autour de l'axe X la partie supérieure du bâti qu'on 
saisit par la poignée Y. » 

Phakinescope à prismes séparés. — « On peut aussi employer 
un grand nombre de dessins avec des appareils à prismes ou 



Fi g. 6. 



f- 




cylindres, à l'aide de la disposition que la Jîg. 6 (schématique) 
représente en coupe. 

» Les lentilles L, L' sont supportées par les faces latérales d'un 
prisme régulier LPL' monté sur l'arbre A qui est mené par la 
roue E. 

» Les dessins D, D' sont portés par un cylindre DND', placé ici 
à l'extérieur du prisme portant les verres et qui, monté sur l'arbre 
creux C pouvant tourner librement sur l'arbre A, est commandé 
par la roue G. 

» Les roues E et G sont actionnées par les roues K et H fixées 
à l'arbre S que l'on fait tourner avec la manivelle M. 

» La vitesse à donner aux lentilles doit être double de celle des 



1<> 



CHAPITRK I. 



dessins, et par suite l'espacement de ces derniers devra être la 
moitié de celui des lentilles, et le nombre de ceux-ci devra être 
quadruple de celui des lentilles. 

)> Comme dans un appareil de petites dimensions on ne pourrait 
placer l'œil vis-à-vis de L, dans l'intérieur du prisme, on placera 
en regard de ce point, en R, un miroir incliné ou un prisme à ré- 
flexion totale fixé au bâti de l'appareil de façon à renvoyer à l'ex- 
térieur, dans l'œil placé en O, les rayons émanés de D. 

)> Cet appareil pourrait recevoir des bandes de cinématographe ; 
il suffirait pour cela de faire mouvoir dans le plan tangent au cy- 
lindre en D et perpendiculairement à la figure, à l'aide d'un 
mécanisme d'entraînement mené par l'arbre S, le ruban substitué 
au cylindre DD'. 

» Le cylindre DD', convenablement disposé et ajouré pour laisser 
voir le ruban, pourrait même être employé à produire cet entraî- 
nement . M 

Phakinescope à disques. — o Dans cet appareil ( fig. 7) les len- 
tilles sont réparties sur le pourtour d'un disque vertical L traversé 




à son centre par un arbre horizontal A, autour duquel il peut 
tourner librement et qui est fixé au bâti S. Une poulie G appliquée 



ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMEE. I I 

sur sa face intérieure, et indiquée en pointillé sur la figure, sert à 
lui communiquer un mouvement de rotation. 

» Un deuxième disque D, parallèle au premier et placé derrière 
lui, porte les dessins. Il peut tourner librement autour de l'arbre 
horizontal B, passant par son centre et fixé aussi au bâti S. Une 
poulie J, qui lui est accolée, sert à le faire mouvoir. 

» Le rapport des vitesses angulaires des deux disques doit être 
égal à 2 et l'espacement des dessins est aussi la moitié de celui des 
lentilles. 

» Ces dernières s'y trouvant au nombre de douze, le disque D 
porte vingt-quatre dessins. 

» On pourrait songer à en augmenter encore beaucoup le nombre 
en les disposant en spirale sur le disque; mais il faudrait alors 
ajouter un mouvement de translation le long du bâti S à celui de 
rotation du disque. De plus, la vitesse angulaire de ce dernier 
devrait être progressivement augmentée. 

» Bien qu'on puisse réaliser mécaniquement ces conditions, l'ap- 
pareil deviendrait alors assez compliqué et sans doute moins pra- 
tique qu'un système où l'on substituerait au disque D un ruban 
courant sur son plan, tangentiellement à la circonférence où se 
trouveraient les dessins, système qui offrirait encore l'avantage de 
permettre l'emploi d'un nombre de dessins pour ainsi dire indéfini. 

d Le pliakuieseope à disques se prête aisément à l'emploi de 
dessins transparents d'un joli effet et s'appliquera commodément 
au stéréoscope. 

» Il a sur les systèmes à prismes ou à cylindres l'avantage d'être 
moins encombrant et d'une construction plus facile; mais il leur 
estinférieur pour la netteté des images. Celles-ci, en effet, paraissent 
tourner et osciller un peu pendant le passage de chaque lentille, 
lorsque durant ce passage l'angle au centre du disque répondant 
au déplacement du dessin prend une valeur sensible et que les arcs 
parcourus par le dessin et la lentille diffèrent trop d'une ligne 
droite. 

» Pour atténuer ces perturbations il suffira donc de multiplier 
les dessins et les lentilles. 

» Si ces dernières s'emploient en petit nombre et ont dans le sens 
perpendiculaire aux rayons du disque une largeur qui sous-tende 



CHAPITRE I. 



ORIGINES DE LA PHOTOGRAPHIE ANIMEE. 



un angle au centre un peu ouvert, on rétrécira suffisamment dans 
ce sens (quitte à affaiblir, ainsi un peu l'éclairage) l'ouverture des 
fenêtres dans lesquelles ces lentilles sont placées. 

» On peut employer le phakinescope à voir distinctement un 
corps en mouvement rapide; l'appareil à disques se prête surtout 
à cette observation. 

» Pour cela, il suffît, après avoir enlevé le disque D, de faire 
courir l'objet dans le plan qu'occupait ce disque, tangentiellement 
à la circonférence que parcouraient les centres des dessins. 

» Si l'on imprime alors au disque L la vitesse qu'il aurait eue 
dans le phakinescope si les dessins s'y étaient déplacés avec la vitesse 
de l'objet, l'image de ce dernier apparaîtra un instant immobile, 
pendant qu'il passera devant l'œil et en même temps qu'une des 
lentilles de l'appareil. 

» C'est ainsi qu'en faisant couler de l'eau devant une fente hori- 
zontale bien éclairée, pratiquée dans un écran, on aperçoit avec 
netteté la forme des gouttes, composant la veine liquide, que l'on 
peut de la sorte étudier. » 



Les phakinescopes de M. Abadie-Dutemps peuvent aussi s'ap- 
pliquer aux projections, et nous indiquerons plus loin les moyens 
proposés par l'auteur dans ce cas. 






APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



[3 



CHAPITRE IL 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



APPAREILS MULTIPLES. 



Système Muybridge. — Les premiers appareils multiples ont été 
faits en Amérique vers 1880 par M. Starford, ancien gouverneur 

Fi g. 8. 




de la Californie, qui confia l'exécution photographique de son pro- 
jet à M. Muybridge ('). 

Le champ d'expériences {fig. 8) se composait d'une piste établie 



(') La description de ces premières tentatives se trouve dans un Ouvrage 
publié sous les auspices de M. Starford, par le D'Wilmann, The horse in motion, 
as schonn by instantaneous photo graphy. In-4, London, Turner et C"; 1S82. 



[ | CHAPITRE II. 

en avant d'un écran blanc légèrement incliné, de façon à éviter les 




ombres portées, et orienté de manière à renvoyer la lumière dans 
la direction des appareils photographiques. Sur l'écran étaient 



I . 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 

tracées des lignes équidistantes servant de points de repères. 

En face, une sorte de hangar portait une série d'appareils pho- 
tographiques braqués sur le réflecteur incliné. Des fils électriques, 
tendus en travers de la piste, étaient reliés à des électro-aimants 
dont chacun maintenait fermé l'obturateur de l'appareil photo- 
graphique placé en face de lui. Le cheval, en passant sur la piste, 
rompait successivement chacun de ces fils, et déclenchait les obtu- 
rateurs les uns après les autres. 

Notre fig. 9 reproduit une des séries ainsi obtenues; les images 
manquent de netteté, car le collodion était seul connu à cette époque 
et sa sensibilité était insuffisante. 

Lors de la découverte du gélatinobromure, les images de Mu\- 
bridge devinrent bien meilleures, et cet habile opérateur a publié 
de magnifiques planches d'animaux en mouvement. 



Système Anschùtz . — Plus récemment, M. Ottomar An- 
schiitz, de Lissa, obtint une subvention considérable du gouverne- 
ment allemand, et reprit l'idée américaine en la perfectionnant. 
Nous avons inutilement cherché à avoir des renseignements précis 
sur l'installation de Lissa; mais, d'après un dessin que porte la 
boîte du tachyscope de cet auteur, nous avons pu constater que 
la piste de Lissa était établie de même façon. Les épreuves ainsi 
obtenues, et qui se trouvent dans le commerce, sont en tous points 
remarquables. 

Système Londe. — L'emploi des appareils multiples de M. Muy- 
bridge et de M. Anschùtz nécessite une installation dispendieuse 
et qui demande toujours un vaste emplacement. M. Londe a cherché 
à réduire à la fois le nombre des épreuves et celui des appareils, 
en réunissant sur une seule chambre noire un certain nombre 
d'objectifs. 

Dans le premier modèle, neuf objectifs sont disposés en cou- 
ronne sur la planchette d'une chambre i3 x 18 (fig* 10); chacun 
d'eux dessine une image distincte et séparée des voisines. Derrière 
les objectifs se trouve un disque percé d'une ouverture et ac- 
tionné par un ressort d'horlogerie; ce disque fait fonction d'obtu- 
rateur et démasque successivement les neuf objectifs. Au moyen 



i6 



CHAPITRE I. 



d'un dispositif électrique, combiné avec un métronome, on peut 
démasquer successivement les objectifs, et cela à des intervalles de 
temps déterminés et égaux, en interposant le métronome dans le 



Fig. io. 




circuit ou bien à des intervalles inégaux en faisant marcher à la 
main le contact. Enfin on peut également modifier à volonté le 
temps de pose. Les épreuves ainsi obtenues {fig. 1 1) sont de dimen- 
sions un peu trop restreintes, aussi M. Londe a-t-il établi un second 
appareil de plus grandes dimensions. 

Dans celui-ci (') on fait usage de plaques i\ x 3o et douze 
objectifs donnent douze épreuves de 7 x 7, dimension des projec- 
tions; il est caractérisé par la possibilité de faire varier et les 
intervalles entre chaque épreuve et les durées d'éclairement des 
divers clichés. 

L'appareil se compose de la chambre noire, de l'expéditeur et 
du distributeur. 

La chambre {fig. 12), du format 24 X 3o, est diviséeintérieure- 
ment en douze compartiments. L'avant porte une platine A sur 
laquelle sont montés les objectifs et les obturateurs. 



(') Voir Bulletin de la Société française de Photographie, année 1890, 
p. 572 et suivantes. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



Les objectifs sont tous de même foyer (io cm ,5) dont les dia- 

f f f 
phragmes peuvent être de '-■> —> — • 

Les obturateurs sont du type Londe et Dessoudeix, à plaque 



Fi g. ii. 












tournante; chacun d'eux est accompagné d'un électro-aimant, qui 
déclenche l'obturateur lorsque l'on fait passer un courant élec- 
trique. 

La.Jig. i3 montre la disposition de ces différents organes : A est 
l'objectif, B la manette qui sert à armer l'obturateur, G la manette 
des vitesses, D le bouton de la mise au point. En M on aperçoit 
lélectro-aimant muni de son novau E; au-dessous, F est l'armature 
dont la course est limitée par l'arrêt H. En G est une tige qui 
T. t 



l8 CHAPITRE II. 

actionne l'obturateur et peut être soulevée par l'armature au mo- 




MATlf'/f 



ment du passage du courant. N et P sont les points d'arrivée des 
iils électriques. 

Fis. i3. 




Les douze contacts V sont reliés ensemble. Au contraire, les 
contacts P sont isolés les uns des autres. 

Le courant est ainsi amené au récepteur au moyen d'un conduc- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 1CJ 

teur à treize fils, un pour chacun des douze électro-aimants et un 
pour le retour commun. Sur le haut de la platine se trouve un 
dispositif qui permet la jonction simultanée de tous les fils (F et 
E,jfig. 12). 

Le distributeur (Jig- i4) est ainsi établi : un axe A est com- 
mandé par un mouvement d'horlogerie. Cet axe porte à son extré- 




mité extérieure un balai de platine en communication avec l'un 
des pôles d'une pile. Ce balai peut tourner avec l'axe A, et il ren- 
contre sur son c hemin douze contacts disposés régulièrement sur 
un disque d'ivoire. Ces douze contacts sont chargés de transmettre 
le courant arrivant par le balai aux douze électro-aimants. Chaque 
lois que le balai passera sur un des contacts, un des obturateurs 
sera déclenché. A cet effet, l'axe A est mis en mouvement au 
moyen d'une roue à échappement qui n'est actionnée que lorsque 
l'expéditeur envoie un courant dans la bobine D. A chaque émis- 
sion, la roue d'échappement avancera de ~ de tour; et par suite le 
balai progressera d'un contact après avoir déclenché l'obturateur 
correspondant. 

Pour obtenir un ordre de succession toujours le même, il suf- 
fira de remettre, avant chaque opération, le balai dans la même 
position. 

L'ordre de déclenchement des obturateurs sera réglé par la 
liaison de chaque fil correspondant avec telle ou telle borne du 
distributeur. On pourra, par suite, changer avec facilité l'ordre 



20 



CHAPITRE II. 

d'exposition des plaques. Ceci a une certaine importance pour la 
lecture des séries. 

Il est en effet avantageux que l'ordre de succession soit de même 
sens que celui du mouvement observé, de droite à gauche quand 
celui-ci s'effectue de droite à gauche, et réciproquement. 

En résumé, le rôle du distributeur est de recevoir, à un moment 
donné, les courants envoyés régulièrement par l'expéditeur, et de 
les transmettre aux douze électro-aimants des obturateurs dans un 
ordre déterminé d'avance. A cet effet, le courant est interrompu 
entre l'expéditeur et le distributeur, et ne peut être rétabli qu'en 
appuyant sur une poire électrique. De cette manière, on peut laisser 
prendre à l'expéditeur son régime normal, et n'actionner le dis- 
tributeur qu'au moment précis où l'on veut opérer. 

La fig. i5 représente l'ensemble des appareils fonctionnant 



Fig. i5. 



^ 





avec un métronome électrique comme distributeur. Le courant 
émané de la première pile B est envoyé par l'expéditeur dans le 
distributeur D, mais seulement lorsque l'on appuie sur la poire C 
qui, pendant la période de repos, coupe le courant entre l'expédi- 



21 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 

teur et le distributeur. L'expéditeur, à son tour, envoie le courant 
de deux autres piles dans l'appareil photographique F au moyen 
du conducteur souple à trois branches E. 

Ainsi disposé, l'appareil Londe permet de réaliser les condi- 
tions suivantes : 



r> Intervalles courts . Poses rapides. 

2 » ......... Poses plus ou moins lentes. 

3° Intervalles prolongés Poses rapides. 

4° » Poses plus ou moins lentes. 

A titre d'exemple, nous reproduisons deux séries chronophoto- 
;raphiques obtenues par cet appareil. L'une {fig. 16) représente 



Fig. 16. 












une jeune équilibriste sur le trapèze, au moment où, le trapèze 
étant en mouvement, elle s'agenouille sur celui-ci ; l'autre {fig. 17) 
est un type de série discontinue. Une autre équilibriste sur le fil 
de fer s'agenouille, puis se tient en équilibre sur les deux genoux, 



11 



CHAPITRE II. 



elle passe ensuite une jambe par derrière, restant en équilibre sur 
un genou; puis un autre équilibre, la jambe étant repassée par 



Fie:, i- 




devant : elle se lève ensuite et revient à la position de départ. 
La première série a été prise en une seconde et demie, et la 
deuxième en deux minutes environ. 



Appareil de l'auteur . — Les combinaisons effectuées dans 
l'appareil Londe sont excellentes de tous points, mais elles sont 
d'une exécution très coûteuse, et par conséquen t inabordables pour 
un simple amateur. Nous avons donc cherché un dispositif plus 
simple et qui permette cependant d'obtenir des épreuves suffisantes . 

A la condition d'opérer en plein soleil, les objectifs simples 
peuvent servir, mais il convient de ne faire usage que de longs 
foyers pour obtenir une image nette de 7 x 7 sans être obligé de 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 23 

diminuer par trop l'ouverture du diaphragme. Celui-ci peut être 

f f 

de -- et de ~ avec une bonne lumière. 
[2 i5 

Les obturateurs sont à guillotine tournante actionnée par des 
ressorts àboudin, que l'on peut renforcer par des bagues de caout- 
chouc lorsqu'il est nécessaire d'obtenir de plus grandes vitesses. 

Chacun d'eux est déclenché par un soufflet de caoutchouc, relié 
à un distributeur par un tuyau de même matière. Chacun des 
douze tuyaux se termine à l'extrémité libre par une petite poire 
également de caoutchouc, dont le volume doit être double de 
celle accolée à l'obturateur. Ces douze poires sont placées en ligne 
soit sur le sommet de l'appareil, soit sur une planchette séparée et 
portée par un pied distinct. 

Dans le cas de poses continues, le déclenchement s'obtient au 
moyen d'une planchette articulée à une de ses extrémités, libre à 
l'autre. Elle passe au-dessus des douze poires, et elle est maintenue 
en l'air par un léger ressort. Il suffit de l'abaisser brusquement 
pour presser successivement sur la rangée de poires en caoutchouc 
et obtenir le déclenchement des objectifs. 

Dans le cas de poses discontinues, au-dessus de chaque poire 
est disposée une touche distincte, que l'on abaisse avec le doigt 
comme dans un piano. 

Malgré sa simplicité de construction, cet appareil donne des 
résultats très satisfaisants. 



APPAREILS SIMPLES. 

Nous comprenons sous le nom (^appareils simples ceux qui 
ne possèdent qu'un objectif et produisent des images multiples sur 
une surface sensible, celle-ci, plaque de verre ou pellicule souple, 
étant tantôt fixe, tantôt animée d'un mouvement plus ou moins 
rapide. 



Appareil à plaque fixe de M. Marey. — « Supposons qu'on ait 
braqué devant un champ obscur un appareil photographique ordi- 
naire et que, l'objectif étant ouvert, on lance devant ce champ une 



%\ 



CHAPITRE II. 



boule brillante éclairée par le soleil, de telle sorte que l'image de 
cette boule impressionne sur son passage différents points de la 
plaque sensible, on trouvera sur cette plaque une ligne continue, 
qui retracera exactement la trajectoire suivie par le corps brillant. 
)> Si nous répétons l'expérience en admettant la lumière dans la 
chambre noire d'une façon intermittente et à des intervalles ég^aux, 
nous obtiendrons une trajectoire discontinue (fig- 18), dans 




laquelle seront représentées les positions successives du mobile 
aux instants où se sont produites les admissions de la lumière ( ' ). 



Fig- 19- 




» Si à cette boule nous substituons un homme qui marche, nous 
obtiendrons une série d'images qui se superposeront plus ou moins 
suivant la vitesse de la marche {fig. 19). 



(') Marey, Le Mouvement, page i\ ^Paris, Musson; 1894 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. J.5 

» Dans le cas de mouvements rapides, les images ainsi obtenues 







deviennent plus ou moins confuses, grâce à teur superposition : 
c'est ce qui s'est produit dans le coup d'épée {Jig* 20). » 



2G 



CHAPITRE II. 



Malgré leurs imperfections, ces épreuves ont permis à M. Marey 
de faire une analyse très complète des mouvements. 

L'appareil employé alors était composé d'un disque fenêtre 
{fig- 21) tournant en avant de la plaque photographique, et ac- 



Fig. 21. 




tionné soit par une manivelle, soit par un mouvement d'horlogerie. 
Gomme l'objet se déplace entre deux, éclairements successifs, on 
obtient une série d'images indiquant les positions successives de 
l'objet observé, et celles-ci progressent sur la plaque par suite du 
mouvement même de l'objet, se superposant en partie : d'une 
petite quantité si le sujet est animé d'un mouvement lent, d'une 
quantité plus grande si le mouvement est rapide. 

Pour éviter la confusion qui peut résulter de ces superpositions, 
M. Marey a proposé de dissocier les images, soit en les alternant, 
c'est-à-dire en faisant usage de deux objectifs superposés et don- 
nant deux bandes d'images qui s'impressionnent alternativement, 
soit en les dissociant au moyen d'un miroir tournant. 

Les appareils à plaque fixe ne peuvent donner qu'un nombre 
assex restreint d'images, et ne peuvent s'appliquer qu'aux études 
scientifiques du mouvement. Aussi M. Marey, car c'est toujours 
lui qu'il faut citer comme premier inventeur, a-t-il cherché à dis- 
socier les images d'une manière plus complète, en donnant un 
mouvement de progression à la plaque sensible. 

Mais comme l'appareil à plaque fixe est le premier qui ait été 






APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 1~ 

construit, nous donnerons avec quelques détails les dispositions 
adoptées tout d'abord par M. Marey : 

<( Un appareil photographique ordinaire peut donner des images 
chronophotographiques, s'il est muni d'un obturateur produisant 
des éclairements très courts à des intervalles de temps réguliers. 
Pour cela, un disque percé de fenêtres étroites et tournant dans une 
fente pratiquée dans la monture de l'objectif est la disposition la 
plus simple, celle que nous avons employée tout d'abord. Le 
disque était conduit, au moyen de poulies et d'un câble sans fin, 
par un mouvement d'horlogerie muni d'un bon régulateur. 

» Mais la nécessité de relier l'une à l'autre la chambre noire et 
le mouvement d'horlogerie, celle de changer à chaque instant de 
disque suivant la fréquence et la durée des éclairements qu'il fal- 
lait produire, nous ont fait abandonner cette disposition embar- 
rassante. Nous nous sommes décidé à construire un instrument 
spécial, portatif et réglable à volonté suivant le besoin. 

» Cette construction était d'autant plus nécessaire, que certains 
mouvements ne peuvent être chronophotographiés sur plaque fixe, 
mais qu'il en fallait recueillir les images successives sur une longue 
bande de pellicule sensible se déroulant au foyer de l'objectif. 

» Le chronophotographe représenté fig. 22 se prête à tous ces 




besoins, mais nous n'en décrirons pour le moment que les pièces 
qui servent à prendre des images sur plaque fixe. 

» L'appareil se compose de deux corps réunis entre eux par un 



28 CHAPITRE II. 

soufflet. L'arrière-corps dans lequel s'introduisent les châssis glisse 
pour les besoins de la mise au point sur un rail, au moyen d'un 
bouton à crémaillère. 

)> L'objectif est contenu dans une boite {fig- 23) fendue en dessous 
et qui coulisse dans une ouverture de l'avant-corps de l'appareil 



Fig. 2 3. 




qu'elle remplit exactement. La fente située au-dessous de la boîte 
coupe en deux l'objectif perpendiculairement à son axe optique 
principal, et laisse passer les disques fenêtres qui, en tournant, 
produisent des intermittences dans l'admission de la lumière. 

» Un soufflet s'adapte, par une de ses extrémités, à la boîte de 
l'objectif, tandis que l'autre, collée à l'arrière-corps, se trouve en 
rapport, par sa large ouverture, soit avec le châssis à verre dépoli 
{fig> 24), soit avec le châssis négatif {fig. a5). 

» Les seules pièces qui méritent une description spéciale sont 
les [disques obturateurs et Marbre qui sert à leur transmettre le 
mouvement. 

» Les disques obturateurs tournent en sens contraire l'un de 
l'autre; la rencontre des ouvertures dont ils sont percés produit 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES 



29 



les éclairements. Cette disposition permet d'employer des disques 
de petit diamètre et par conséquent de réduire beaucoup les di- 



Fig. 24. 




\^3 



rnensions totales de l'appareil. Celui-ci, en effet, n'excède] pas le 
volume ordinaire d'une chambre 24 X 3o. 

» Quant à l'arbre qui fait tourner les disques, il emprunte son 




mouvement à des rouages actionnés par une manivelle. Or, dans la 
mise au point, le tirage doit varier et les deux corps de l'appareil 
s'éloigner plus ou moins l'un de l'autre ; il faut donc que l'arbre 
s'accommode à ces changements de longueur. Dans ce but, il est 
formé de tubes carrés glissant à frottement l'un dans l'autre; c'est 
ce qu'on appelle dans l'industrie un mouvement télescopique. 

» Quand le mouvement qu'on étudie se passe rigoureusement 
dans un plan, on peut se servir d'un objectif quelconque et s'éloi- 
gner jusqu'à ce que l'image ait sur le verre dépoli les dimensions 



■■ 



3o 



CHAPITRE II. 



voulues. Dans ce cas, les objectifs à courts foyers sont toujours 
préférables, étant plus lumineux; mais, en dehors de ces condi- 
tions, l'emploi des courts foyers présente des inconvénients. 

)> Si l'objet qu'on photographie offre une certaine profondeur, 
il se montre, aux différents points de son trajet, sous des perspec- 
tives différentes pour un observateur placé à petite distance. Or, 
cette différence de perspective diminue à mesure que l'observateur 
s'éloigne de l'objet: pour remédier à cet inconvénient, il faut em- 
ployer des objectifs à plus longs foyers. 

» La mise au point se fait sur le châssis à verre dépoli. On met 
en coïncidence les fenêtres des disques obturateurs en tournant à 
la main l'axe qui les conduit : l'image se regarde par une ouverture 
située en arrière de l'appareil au-dessus de la manivelle. 

» De même qu'on limite au strict nécessaire l'ouverture du 
champ obscur sur lequel se projettera l'objet en mouvement, de 
même on doit limiter la durée de l'introduction de la lumière dans 
l'objectif. Si la plaque sensible était démasquée inutilement avant 
le début et après la fin du phénomène qu'on veut saisir, les ouver- 
tures intermittentes de l'objectif laisseraient arriver sur la plaque 
de petites quantités de lumière qui tendraient à produire un voile. 

» On évite cet inconvénient en plaçant devant l'objectif un ob- 
turateur spécial, du genre de ceux que l'on actionne en pressant 
dans la main une poire en caoutchouc. Cet obturateur d'avant 
permet, pendant qu'il est fermé, d'ouvrir le rideau du châssis, de 
mettre l'appareil en marche et de préparer l'expérience, tout en 
laissant la plaque sensible dans l'obscurité. Ce n'est qu'au moment 
où le phénomène intéressant va se produire qu'on presse la poire 
de caoutchouc, l'obturateur d'avant s'ouvre, et la prise des images 
commence. Aussitôt que le phénomène est terminé, on ferme 
l'obturateur d'avant et l'on a tout le temps de refermer le châssis 
sans que la plaque risque d'être soumise à des éclairements nui- 
sibles ('). » 

Malgré l'imperfection de ces premiers appareils, ils ont donné à 
M. Marey des résultats importants; mais ils furent bientôt aban- 
donnés pour les appareils à bandes pelliculaires. 

('; Marey, op. cit., page 67 et suiv. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 3t 

Appareils à plaque mobile. — M. Janssen, dès l'année 1874, 
eut l'idée d'appliquer la Photographie à l'observation des phases 
successives d'un même phénomène, et il combina à cet effet le 
revolver astronomique, qui lui permit d'enregistrer automatique- 
ment le passage de Vénus, le 8 décembre 1 8^4 • 

« C'est donc à lui, dit M. Marey, que revient l'honneur d'avoir 
inauguré ce que l'on appelle aujourd'hui la Chronophoto graphie 
sur plaque mobile. » 

Dans ce premier instrument, une plaque sensible de forme cir- 
culaire se déplaçait, de temps en temps, d'un angle de quelques 
degrés, et recevait, chaque fois, une image nouvelle sur un point 
différent de sa surface. 

La fig. 26 montre la série des épreuves ainsi obtenues et qui 

Fi g. 26. 




représentent les positions successives de la planète sur le disque 
du Soleil à des intervalles de soixante-dix secondes. 

M. Janssen, en présentant cet instrument à l'Académie des 
Sciences, proposa son application à l'étude de la marche, du 
vol des oiseaux, etc., et M. Marey réalisa bientôt un appareil 



32 



CHAPITRE II. 



spécial à ce genre d'observations : le fusil photographique. 
« Cet instrument {fi g- 27), en forme de fusil, permet de viser 



Fi?. 27. 




l'oiseau et de le suivre dans son vol. Au moment où l'on presse la 
détente, la plaque sensible reçoit une image, puis se met en mou- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 33 

vement, s'arrête encore pour recevoir une aulre image, et ainsi de 
suite, s'arrêtant à chaque fois que l'obturateur tournant laisse arri- 
ver la lumière sur la plaque sensible. 

» Voici les détails les plus importants de sa construction : le 
canon du fusil {Jig. 28) est un gros tube noirci, qui renferme un 



l'i 



g. 28. 




objectif photographique. En arrière, et solidement montée sur la 
crosse, est une large culasse cylindrique dans laquelle est contenu 
un rouage d'horlogerie. Quand on presse la détente du fusil, le 
rouage se met en marche. Un axe central, qui fait douze tours par 



Fig. 29. 




seconde, commande toutes les pièces de l'appareil. C'est d'abord 
(fig. 29) un disque de métal opaque et percé d'une étroite fenêtre : 
celui-ci faisant fonction d'obturateur. Derrière ce premier disque, 
tournant librement et sur le même arbre, s'en trouve un autre qui 
T. 3 



CHAPITRE II. 



porte douze fenêtres et contre lequel vient s'appliquer la plaque 
sensible. Ce disque fenêtre est animé d'un mouvement saccadé, 
produit par un excentrique E, de façon à s'arrêter douze fois par 
seconde en face du faisceau de lumière qui pénètre dans l'instru- 
ment ('). )> 

Les petites images données par le fusil photographique {fi g- 3o) 
sont ensuite reprises par un appareil d'agrandissement et donnent 

Fi". 3o. 




des silhouettes très nettes, sur lesquelles peuvent se faire tous les 
tracés nécessaires. 

APPAREILS SIMPLES A BANDES CONTINUES. 

Tous les appareils que nous venons de passer en revue ne 
peuvent donner qu'un nombre assez restreint d'images et ne 
peuvent représenter que des phases assez courtes d'un mouve- 



(*) Makey, op. cit., page uo. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 35 

ment; il y avait donc intérêt à multiplier ces images en opérant 
sur des surfaces sensibles de plus grandes dimensions. 

Les pellicules photographiques, obtenues en couchant du géla- 
tinobromure sur des feuilles de celluloïd, remplissent toutes les 
conditions voulues, et c'est depuis le jour où M. Marey les a appli- 
quées à la Chronopholographie que la Photographie animée est 
devenue possible ('). 

Chronophotographe de M. Marey. — Sur l'appareil déjà figuré 
page 26, on a substitué an châssis porte-plaques un compartiment 
spécial, la chambre aux images, où chemine la pellicule sensible; 
celle-ci est enroulée sur une bobine (bobine magasin), elle passe 

Fis;. Si. 




devant l'objectif, s'arrête un instant, et est entraînée par un rouage 
sur une seconde bobine (bobine réceptrice). 

« Quand on ouvre la chambre aux images, on y voit deux 
broches verticales; celle de gauche recevra la bobine magasin, la 
broche de droite recevra la bobine réceptrice. 



(') Il est donc singulier de voir revendiquer en ce moment, par un Américain, 
le droit exclusif de se servir de bandes continues pour la Photographie animée; 
M. Marey seul aurait le droit de réclamer pour lui le titre d'inventeur, mais il a 
généreusement laissé dans le domaine public cette idée première, d"où est née la 
Photographie animée tout entière. 



36 CHAPITRE II. 

» Deux rouleaux compresseurs /■, r 1 {fig. 3i) s'appliquent sur 
les bobines pour assurer la régularité de l'enroulement et du dé- 
roulement. 

» Le mouvement saccadé est produit par un organe nommé 
compresseur qui, à des intervalles réguliers, arrête la pellicule. 
Ces arrêts coincident avec les phases d'admission de la lumière 
dans l'appareil. 

» Une manivelle placée à l'arrière du chronophotographe met 
en marche tous les rouages de l'instrument, ainsi que les disques 
obturateurs. Ce mouvement extrêmement rapide est continu, la 
pellicule s'arrête seule au moment de chaque pose {* ). » 

Les images obtenues avec cet instrument ont g cm de haut, lar- 
geur de la pellicule, mais elles sont plus ou moins larges suivant le 
sujet à reproduire. Pour cela, en avant de la pellicule est placé un 
châssis portant une fenêtre d'admission {fig. 32) qui peut être 

Fig. 32. 




rctrécie à volonté par les deux volets mobiles R, R' : en même temps 
il convient de régler les ouvertures du disque obturateur et de les 
mettre en rapport avec le nombre des images obtenues par seconde 
et leurs dimensions. 

C'est avec cet instrument que M. Marey a obtenu ces admirables 
séries qui lui ont permis d'analyser d'une manière très complète 
les mouvements de l'homme {fig. 33) et des animaux. 

Tel est, en résumé, l'instrument combiné par M. Marey et qui 



(') Marey, op. cit., page 629. 



Fie 33 




Clicva au pas, 



au trot, 



au galop. 



38 



CHAPITRE II. 



est incontestablement le point de départ de toutes les combinai- 
sons qui ont pour but la Photographie animée. 

Plus récemment, M. Marey a apporté de notables perfectionne- 
ments à ses premiers appareils et les a modifiés de façon à les 
faire servir aux. projections ; voici comment il a rendu compte de 
ses recherches à la Société française de Photographie (■): 

a Pour obtenir la projection de figures en mouvement j'étais 
fort gêné par un défaut du chronophotographe. En effet, cet appa- 
reil, qui donnait des images très nettes et aussi fréquentes qu'on 
pouvait le désirer, ne les donnait pas exactement équidistantes. 
Il fallait découper chacune des images positives et les réappliquer 
sur une bande de toile caoutchoutée, ce qui était très laborieux et 
ne donnait que des résultats médiocres. Je suspendis donc mes 
essais jusqu'à ce que mon chronophotographe pût donner des 
images parfaitement équidistantes. » 

M. Marey se mit donc à l'œuvre et par une suite de modifica- 
tions ingénieuses et fort simples il est arrivé au but désiré. 

Dans tous les appareils projecteurs, quel que soit le nom qu'ils 
portent, la pellicule sensible est perforée et conduite par un cy- 
lindre denté destiné à lui imprimer une marche régulièrement 
intermittente. Mais ces perforations, s'éraillant par l'usage, pro- 
duisent dans les images des trépidations qu'elles avaient pour but 
d'éviter. 

En construisant ses appareils, M. Marey s'est toujours astreint à 
l'emploi de pellicules non perforées*, il a évité aussi les effets de 
l'inertie des organes vibrants sur la pellicule, effets d'autant plus 
sensibles que les mouvements de ces organes sont plus rapides. 

« Dans la première disposition de mon chronophotographe, dit 
cet auteur, certaines pièces massives avaient encore des mouve- 
ments intermittents; ainsi la bobine magasin, le compresseur et 
la lame flexible. C'est là que résidait la cause de l'irrégularité 
des mouvements de la pellicule. 



(') Voir Bulletin de la Société française de Photographie, séance 5 du fé- 
vrier 1897. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 3$ 

)> Pour faire comprendre ce qu'il y avait d'imparfait dans le 
fonctionnement de ces organes et la manière dont je les ai rem- 
placés, deux figures sont nécessaires. 

» La fig. 34 montre l'ancienne disposition du chronophoto- 
graphe; \a.Jig. 35 la disposition nouvelle. 

» Dans l'ancienne disposition (Jig. 34), la pellicule sensible est 
chargée sur une bobine magasin M, à gauche de l'appareil ; elle se 



Fig. 34. 




^SSSJSS^S^JS^^ 



déroulera sous la traction intermittente d'organes qui vont être 
décrits. En sortant du magasin, la pellicule se porte à droite en 
rasant une platine verticale percée d'une fenêtre au foyer de l'ob- 
jectif, puis, se réfléchissant sur une lame flexible F, traverse un 
lamineur L, qui la livre à la bobine réceptrice R; celle-ci tourne 
continuellement à frottement gras sur son axe vertical. Sous la 
traction continue du lamineur et de la bobine réceptrice la pelli- 
cule cheminerait d'un mouvement uniforme. Mais, à chaque éclai- 
rement, au moment de la prise de l'image, un organe spécial, le 
compresseur C, actionné par une came à plusieurs dents, immo- 
bilise la pellicule en la pressant contre la platine. Or, pendant cet 
arrêt, la double traction du lamineur et de la bobine réceptrice 
continue : il fallait donc, pour que la pellicule ne se déchirât pas, 
qu'elle obéît à cette traction; c'est le rôle de la lame flexible sur 
laquelle elle se réfléchit. Cette lame cède en pliant, et permet à 
l'enroulement de se produire continuellement. Dès que le com- 
presseur se desserre, la lame flexible se redresse, déroule brusque- 
ment une certaine quantité de pellicule de la bobine magasin, 
puis l'entraînement recommence, uniforme, jusqu'au premier arrêt 
par le compresseur. 

» Cette description suffit pour montrer les causes d'irrégularité 



4o 



CHAPITRE II. 



dans la marche de la pellicule. Et d'abord, en confiant à la lame 
flexible le rôle de dérouler brusquement la bande, c'est-à-dire de 
mettre subitement en marche la bobine magasin, j'exposais cette 
lame à des résistances d'inertie variables suivant que la bobine, 
plus ou moins chargée de pellicule, avait une masse plus ou moins 
grande. D'autre part, la moindre inégalité dans les frottements de 
cette bobine sur son axe pouvait aussi faire varier ces résistances. 
De sorte que, suivant le redressement plus ou moins complet de la 
lame flexible, il passait entre deux images successives des quan- 
tités inégales de pellicule. 

» Enfin, le compresseur, supporté par une lame d'acier, avait 
une période de vibration propre et pouvait recevoir de la came un 



Fie. 35. 




choc prématuré qui lui faisait arrêter la pellicule un instant trop 
tôt. J'ai cherché dans une construction nouvelle à faire disparaître 
ces deux inconvénients : la marche intermittente de la bobine ma- 
gasin et la période propre du compresseur. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. $1 

» ha.Jlg\ 35 montre la disposition nouvelle. La bobine maga- 
sin M, beaucoup plus volumineuse qu'autrefois, peut porter une 
très grande longueur de pellicule, mais elle tourne uniformément 
par l'action continue d'un premier lamineur LL' qui débite en un 
temps donné une longueur constante de pellicule. Voilà donc 
l'inertie de la bobine magasin supprimée avec les saccades de son 
mouvement. 

» Au sortir du premier lamineur, la pellicule s'engage entre la 
platine et le nouveau compresseur G. Celui-ci n'a pas de période 
de vibration propre; il est constamment assujetti au mouvement 
de la came C, et comprime énergiquement la pellicule contre la 
platine, au moyen d'un mouvement de genou analogue à celui qui 
sert dans la frappe des monnaies. 

» Au delà du compresseur, la pellicule passe au foyer de l'ob- 
jectif, puis dans un second lamineur LL', enfin elle se réfléchit 
sur une lame flexible et s'enroule sur la bobine réceptrice qui 
tourne à frottement doux. Mais, pendant que le compresseur 
l'arrête, la pellicule que le premier lamineur amène continuel- 
lement s'accumule, en amont de l'obstacle, et y forme un pli 
flexueux. 

» Après l'arrêt, ce pli devra se défaire et la bande se tendre par 
l'action du second lamineur. Or, comme la masse de la pellicule 
est insignifiante, elle ne présentera aucune résistance d'inertie. 
Quant au second lamineur L' qui devra imprimer à la bande un 
mouvement intermittent, il tourne, lui aussi, d'un mouvement 
uniforme, mais en pressant la pellicule avec assez peu de force 
pour qu'elle patine entre les cylindres quand elle est retenue par 
le compresseur, tandis qu'elle est rapidement entraînée dès qu'elle 
est rendue libre. 

» Les choses se passent comme si la pellicule, doucement pres- 
sée entre deux doigts, était tirée d'une façon continue; les doigts 
l'entraîneraient quand le compresseur est desserré et glisseraient 
au contraire sur elle au moment de ses arrêts. 

» Il n'y a pas lieu d'insister sur les autres organes de l'appa- 
reil : les uns ont pour but d'éviter que la pellicule se raye dans 
les frottements qu'elle éprouverait sur son passage, les autres 
ont pour effet de supprimer le temps perdu dans les dents des 



\1 CHAPITRE II. 

rouages et, par conséquent, de petites causes d'irrégularité dans la 
marche. 

» En somme, la suppression de tout effet d'inertie, par la conti- 
nuité du mouvement de tous les organes, a supprimé l'irrégularité 
des intervalles entre les images. 

» Ainsi, et c'est un point important, sans recourir à la perfo- 
ration de la pellicule et aux cylindres à chevilles, on peut ob- 
tenir des images parfaitement cquidis tantes. ». 

Tels sont les perfectionnements apportés par M. Marey à son 
chronophotographe et nous avons tenu à entrer dans des détails 
circonstanciés pour bien montrer que là est le point de départ de 
tous les appareils qui donnent des photographies animées. 

Et cependant certaines personnes, peu au courant, il estvrai, du 
mouvement scientifique, ont attribué celte invention à l'Américain 
Edison; mais ici, comme dans presque toutes ses autres combi- 
naisons, Edison n'a fait qu'utiliser une découverte, lui donner une 
application plus pratique, et cela grâce aux innombrables modifi- 
cations qu'il obtient par tâtonnements et qu'il peut faire exécuter 
dans ses ateliers en disposant des ressources pécuniaires considé- 
rables que ses compatriotes mettent à sa disposition. 

Kinétoscope d'Edison. — Déjà M. Marey avait indique dans 
ses publications la possibilité de reconstituer un mouvement, en 
utilisant les bandes du chronophotographe : « Nous avons construit 
un instrument spécial, dans lequel une pellicule sans fin, pouvant 
porter ti-ente à quarante images positives et même davantage, 
passe continuellement au foyer d'un objectif, et vivement éclairée 
en arrière projette ces images sur un écran ('). 

» Un appareil de ce genre figurait à l'Exposition de 1889 et je 
le fis voir à M. Edison », nous dit encore M. Marey dans sa com- 
munication à l'Académie des Sciences du 5 février 1897. 

Tel est cependant l'appareil d'Edison, et celui-ci ne donne ni 
plus ni moins que l'instrument de M. Marey; les dimensions et le 
nombre des images sont seuls changés. 



(') Marey, op. cit., page 3io. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 43 

Kinétographe et kinétoscope d'Edison. — Le kinétographe est 



te 




l'appareil qui sert à Edison pour l'obtention des négatifs (d'après la 
Vie scientifique)) cet instrument est susceptible de donner 46 ira- 



44 



CHAPITRE II. 



pressions à la seconde, soit 2760 à la minute, sur une pellicule sen- 
sibilisée de 28 111 de longueur. On fait un positif de ces épreuves 
sur une deuxième bande qui est enroulée sur une bobine située à 
l'arrière de la caisse (fig> 36) et passe sur les poulies P et S 
entre lesquelles se trouve installé un disque circulaire V tournant 
autour d'un axe vertical. Ce disque est percé d'une fente F qui 
permet à l'observateur d'apercevoir le ruban pelliculaire toutes les 
fois qu'il passe au-dessous de l'oculaire. 

La vitesse de rotation du disque est telle que cette seule fente 
suffit pour obtenir une vision continue du ruban, lequel est éclairé 
au-dessous par une petite lampe à incandescence L placée horizon- 
talement. L'énergie électrique pour produire la rotation du disque, 
la translation du ruban et l'incandescence de la lampe est fournie 
par un petit moteur G, placé en avant sur le côté gauche de la 
boîte. On conçoit qu'il suffise de mettre le moteur en communi- 
cation avec une source d'électricité, pour obtenir instantanément 
la mise en marche de l'appareil. 

C'est du reste ce que l'on obtient en appuvant sur le bouton du 
commutateur disposé à cet effet de l'autre côté de la boîte. 

La vitesse du ruban est calculée de manière à faire passer 4 2 pho- 
tographies, par seconde, sous les yeux du spectateur, et certaines 
de ces scènes comportent jusqu'à 1700 poses diverses. 

Plus tard, Edison a modifié son appareil et l'a combiné avec un 
appareil à projection de façon à projeter des images agrandies sur 
un écran; ne faisant alors à son tour qu'imiter ce que MM. Lumière 
venaient de faire avec leur cinématographe. 

Photophone de M. Demeny. — M. Demeny, préparateur de 
M. Marey, a combiné un appareil de projection très simple et qui 
donne de bons résultats pour la reproduction de mouvements 
simples. 

« Une autre méthode, dit M. Marey, a été employée par M. De- 
meny ('), pour reproduire les mouvements du visage, de la langue 
et des lèvres qui accompagnent la parole. Notre préparateur à la 

(') Marey, Le Mouvement, page 307 (Masson; 189I). 



( 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 45 

Station physiologique recueillit, avec le chronophotographe à bande 
pelliculaire, une série de vingt-quatre portraits d'un homme qui pro- 
nonçait certaines paroles. Puis, reportant cette série d'images sur la 
circonférence d'un disque de verre, il plaça ce disque au foyer d'un 
objectif photographique. Les images étaient fortement éclairées 
en arrière, et des disques fenêtres, analogues à ceux du chronopho- 
tographe, laissaient voir successivement les images pendant des 
temps très courts. La brièveté des poses et la parfaite exécution de 
cet appareil font que les images, malgré la rotation du disque qui 
les porte, semblent immobiles et se montrent toutes exactement à 
la même place. 

» Quant à l'illusion que donnent ces photogrammes du parleur, 
elle est telle, que des sourds-muets habitués à lire sur le mouve- 
ment des lèvres ont su reconnaître les paroles qu'avait prononcées 
le sujet dont on leur montrait les images. 

» Le seul défaut qu'on y puisse signaler, c'est que le nombre des 
images contenues dans la circonférence du disque est nécessaire- 
ment borné, à moins qu'on ne donne à l'appareil des dimensions 
énormes; en outre, la netteté des mouvements n'étant obtenue que 
grâce à la brièveté extrême des instants où chaque image est dé- 
masquée, il s'ensuit que la quantité de lumière émise est trop 
faible pour donner des projections bien claires, même avec une 
source lumineuse puissante. » 



Pour atteindre ces résultats, M. Demeny a combiné deux instru- 
ments, l'un destiné à prendre les images négatives, l'autre à pro- 

* 

jeter les images positives. 

Le premier n'est qu'une modification peu importante de l'appa- 
reil employé par M. Marey dans son laboratoire; construit par 
M. Gaumont, il donne de bons résultats. 

Les pellicules portent des images qui mesurent 6 cm , 5 sur 4 cm , 5 ; 
l'appareil lui-même est de volume réduit, 28 e ™ de côté sur 10 e '" 
d'épaisseur. Il permet d'obtenir une série continue de quatre-vingts 
images et même davantage, avec une vitesse de huit à vingt images 
à la seconde; il faut compter quatre images par tour de manivelle. 
Jl permet d'obtenir aussi une série de dix à vingt images à la 
seconde, une suite de plusieurs séries interrompues et reprises 



46 



CHAPITRE II. 



instantanément au moment que l'on désire, aussi bien que l'image 
unique posée ou instantanée comme dans les appareils ordinaires. 

L'appareil est muni d'un anastigmat de Zeiss de i 2 crn de foyer à 
diaphragme iris et à mise au point par vis hélicoïdale. 

L'appareil {fig. 3^ et 38) est composé des organes suivants : 

A. — Bouton de prise des images. En l'enfonçant avec la paume de la 
main gauche pendant que l'on tourne la manivelle, la pellicule se déroule 
et la lumière pénètre dans l'appareil par la fenêtre du disque qui s'en-' 
n'ouvre. 

Cette fenêtre s'ouvre à des degrés divers, suivant la position par rapport 
au repère K des traits gravés sur la bague C montée sur l'axe du bouton A. 

Fig. 3 7 . 




M. — Manivelle qui communique son mouvement de rotation au disque 
obturateur. Chaque tour de manivelle correspond à quatre tours du disque 
et par suite à quatre images. Il faut donc faire deux tours et demi de ma- 
nivelle pour prendre dix images en une seconde. 

1». — Bouton d'arrêt du disque. Tourné vers le bas, le disque est libre; 
tourné vers le haut, un ressort frotte à la circonférence du disque et vient 
tomber dans un crai d'arrêt, de façon à ce que la fenêtre soit en regard 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 47 

de l'objectif. Quand on veut ainsi arrêter le disque dans son cran d'arrêt, 
il faut avoir soin de tourner la manivelle très lentement et surtout de ne 
jamais tourner le bouton d'arrêt quand le disque est en rotation. 

G. — Cadre de celluloïd dépoli servant à la mise au point. Pour cela, on 
remplace l'écran opaque H par le cadre G, que l'on glisse entre les rouleaux 

Fis. 38. 




et la paroi de la boite, les ressorts compresseurs de ce cadre appuyant 
contre celle-ci. 

J. — Bobine magasin chargée de pellicule sensible et placée sur son 
axe. Cet axe porte un frein à serrage gras. 

K. — Bobine réceptrice à laquelle s'agrafe l'extrémité de la pellicule. 
Cette bobine est entraînée par le disque lorsqu'on pousse le bouton A. Les 
bobines se fixent indifféremment sur l'une ou l'autre des broches qui leur 



48 



CHAPITRE II. 



servent d'axes. La bobine doit être présentée du côté du trou libre, et la 
goupille qui traverse le côté opposé doit venir s'engager dans l'encoche 
taillée à la partie supérieure de chaque broche. 

11 faut avoir soin de faire porter la goupille de la bobine au fond de l'en- 
coche de la broche. 

L. — Tige excentrique sur laquelle se réfléchit la pellicule et qui a pour 
fonction essentielle de communiquer à cette pellicule un mouvement inter- 
mittent. 

N, N'. — Compresseurs élastiques en baleine et que l'on doit abattre sur 
les bobines, une fois celles-ci placées sur leurs tiges. Ils ont pour but d'em- 
pêcher les extrémités des bandes de se dérouler avant et après la prise des 



E. — Verrou d'embrayage. En le tirant à droite après avoir eu soin de 
donner un tour de manivelle, on met en prise les organes entraîneurs de la 
pellicule, sans ouvrir la fenêtre du disque, et l'on rend ainsi indépendants 
le passage de la lumière et le mouvement de la pellicule. 

Ce verrou d'embrayage a son utilité : 

i° Quand on veut mettre au point le disque arrêté dans son cran d'arrêt 
et éviter que les tocs de l'embrayage se rencontrent, ce qui pourrait arriver 
quelquefois et ce qui empêcherait d'ouvrir la fenêtre entièrement en pous- 
sant avec le bouton A; 

i° Quand on veut prendre des successions d'images uniques. 

F. — Compteur de tours de la tige excentrique ou du nombre d'images. 
Quand le verrou E n'est pas tiré, ce compteur se met en marche dès qu'on 
appuie sur le bouton A. On lit sur le cadran le numéro correspondant et 
l'on en déduit le nombre d'images, à moins que l'on ait eu le soin de le 
mettre tout d'abord à 0, en tournant la manivelle et en appuyant sur le 
bouton A jusqu'au passage de ce chiffre. 

P. — Magasin renfermant les accessoires de l'appareil: objectif, mani- 
velle, bobines chargées, tirées et non tirées. 

Q, Q. — Boutons d'attache de la courroie qui sert à porter l'appareil sur 
l'épaule. 

Ces boutons à vis se fixent dans des écrous au pas du Congrès. On peut, 
à leur place, y visser une clef et immobiliser ainsi l'appareil sur une de ses 
faces, inférieure ou latérale, suivant que l'on veut prendre des vues dans le 
sens de la longueur ou de la largeur de l'épreuve. 

V. — Viseur mobile à double effet. 

X. — Réglette métallique permettant de fermer hermétiquement la par- 
tie supérieure de l'appareil formant chambre noire. 

Z. — Cale maintenant les deux bobines magasins I et K lorsque l'appa- 
reil est tourné. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 49 

Chargement des bobines. — On colle tout d'abord à l'extrémité 
de la pellicule, sur une longueur de io cm environ, l'extrémité d'une 
bande de papier noir, dont l'autre extrémité, taillée en pointe, est 
enfoncée de 4 cm à 5 cm dans la fente de la bobine. On enroule le 
tout, le papier d'abord, la pellicule ensuite, dans le sens inverse 
des aiguilles d'une montre, la face émulsionnée en dehors, et pré- 
sentant vers le haut le trou de la bobine qui porte une goupille, 
et l'on serre fortement la pellicule. Quand on est au bout de la 
pellicule, qui peut avoir à volonté 3 m à 5 m , on colle à son extré- 
mité, toujours sur io cm environ, une autre bande de papier noir et 
l'on continue l'enroulement. Dès qu'il est achevé, on maintient la 
bande serrée sur la bobine au moyen d'un anneau de caoutchouc. 
La pellicule, ainsi enroulée entre deux bandes de papier noir, se 
trouve à l'abri de la lumière et peut être portée au jour, et toutes 
les bobines chargées peuvent être mises dans le coffre de l'ap- 
pareil. 

Chargement de V appareil. — Dans le laboratoire, ou au 
dehors, mais alors sous le voile noir, on enfile une bobine chargée 
sur l'axe vertical de gauche I {fi g. 38) et une bobine libre sur l'axe 
vertical de droite K; on met le compresseur sur la bobine de 
gauche I, puis on déroule suffisamment la bande de papier noir 
pour la faire passer devant le volet opaque H, en avant de la tige 
excentrique L, puis derrière la bobine réceptrice K, pour engager 
l'extrémité dans une des fentes de cette bobine et de façon à l'en- 
rouler en sens inverse de la bobine magasin, comme l'indique la 
figure. On tourne cette bobine à la main, de façon à faire en- 
rouler le papier noir de deux ou trois tours, on met le compresseur 
et l'on ferme le couvercle. 



Fonctionnement de V appareil. — On engage la manivelle M 
dans le pignon qui se trouve à l'arrière de la boîte rectangulaire; 
on s'assure que le disque est libre en tournant vers le bas le bou- 
ton d'arrêt B et en poussant de droite à gauche le verrou d'em- 
brayage E qui est à côté de la manivelle. 

Suivant le jour dont on dispose, on règle l'ouverture de la 
fenêtre du disque en faisant tourner devant son repère R la virole 
T. 



5o 



CHAPITRE II. 



de cuivre graduée G, qui est montée sur l'axe du bouton d'em- 
brayage A. Le chiffre le plus élevé indique la plus grande ouver- 
ture. En poussant à fond le bouton de bois A, on tient l'obturateur 
déclenché, c'est-à-dire sa fente ouverte à l'ouverture qu'on a voulu 
lui donner. 

L'obturation se fait, en réalité, par le passage, devant cette 
fente, d'un disque plein muni d'une fenêtre. 

Bioscope de M. Demeny (fîg. 3cj). — Cet instrument est le 
complément de l'appareil précédent; il sert à reproduire le mouve- 

Fig. 3 9 . 




ment que ce dernier a analysé. Il est surtout destiné au portrait 
vivant, à la synthèse des allures du cheval et des autres animaux. 
Tous les mouvements qui se reproduisent périodiquement, comme 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 5l 

les vagues de la mer, les cascades, les mouvements professionnels, 
sont rendus avec une vérité saisissante. 

Un disque de verre ou de pellicule transparente de 42 e "' de dia- 
mètre porte à sa circonférence une série d'images positives d'un su- 
jet quelconque. Ces images, au nombre de trente, ont 3 e '" sur 4 cm ,5 ; 
elles sont obtenues par contact avec un négatif composé spéciale- 
ment au moyen des épreuves négatives du chronophotographe. 

Ce disque à images positives est percé de deux trous : l'un qui 
sert à le centrer, l'autre à repérer les images. Il se fixe contre une 
assiette de métal et au moyen d'un ressort compresseur. 

La confection d'un positif bioscopique consiste, étant choisie 
une série convenable de trente images, à séparer ces images posi- 
tives pelliculaires et à les fixer sur la circonférence d'un disque de 
papier noir percé de trente fenêtres parfaitement équidistantes. 11 
suffit de coller par ses bords, à chaque fenêtre, l'image correspon- 
dante dans l'ordre obtenu. 

Les points immobiles des sujets photographiés doivent occuper 
exactement la même position dans toutes les fenêtres. S'il n'en 
était pas ainsi, l'image en mouvement se déplacerait dans le champ 
de la fenêtre qui doit paraître immobile lorsqu'on fait tourner 
l'appareil. Il se produirait alors des saccades et des sautillements 
fort désagréables à l'œil. 

Le repérage des images est donc une opération capitale. 

Devant ce disque à images positives et relié avec lui par un 
système d'engrenages, un second disque opaque percé d'une 
fenêtre tourne de telle façon que, lorsqu'il a fait un tour, le disque 
;'i images avance d'une image seulement. 

On imprime à l'appareil une vitesse de rotation suffisante par la 
manivelle, et eu regardant par une lentille grossissante l'image 
éclairée par la lumière du jour ou celle d'une lampe ordinaire, on 
a l'illusion du mouvement. 

Enfin, on peut projeter en grand ces images, en faisant passer 
le disque dans la fente, convenablement élargie, d'une lanterne à 
projections. 



Appareil à bandes de M. Demeny. — Grâce à une modification 
empruntée aux cinématographes, l'appareil chronophotographique 



52 



CHAPITRE II. 



de M. Demeny est devenu utilisable pour la projection des scènes 
mouvementées. 

La pellicule sensible est percée de trous qui s'engrènent dans 
les dents d'un barillet, et de ce fait les images se maintiennent 



40. 




toutes de dimensions semblables, et leur substitution les unes aux 
autres se fait sans irrégularité. 

Le film est de 6o mm de large, et les images ont 5 e " 1 de côté, 
dimension bien supérieure à celle des autres modèles; les images 
étant plus grandes ont besoin d'un agrandissement moindre et ne 
demandent pas un éclairage aussi intense : delà la possibilité d'uti- 
liser la lumière oxhydrique ou oxy-étliérique. 

Dans ce modèle, la bobine sur laquelle la bande pelliculaire a 
été préalablement enroulée à l'aide d'un bobinoir est placée sur 
l'axe fixe A (Jlg. 4° et 4 1 )- ^ n g a l et entraîneur B, composé d'un 
cylindre recouvert d'un manchon de caoutchouc et commandé par 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 53 

une transmission placée à l'intérieur de l'appareil, a pour fonction 
de faire dérouler seulement une quantité déterminée de la bande 
pelliculaire. Cette portion de bande vient s'engager entre un 
guide C et un galet D tout le long d'un couloir E, garni de velours, 



Fig. 4i. 




dans lequel se trouve un cadre frotleur H, placé en face de la 
fenêtre I et présentant un évidement identique à celui formant 
l'ouverture de cette fenêtre. 

Ce cadre frotleur, garni de velours comme le couloir, est mobile 
autour d'une charnière adaptée à l'un de ses côtés et, quand la 
pellicule est passée, on applique le cadre sur elle et il la maintient 
en pression douce et continue en venant s'enclencher dans le taquet 
à ressort K. 

Après avoir passé sous le cadre H, la pellicule s'engage sous le 
galet L, puis également sous la came M, de là on la fait passer sur 
le cylindre denté NN, d'où elle ira finalement s'enrouler sur la 
bobine réceptrice, préalablement placée sur l'axe entraîneur O. 



5i 



CHAPITRE II. 

Avant d'introduire les bandes dans l'appareil, il est de première 
nécessité de vérifier soigneusement le sens dans lequel elles sont 
enroulées. 

Dans les projections par réflexion, la surface de gélatine doit 
être extérieure, et clans les projections par transparence, cette 
même surface doit être à l'intérieur de la bobine. 

L'introduction de la bobine ainsi préparée sur l'axe fixe A 
(fig. 4o) s'effectue en enlevant le bouton qui termine l'extrémité 
libre de cet axe, dont la fonction consiste à maintenir la bobine; 
dans sa position et à empêcher tout glissement dans le sens longi- 
tudinal de l'axe. Ce bouton doit donc être replacé aussitôt après 
l'introduction de la bobine. 

Avant ce replacement, il est nécessaire encore, pour que la 
bobine s'introduise bien et dûment à sa place, d'abaisser de droite 
à gauche et de haut en bas le galet entraîneur B qui, une fois la 
bobine introduite, viendra comprimer la bande pelliculaire, ainsi 
([lie le montre la Jig. /\0. 

On procède alors à l'amorcement de la bande pelliculaire en lui 
faisant suivre le parcours que nous avons indiqué. 

Les bandes pelliculaires positives sont repérées. Ce repérage 
consiste en un trait ou en un trou circulaire percé en un endroit 
déterminé, correspondant exactement à la place que doit occuper 
la bande pelliculaire sur le cylindre denté, pour qu'au moment du 
déroulement chaque image se présente dans tout son entier devant 
la fenêtre I. 

Ce trait ou ce trou devra être fixé contre la dent du cylindre 
devant laquelle se trouve gravée une petite flèche et se présenter 
en parfaite coïncidence avec elle. Il est facile de déterminer au 
besoin le repère soi-même en présentant le sujet devant le cadre 
et en examinant si chaque tour de la came ramène bien le sujet en- 
tièrement dans le champ. 

La bobine réceptrice introduite sur l'axe O est percée sur ses 
joues de deux trous excentrés. Le plus rapproché du centre est 
destiné à recevoir la tête de vis P émergeant à la base de l'axe O 
{fie' 4°)- La bobine se trouve ainsi rigoureusement assujettie à 
son axe. Condition importante, puisque cet axe est celui qui com- 
mande tout le mouvement d'entraînement. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 55 

Cet assujettissement est rendu plus complet encore par le bou- 
ton de l'extrémité libre de l'axe O, semblable à celui de l'axe A et 
ayant même fonction. 

En outre du rôle d'assujettisseur qu'elle joue par rapport à la 
bobine réceptrice, la vis P possède une autre fonction intéressante. 
Montée sur le plateau d'un frein, elle se meut à la même vitesse 
que l'axe O, mais peut aussi, suivant le besoin, prendre une vitesse 
différente dont le but est d'empêcher les perforations de la bande 
pelliculaire, en passant sur le cylindre denté N, de se tendre trop 
sur les dents, ce qui amènerait infailliblement des déchirures. 

A l'aide de la vis tête carrée R, il est très facile de régler la 
vitesse et la résistance que le frein peut opposer à la continuité du 
déroulement de la bande pelliculaire. 

Dans le cas où les perforations ne tomberaient pas juste à leur 
place, il faudrait serrer la vis R si les perforations ont une tendance 
à se placer en arrière des dents; desserrer, au contraire, si elles 
ont une tendance à se placer en avant. 



Modèle d'amateur à bandes de 35""". — Le grand modèle de 
chronophotographe que nous venons de décrire demande des 
bandes de 6o IUIU de largeur, et cette mesure entraîne des dimen- 
sions un peu considérables de tout l'appareil. En plus, le prix de 
revient des films est assez élevé. Pour obvier à ces deux inconvé- 
nients, M. Gaumont, l'habile constructeur du chronophotographe, 
a combiné un instrument de volume très réduit, et qui équivaut à 
celui d'une chambre noire i3 x 18; les films ne mesurent que 35 m,n 
de large et portent quatre perforations par image ; elles sont au pas 
d'Edison, ce qui permet de faire passer dans l'appareil à projec- 
tions la plupart des films qui se trouvent actuellement dans le 
commerce. Enfin, dernier avantage, le prix de l'appareil est de 
beaucoup diminué et ne dépasse guère celui d'un appareil photo- 
graphique un peu soigné. 

Le nouveau modèle diffère non seulement par ses dimensions, 
mais aussi par ses dispositions mécaniques; il est devenu à la fois 
plus simple et plus compact, et sa marche est d'une régularité, 
d'une douceur encore plus parfaites. 

Ce chronophotographe d'amateur se compose d'une boîte rec- 



56 CHAPITRE II. 

tangulaire de i5 cm de côté, 20 cm de hauteur et io cm de largeur; en 
avant, une boîte à coulisse porte les objectifs, l'un pour la prise 
des vues, anastigmat de Zeiss de 5o mm de foyer; l'autre pour les 
projections, objectif double de Darlot. La partie postérieure de la 
boîte peut s'abattre en pivotant sur deux charnières inférieures, et 

Fig. 42. 




laisse à nu le mécanisme, de façon à mettre en place aisément les 
bandes de films. 

Une bobine métallique {fig. 4 2 ) chargée de pellicule sensible 
est enfermée dans le magasin supérieur MS, dans lequel elle tourne 
librement sur son axe, maintenue d'un côté par une crapaudine, 
engagée de l'autre dans un trou à épaulement circulaire, disposi- 
tion qui empêche la lumière de pénétrer dans la boîte. Celle-ci est 
fixée à frottement dans une coulisse métallique, qui peut recevoir 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 5~ 

également un porte-pellicule libre pour les projections. A sa partie 
inférieure, sur la face engagée dans la coulisse, cette boîte-magasin 
porte une fente fermée par un volet à coulisse que l'on peut ma- 
nœuvrer du dehors. Par cette fente passe la pellicule, qui s'engage 
aussitôt dans un couloir garni de velours et qui la conduit devant 




la fenêtre de l'appareil. Celle-ci est maintenue en place par une 
porte à ressort AV, de telle sorte que la pellicule circule entre 
deux surfaces de velours et ne peut ainsi être éraillée, abîmée par 
le frottement qu'elle subit, et qui est indispensable pour assurer 
sa planéité. Au-dessous du volet la pellicule s'infléchit en arrière 
dans une gouttière courbe qui la conduit sur le rouleau à che- 
villes CD. Dans cette gouttière elle se trouve tantôt libre, tantôt 
tendue par une came qui tourne à l'intérieur; de telle sorte qu'elJe 



58 



CHAPITRE II. 



est tantôt tendue et entraînée en bas, tantôt libre et alors arrêtée, 
ce cjui produit le mouvement intermittent nécessaire. Un rouleau 
métallique creux et muni de deux rangées de chevilles entraîne la 
pellicule d'un mouvement continu, et un guide à ressort PP assure 
1 e contact sur le cvlindre et la prise des dents. 

Cette disposition a le grand avantage de donner à tout le méca- 
nisme entraîneur un mouvement continu, et de n'avoir à vaincre 
aucune inertie intermittente, ce qui assure la régularité des mouve- 
ments. C'est du reste l'idée mère de l'appareil initial de M. Marev ; 
les dispositions mécaniques seules sont légèrement modifiées. 

Au-dessous du cvlindre à. chevilles, la pellicule devient libre et 
s'engage soit dans une l'ente pratiquée à la face inférieure de la 
boîte, d'où elle tombe librement en dessous (cas des projections), 
ou bien elle est ramenée en avant, en passant dans une fente gar- 
nie de velours, d'où elle pénètre dans une seconde boîte-magasin 
semblable à celle du haut MS, et qui elle aussi s'engage dans une 
coulisse inférieure. 

L'axe de cette bobine réceptrice est fendu à l'une de ses extré- 
mités, et celle-ci dépasse la paroi externe de la boîte DE; tandis 
i[ue l'autre extrémité de cet axe vient se loger dans un tourillon P 
que porte la boîte MI. 

La boîte métallique DE qui s'engage à coulisse à côté de MI, et 
qui est maintenue en place parle loquet L, contient une roue dentée 
qui actionne un pignon dont l'extrémité sort au dehors et peut 
s'engager dans la fente de l'axe de la bobine réceptrice. La roue 
dentée est commandée par un premier engrenage calé sur l'axe de 
la manivelle M. 

Cette même roue commande à la fois le mécanisme d'enroule- 
ment de la bobine inférieure, le tambour à chevilles et l'excentrique 
et, par l'intermédiaire d'un second axe portant un pignon d'angle, 
le volet obturateur DO qui passe à l'arrière de l'objectif et à l'avant 
de la fenêtre de réception des images. Enfin un viseur clair permet 
de suivre aisément le sujet à photographier. 

Toutes ces parties sont parfaitement équilibrées, aussi les mouve- 
ments se font avec une douceur extrême et une régularité parfaite; 
enfin, dernier avantage, l'appareil est presque silencieux, ce qui 
n'est pas ordinaire dans la plupart des cinématographes. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 5q 

Tel est l'aménagement de l'appareil pour la prise des images; 
les dispositions sont un peu différentes pour la projection. 

Au lieu de placer au-dessus de l'appareil la boîte MS, on glisse 
dans la coulisse un support métallique S terminé par deux fourches 
à ouverture libre dans lesquelles on engage l'axe du rouleau porte- 
pellicule B'. Cette dernière, au lieu de pénétrer directement dans 
l'appareil, s'engage sur le rouleau GT, monté àilexion sur une lame 




de laiton B, ce qui lui donne une certaine élasticité régularisant le 
mouvement de la pellicule. On substitue l'objectif à projection à 
celui destiné à la prise des négatifs, et l'on remplace également 
l'obturateur par un autre plus léger et dont le secteur occupe en- 
viron le tiers de la surface totale. 

Le repérage des images s'effectue avec la plus grande facilité 
lorsqu'elles proviennent de clichés pris avec le chronophotographe, 
ou bien lorsque les perforations sont régulières : quatre par cliché, 
pas d'Edison. L'amorçage s'effectue en mettant le bord inférieur 
de la bande cinématographique en contact, sur le cylindre denté, 
avec le repère qu'il porte à cet effet. 

L'appareil ainsi disposé se fixe à l'avant d'une planchette à cou- 
lisse {Jlg. 44 et 45) au moyen d'un bouton de serrage; à l'arrière se 
place la lanterne ; celle-ci reçoit à volonté un appareil d'éclairage 
à l'oxygène ou un régulateur de lumière électrique; en avant du 
condensateur une cuve en verre pleine d'eau CE se place dans une 



fio 



CHAPITRE II. 



coulisse en tôle; et celle-ci porte en avant une coulisse VD dans 
laquelle glisse un verre dépoli : on évite de la sorte un trop grand 
échauffement pendant la mise en place de la pellicule. 

Tel quel, l'appareil de M. Gaumont est d'un maniement facile, 



L_ 



Fig. 45. 




il tient peu de place, ne fait pas de bruit, et enfin évite en grande 



partie toute oscillation des images. 



Cinématographe de Lumière. — Comme toujours, Edison in- 
troduisit de nombreuses modifications dans son kinétoscope, et se 
contenta tout d'abord d'appareils à vision directe. Il annonça bien 
avoir obtenu des images projetées en grandeur naturelle, mais cet 
appareil était encore inconnu en Europe quand MM. Lumière 
mirent au jour leur cinématographe. Ici les organes mécaniques 
diffèrent complètement de ceux du kinétoscope, et ils sont égale- 
ment différents, pour la plus grande part, de ceux du chronophoto- 
graphe de M. Marey ; mais ce n'est encore à tout prendre qu'une 
modification de l'invention primitive. 

L'instrument que construisent aujourd'hui MM. Lumière est 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. (') I 

excellent, et son succès seul prouve surabondamment ses qualités; 
mais, avant d'en arriver au modèle définitif, ces Messieurs ont suc- 
cessivement apporté des modifications des plus ingénieuses. Et il 
nous a paru intéressant de les faire connaître, avant de donner la 
description de l'appareil définitif. 

Dans un premier brevet du i3 février 1890. MM. Lumière dé- 
crivent ainsi, sous le titre de : « Appareil servant à l'obtention et à 
la vision des épreuves chronophotographiques )>, leur premier type 
de cinématographe : 



« On sait que les épreuves chronophotographiques donnent 
l'illusion du mouvement par la succession rapide, sous les yeux de 
l'observateur, d'une série de photographies, tirées à intervalles 
rapprochés, d'objets ou personnages en mouvement. 

» Notre invention consiste en un nouvel appareil servant à l'ob- 
tention et à la vision de ces épreuves. 

» Le mécanisme de cet appareil a pour caractère essentiel d'agir 
par intermittence sur un ruban régulièrement perforé, de manière 
à lui imprimer des déplacements successifs, séparés par des temps 
de repos, pendant lesquels s'opère soit l'impression, soit la vision 
des épreuves. 

» Chacun de ces déplacements étant d'ailleurs obtenu ave>c une 
vitesse variable, nulle au commencement et à la fin de la course, 
et maximum en son milieu afin de ne pas détériorer le ruban par 
une attaque ou un abandon trop brusques. 

» Ces conditions sont réalisées en pratique par l'appareil que 
représente les figures ci-jointes. 

» La Jig\ 46 est une vue de face et \a Jlg. 4" une coupe dans un 
plan perpendiculaire à celui de la figure. 

» Le mécanisme renfermé dans la chambre C est commandé par 
un arbre unique A, recevant son mouvement, en dehors de la 
chambre, d'un moteur quelconque. Sur l'arbre A est monté 11:1 
■excentrique B, donnant un mouvement de va-et-vient à un coulis- 
seau vertical D, glissant dans les guides E, E. Sur ce coulisseau est 
montée une lame horizontale F formant charnière ou ressort à son 
extrémité f el portant à son autre extrémité deux pointes a, a tra- 
versant la cloison G dans deux ouvertures allongées 6, b. 



62 



CHAPITRE II. 



» Derrière la cloison G est un couloir vertical, dans lequel des- 
cend le ruban perforé R, enroulé préalablement et suspendu libre- 
ment, dans une boîte H, à la partie supérieure de l'appareil; les 
perforations de ce ruban disposées sur les deux bords à distances 



Fig. 46. 



Fig. 4 7 . 




égales, peuvent être traversées par les pointes a, a, le ruban est 
entraîné vers le bas par la descente de ces pointes, qui dans leur 
mouvement ascensionnel se soulèvent au contraire pour le laisser 
au repos. 

» Ce soulèvement est produit par un petit ergot d, fixé sur la 
lame F, et s'engageant dans une cannelure ondulée creusée à la 
circonférence de l'excentrique B. 

» Il résulte de cette disposition : 

» i° Que le ruban est entraîné vers le bas pendant la course des- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. G3 

cendante des points a, et qu'il reste en repos pendant leur course 
ascendante. 

» 2° Que les pointes pénètrent dans les perforations du ruban et 
en ressortent pendant les points morts de l'excentrique, alors que 
leur vitesse est voisine de zéro, quelle que soit la rapidité des 
mouvements; 

» 3° Que ces mêmes pointes attaquent et abandonnent le ruban 
sans chocs, et par conséquent sans détériorer les perforations. 

» Le ruban se déroule d'ailleurs très librement de la boîte H, où 
il est simplement maintenu sur un axe fixe. 

» La cloison G est percée d'une fenêtre I, de la dimension de 
l'une des images successives ; cette fenêtre est alternativement cou- 
verte et découverte par un obturateur formé d'un simple disque 
échancré J, dont le contour est vu en pointillé (fig. 46). 
L'échancrure du disque correspond à un secteur d'un angle qu'il 
suffit de faire varier pour modifier le temps de pose et qui peut 
atteindre i'jo environ, ce qui serait trop pour l'obtention d'images 
nettes, mais qui constitue une condition très favorable pour la 
vision des images ; lorsque l'appareil sert à cet effet, elle est dis- 
posée de manière à découvrir la fenêtre I, pendant que le ruban 
est immobile, c'est-à-dire pendant la course ascensionnelle des 
pointes a. 

» Le mécanisme qui vient d'êlre décrit est utilisé soit dans le 
même appareil, soit avec des appareils spéciaux : 

» i° A l'obtention des images négatives ou clichés, par la pose 
directe des scènes à reproduire; 

» a Au tirage des épreuves positives; 

» 3° A la vision directe ou à la projection sur écran des photo- 
graphies en mouvement. 

» Les clichés sont obtenus sur un ruban de papier sensible trans- 
parent ou mieux de pellicule sensible perforé sur ses bords comme 
nous l'avons expliqué. 

» La chambre G étant fermée et munie d'un objectif en face de la 
fenêtre I, les phases successives delà scène animée qui pose devant 
l'objectif sont reproduites sur le ruban pendant qu'il est au repos 
et découvert par l'obtiu^ateur, tandis que la descente du ruban 
a lieu pendant que la fenêtre I est cachée par ledit obturateur. 



64 



CHAPITRE II. 



)> On pourra de cette manière obtenir des impressions très nettes 
se succédant rapidement, vingt fois par seconde, par exemple, 
avec un temps de pose pouvant atteindre dans ce cas —■ de seconde 
environ sur une surface complètement immobile. 

» La bande impressionnée descend librement dans une chambre 
noire au-dessous de l'appareil, où elle est prise pour le développe- 
ment. 

» Le tirage des positives a également lieu sur un ruban sensible, 
transparent ou non, perforé exactement connue le premier. 

» Les deux rubans superposés traversent l'appareil comme précé- 
demment avec une vitesse qui peut cependant être moindre, sui- 
vant le degré de sensibilité ou d'éclairage. 

» Enfin le même mécanisme ou un mécanisme semblable servira 
ensuite à la vision directe ou à la projection des images positives. 

» Ces images se succéderont absolument de la même manière et 
reviendront exactement à la même place que les impressions reçues 
à la pose; elles seront vues isolément, à l'état de repos complet, et 
pendant un temps presque égal à l'interruption entre deux images 
consécutives, conditions très favorables à la netteté et à la conti- 
nuité de la vision. » 

Le premier appareil ainsi construit donnait déjà des résultats 
remarquables, mais MM. Lumière ne tardaient pas à le perfec- 
tionner; de là leur nouveau brevet du i3 février 1890. 

« Le premier de ces perfectionnements est montré par les fig. 48 
et 49? 1 & fig - 5o étant une coupe suivant xy de la. fig. 48. Il a 
pour objet de rendre plus doux et plus rapides les mouvements des 
pointes «, a, lorsqu'elles s'engagent dans les perforations du ruban 
ou qu'elles les abandonnent. 

» Dans ce but, les pointes a, a sont constituées par une four- 
chette très légère F (vue à une plus grande échelle fig. 49), 
montée sur un prolongement latéral du coulisseau II, et guidée par 
un petit support f de manière à coulisser horizontalement. Elle 
porte sur sa tige centrale une touche d actionnée tantôt dans un 
sens, tantôt dans l'autre, par deux bras g, g fixés à l'arbre A et 
portantà leurs extrémités deux portions d'hélice en sens contraire. 
Les bras g, g sont disposés de façon à repousser la fourchette 



APPLICATIONS PIIOTOr.RAPTIIQir:?. G5 

dans les perforations du papier avant que le coulisseau ne com- 
mence sa marche descendante, et à la retirer en arrière avant la 
course ascendante. Tout se passe d'ailleurs de la manière décrite 



Fig. 48. 




Fie. 49. 




Fig. 5o. 






m/M///£///M\\W////////M\W//////////////M 



I « (L^J 



.jEJ 






T 



dans le brevet primitif, sauf la douceur et la promptitude des mou- 
vements. 

» Une seconde modification a pour but d'augmenter au besoin 
le temps de repos du ruban en substituant à l'excentrique qui 
conduit le coulisseau une came de tracé convenable, par exemple la 
came triangulaire représentée fig. 5i, qui permet de maintenir le 



Fig. 5i. 




ruban immobile pendant les deux tiers du temps total, condition 
très favorable pour la vision, soit directe, soit en projection, et 
pour l'obtention d'images avec des temps de pose relativement 



grands. 
T. 



(>G 



OTTAPITRÏ- II. 



» Enfin, nous avons rendu la vision plus nette dans l'observation 
directe ou par projection, en diminuant le scintillement, dû à la 
suppression périodique de la lumière. 

» Dans ce but, le disque échancré opaque employé pour l'obten- 
tion des images est remplacé par un disque écbancré en matière 
translucide, papier huilé, paraffiné, celluloïd, etc. » 

Dans un second certificat d'addition du i3 février i8q5, 
MM. Lumière ont encore apporté de nouvelles modifications à leur 
cinématographe. 



« Ce perfectionnement a trait à la réception de la bande de pel- 
licule impressionnée à sa sortie de l'appareil. Dans notre premier 
modèle, cette bande descendait librement dans une chambre noire; 
mais il est préférable, pour la commodité des manipulations sui- 
vantes, de l'enrouler au fur et à mesure sur un rouleau placé lui- 
même à l'intérieur d'une boîte qui permet de le transporter à l'abri 
de la lumière. 

» hesjlg. 32, 53 et 54 montrent la disposition que nous avons 
adoptée dans ce but. 

» Le rouleau est enfermé dans une boîte E, placée derrière l'ap- 
pareil A; il reçoit son mouvement à l'extérieur par un plateau de 
friction C, sur lequel s'appuie un galet D, moulé à l'extrémité de 
l'arbre principal de l'appareil qui, comme on le sait, tourne d'un 
mouvement continu. 

» La bande pelliculaire B, descendant de l'appareil, se relève en 
passant dans une gouttière F, pénètre dans la boîte derrière une 
cloison G, dont elle contourne la partie supérieure, et se rend au 
rouleau dans une direction se rapprochant de l'horizontale. 

» Le rouleau se compose d'un axe H, portant à l'extérieur le 
plateau G qui le met en mouvement d'une manière continue; sur 
cet axe est enfilé un tube R, de diamètre plus grand, sur lequel 
s'enroule la pellicule dont l'extrémité est fixée par deux petites 
lames de ressort {jig. 53). 

» La friction de l'axe sur le tube est suffisante pour enrouler la 
pellicule lorsqu'elle lui est fournie par le tirage des pointes de l'ap- 
pareil, mais non lorsqu'elle est au repos. Grâce d'ailleurs à la pré- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUE. Oj 

caution prise de donner au rouleau un diamètre plus grand que 
celui de l'axe, et de faire arriver la pellicule au sommet, la force 
vive emmagasinée par le rouleau pendant son mouvement ne peut 
produire, au moment de l'arrêt, qu'une oscillation sur l'axe, le 
rouleau atteignant une position voisine de celle indiquée en poin- 
tillé^^ . 54, sans prolonger l'enroulement. 



Fis. 5a. 



Fis. 53. 




Fig. 54. 




» La bande une fois enroulée peut être transportée dans la boite; 
à l'abri de la lumière ou retirée de la boîte avec le tube R qui sert 
à la monter sur les appareils suivants. 

» Le même mode d'enroulement peut être appliqué à l'appareil 
destiné à la vision des épreuves. Il sera inutile dans ce cas de l'en- 
fermer dans une boîte. » 

Ainsi construit et perfectionné, le cinématographe de MM. Lu- 
mière présentait encore quelques légers défauts, et il abîmait par- 
fois les pellicules; c'est pour remédier à cet état de choses que 
ces Messieurs modifièrent encore leur instrument (certificat du 
28 mars 1896). 

« Dans notre brevet et dans nos précédentes additions, nous 
avons expliqué que le principal avantage de notre appareil est de 
donner au ruban qui reçoit ou montre les images un temps de repos 
absolu, dont la durée est une fraction notable du temps total qui 
sépare l'impression ou la vision de deux épreuves successives. En 



68 



CHAPITRE If. 



remplaçant par une came l'excentrique qui, primitivement, action- 
nait la griffe qui mène le ruban, nous étions parvenus à augmenter 
ce temps de repos; mais an delà d'une certaine limite, le tracé de 
cette came conduit à des changements de direction trop brusques, 
qui risqueraient de détériorer le ruban. 

» Pour éviter cet inconvénient, nous avons imaginé de donner 
à l'arbre lui-même sur lequel est montée celte came un mouvement 



Fig. 55. 




à vitesse périodiquement variable, dont le maximum correspond 
à la descente de la griffe entraînant le ruban, et le minimum 
à l'ascension de la griffe pendant laquelle le ruban reste au repos. 
Ce résultat est obtenu en appliquant le moteur sur un axe inter- 
médiaire, dont le mouvement, de vitesse uniforme, est transmis 
à l'arbre portant la came, au moyen d'engrenages convenablement 
excentrés. 

» Lajîg. 55 représente l'ensemble de l'appareil avec ses derniers 
perfectionnements : 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 69 

» Sur l'arbre principal A est monté un pignon excentré S, con- 
duit par une roue à contour ondulé S', dont l'axe porte une poulie 
de commande V. La position montrée fig. 56 correspond au mi- 

Fig. 56. 




&2 ZZ2E223fflZZSZ2ZZ2Z^Z!ZfflZ& 



lieu de la course ascendante du ruban, point où la roue S com- 
mandée par son petit rayon atteint sa vitesse maximum. Le secteur J 
couvre en même temps la fenêtre I, derrière laquelle passe le 
ruban R. 

» Les variations périodiques du travail de l'arbre A, dont le 
maximum a lieu pendant la descente du ruban, sont compensées 
en partie par le poids du coulisseau D; on pourra rendre cette 
compensation plus effective en appliquant sur la tête de ce cou- 
lisseau un ressort X. 

» Il peut arriver que le retrait de la pellicule dont est formé 
le ruban, déplace les perforations pratiquées sur ses bords, et que 

Fig. 5- 




l'écartement de ces dernières ne corresponde plus à celui des 
pointes de la griffe. On peut éviter cet inconvénient en rempla- 
çant les perforations par des encoches en forme de dents de rochet 
ou de crémaillère, comme le montre \afig. 55. Cette forme permet 



yo CHAPITRE II. 

aussi l'emploi de dénis plates, ayant avec la pellicule un contact 
plus étendu qu'une simple tige ronde. 

» La/ïg. 58 montre, appliquée à l'appareil, la disposition d'en- 
roulage automatique sans chocs. Le ruban qui se déroule du rou- 
leau supérieur P vient s'enrouler dans la boîte mobile N, par les 



Fig. 58. 



-. 1 




moyens déjà décrits. Lorsqu'on procède au tirage des épreuves 
positives, le ruban négatif est porté par un deuxième rouleau P', 
superposé au premier, et sort vers le bas de l'appareil par un 
canal T, comme l'indique le tracé en pointillé. 

» Quand on fait servir l'appareil à la vision, soit directe, soit par 
projection, le passage périodique de la lumière à l'obscurité cause 
une scintillation que l'on évitera ou atténuera du moins en partie, 
en pratiquant sur le secteur obturateur J des fentes étroites diri- 
gées suivant les rayons, comme le montre \a/ig. 5^. Ces fentes, 
qui pourront avoir des formes et des dimensions variables, seront 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. Jl 

réparties, régulièrement ou non, sur tout ou partie de la surface du 
secteur. » 

Enfin, dans un quatrième certificat d'addition du 18 no- 
vembre 1896, MM. Lumière ont encore perfectionné le mode d'en- 
roulement et de déroulement des rubans pelliculaires, en confor- 
mant ces deux fonctions au mouvement intermittent du ruban, 
tout en conservant à ce dernier une tension régulière. 

Les fig. 09, 60 et 61 représentent le dispositif employé à cet 
effet. 

« 1" Déroulement. — Comme dans notre brevet principal, la 
pellicule R, roulée sur elle-même, est suspendue sur une broche B 

Fig. 5 9 . 




de diamètre plus petit que le vide central du rouleau qui peut ainsi 



Fig. 60. 




osciller librement. La broche B est fixée à l'intérieur d'une boîte G 
placée au-dessus de l'appareil principal F {fig- 61). Nous avons 
ajouté à ce dispositif un régulateur de tension formé d'un balancier 



CHAPITRE II. 



D, oscillant sur la broche fixe B et portant à l'une de ses extrémités 
une deuxième broche E, autour de laquelle passe le ruban avant 
de pénétrer dans l'appareil. Ce ruban est tendu par un ressort léger 
G, attaché à l'autre extrémité du balancier. 

w II résulte de cette disposition que, malgré le tirage intermittent 
du ruban, le rouleau conserve un mouvement de rotation à peu 



Fig. 6. 



mZZZZZZZZZZMEmœZft. 




près régulier, l'excès de longueur déroulée pendant le repos étant 
emmagasinée par le régulateur, qui le restitue pendant le tirage. 

» 2° Enroulement. — Après avoir rem pli sa fonction à l'intérieur 
de l'appareil F, le ruban pénètre en formant une boucle P dans une 
boîte mobile 1, et vient s'enrouler sur un cylindre S monté sans jeu 
sur J'axe J mis en mouvement par l'arbre moteur X de l'appareil, 
au moyen de roues à friction K, K' {fig. 60). 

» Nous avons ajouté à ce dispositif un frein automatique actionné 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



?3 



par la tension de la pellicule et ne permettant l'enroulement de 
cette dernière qu'au fur et à mesure que sa tension diminue. 

» Ce frein peut agir de diverses manières : dans les Jig. 60 et 
61 il agit sur les joues H d'une bobine qui reçoit le ruban R. Ce 
dernier arrive à la bobine en passant derrière une cloison guide L, 
à la suite de laquelle il s'appuie sur une traverse M, réunissant 
deux petits leviers à palette N, N', qui peuvent venir s'appuyer sur 
les joues de la bobine H, mais qui en sont éloignés en temps ordi- 
naire par des ressorts légers O. 

» Lorsque, pendant le repos de la pellicule, le ruban est tendu 
par son enroulement, il fait pression sur la traverse M, fait fléchir 
les ressorts O et applique les freins N sur la bobine, qui s'arrête 
immédiatement; une pression légère suffît à cet effet, vu le diamètre 
relativement grand des joues. Dès que la pellicule se met en mou- 
vement, sa tension diminue, les freins N se relèvent et la bobine 
reprend sa marche. 

» ha. Jîg. 61 montre, à droite, une variante dans laquelle les 
leviers N toujours actionnés, comme précédemment, par la pelli- 
cule, portent chacun d'eux ou l'un deux seulement, un bras T dont 
l'extrémité est attachée à un cordon U, faisant un ou plusieurs 
tours sur le cylindre S en sens inverse de son mouvement de rota- 
tion, et venant s'attacher à un point fixe V. Quand la pellicule 
n'est pas tendue, le cordon U est lâche et ne fait aucune résistance 
à l'enroulement; mais dès que la pellicule se tend, la légère trac- 
tion qu'elle opère sur le cordon détermine son adhérence sur le 
cylindre et son entraînement par ce dernier, ce qui produit l'arrêt 
dans un temps très court. » 



Telles sont les dispositions essentielles du cinématographe Lu- 
mière, et les principales modifications qui ont conduit ces Mes- 
sieurs au modèle actuellement en usage et qui ne laisse plus rien à 
désirer. Il est facile de se rendre compte de sa constitution intime 
par les figures, en partie schématiques, qui accompagnent les des- 
criptions qui précèdent. 

Nous allons maintenant faire passer sous les yeux de nos lecteurs 
des figures gravées d'après des vues photographiques de l'appareil, 
ce qui permettra de suivre d'une manière complète les descriptions 



I 



0- t 
74 



CHAPITRE 11. 

données par les constructeurs eux-mêmes, et que nous ne faisons 
que transcrire, 







V 



Le Cinématographe proprement dit se compose de deux organes 
essentiels : 

i° L'arbre excentrique ; 
2° Le cadre porte-griffes. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. j5 

L'arbre excentrique porte les pièces suivantes : à l'une des extré- 
mités est fixé un pignon qui engrène avec une roue dentée B 
(j/ig. 62) de façon que, lorsque la roue fait un tour, le pignon en 
fait huit. 

La roue dentée est manœuvrée à la main au moyen d'une mani- 
velle que l'opérateur doit faire tourner très régulièrement, à raison 
de deux tours à la seconde environ. Par suite, l'arbre excentrique 
possédera une vitesse de seize tours par seconde. 

Immédiatement après le pignon est disposé un rouleau de fric- 
lion R faisant corps avec l'arbre. Ce rouleau est garni de cuir sur 
son pourtour. 

En arrière du pignon est fixé un excentrique triangulaire destiné 
à transformer le mouvement circulaire continu de l'arbre en un 
mouvement alternatif du cadre porte-griffes. Sur la face de l'excen- 
trique opposée au pignon est vissé un disque circulaire épais, 
concentrique avec l'arbre, portant en saillie, sur sa face cylindrique, 
deux lames d'acier parallèles. Ces lames, dans une partie de leur 
parcours, sont légèrement déformées, de façon à présenter deux 
rampes destinées l'une à l'enfoncement, l'autre au retrait des griffes 
d'entraînement. 

Enfin, la seconde extrémité de l'arbre est terminée par un pla- 
teau sur lequel, au moyen d'un écrou, on adapte le disque obtu- 
rateur. Celui-ci {fig- 63) est formé de deux secteurs métalliques 
légers qu'on peut ouvrir plus ou moins, de façon que l'obtura- 
tion ait une durée déterminée. Le plateau porte en saillie, sur sa 
face, une goupille qui pénètre dans des ouvertures ad hoc percées 
dans les disques, permettant de repérer facilement leurs positions 
et d'empêcher tout déplacement de ceux-ci pendant la manœuvre 
de l'appareil. 

L'arbre est supporté par deux ponts fixés de part et d'autre 
d'une grande plaque de cuivre. 

Le pont situé vers le pignon est à une branche \ l'autre, qui 
embrasse l'arbre entre l'excentrique et le disque obturateur, est 
double et disposé verticalement. 

Le cadre porte-griffes est constitué par une lame d'acier légère, 
percée d'une fenêtre rectangulaire dans laquelle se meut l'excen- 
trique triangulaire; il porte à ses extrémités supérieure et infé- 



CHAPITRE II. 



Heure deux guides rectilignes qui peuvent glisser librement, mais 
sans jeu, dans deux glissières ménagées sous les pieds du pont 







double. De celte façon, le cadre, sous l'action de l'excentrique, 
subit un mouvement vertical alternatif. 

Sur le côté et horizontalement, il est muni d'un prolongement 
portant les griffes d'entraînement. Celles-ci, solidaires l'une de 



APPMCATFONS PHOTOGRAPHIQUES. 77 

l'autre, sont parfaitement guidées dans leur mouvement, qui s'effec- 
tue perpendiculairement au plan du cadre. La pièce qui constitue 



60 




leur ensemble est pourvue latéralement d'un tenon sur lequel 
agissent les rampes. 

On peut aisément se rendre complc du fonctionnement de l'ap- 
pareil. 



78 CHAPITRE II. 

Supposons enlevé l'obturateur, et faisons tourner l'arbre à la 
main, jusqu'à ce que le cadre vienne occuper sa position limite 
supérieure, et que l'une des rampes du disque ait produit l'en- 
foncement des griffes. A partir de ce moment, si l'on continue à 
tourner, le cadre descend sous l'action de l'excentrique; après un 
demi-tour de l'arbre, il occupe sa position inférieure, tandis que 
la deuxième rampe se présente pour produire le retrait des griffes; 
puis le cadre remonte pour occuper à nouveau sa première posi- 
tion, la rampe suivante produit l'enfoncement des griffes, et ainsi 
de suite. 

Il importe de remarquer que le retrait ou l'enfoncement des 
griffes ont lieu chacun pour - de tour de l'arbre, et que la montée 
ou la descente du cadre a lieu pendant ~ de tour. 



Organes accessoires. — Vers la droite de l'appareil se voit un 
volet en cuivre V {fig- 62) qui peut se rabattre vers le bas et 
qu'un verrou maintient vertical pendant le fonctionnement. Vers 
la partie supérieure, il porte une glace à faces parallèles g, main- 
tenue par deux ressorts, et destinée à presser légèrement sur la 
pellicule; un peu au-dessous sont fixés deux ressorts flexibles /•, A, 
appelés ressorts contre-griffes, vis-à-vis desquels se déplacent les 
griffes d'entraînement. Ces ressorts ont pour effet d'éviter les dé- 
chirures de la pellicule au cas d'un accident imprévu pendant le 
déroulement. Dans la platine, en regard du volet, on a creusé une 
gaine / de faible profondeur et garnie de velours, dans laquelle 
glisse la pellicule maintenue en avant par le volet lorsqu'il est 
relevé. En haut de la gaine, vis-à-vis la glace-presseur, on a pra- 
tiqué une fenêtre rectangulaire A, dont les dimensions sont celles 
de l'image pelliculaire. 

Tout l'appareil est monté dans une boîte en noyer dont les deux 
fonds mobiles constituent deux portes maintenues fermées à l'aide 
de crochets; l'une de ces portes F,, celle qui est dirigée vers l'opé- 
rateur, est percée d'une ouverture circulaire O, par laquelle on 
introduit la manivelle qui fait mouvoir l'appareil. L'autre porte est 
munie vers le haut, en face de la fenêtre rectangulaire citée pré- 
cédemment, d'une rondelle métallique J, sur laquelle on peut 
adapter soit l'objectif à négatif, soit l'objectif à projection. 



APPLICATIONS PïlOTOr.RAPHIQlîES. 79 

Kinétographe de Bedts. — Le kinétographe de M. de Bedts 
est un des premiers qui aient paru : inspiré directement par l'in- 
strument d'Edison, il a introduit dans le système américain l'arrêt 
de la pellicule, et cela non par une griffe et un excentrique comme 
dans l'appareil de Lumière, mais par une roue à dents inégales et 
un cylindre à chevilles, disposition qui a été imitée dans beaucoup 
de modèles venus après coup. 

La pellicule est enroulée d'avance sur un magasin A {fi g. 65) 
d'où elle est amenée sous le rouleau guide B qui la déroule régu- 




-poYfJ 



lièrement avec l'aide du rouleau presseur G, sur lequel elle passe, 
avant de s'introduire dans la chambre F, où se fait l'exposition 
des clichés; de là elle vient s'engager sur le cylindre entraîneur à 
chevilles G, dont les dents correspondent à ses perforations et où 
elle est maintenue par le rouleau cannelé H; son extrémité est 
ensuite arrêtée sur la pince du magasin I où elle doit s'enrouler 
pendant l'opération. 

Les rouleaux C et H sont mobiles et maintenus seulement par 
des ressorts, ce qui rend la mise en place de la pellicule très ra- 
pide et commode, de même que la chambre F qui s'ouvre à vo- 
lonté. 

Le mouvement intermittent de la pellicule est produit par la 



8o 



CTTAPITUE II. 



roue E dont la circonférence ne porte que trois dents également 
espacées ; les parties pleines maintiennent le cylindre entraîneur à 
l'arrêt. 

Tout le mécanisme est mis en mouvement par la roue dentée D 
dont l'axe porte une manivelle. 

L'appareil est muni de deux objectifs très lumineux, dont l'un 
sert de viseur. 

Les fig. 66 et 67 montrent l'appareil disposé pour la prise 
des vues : un pied à trois branches, très solidement installé, reçoit 



Fig. 66. 



Fig. 67. 




l'appareil, et pour éviter encore toute trépidation , l'opérateur 
appuie fortement de la main gauche sur l'appareil pendant que de 
la main droite il tourne la manivelle. 

Lajig. 68 représente le kinétographe monté pour les projections : 
sur un banc lourd et rendu plus stable encore par des poids posés 
sur la planchette qui relie les pieds, est placé l'appareil muni de 
son objectif; en arrière la lanterne éclairante porte à l'avant du 
condensateur une cuve verticale remplie d'eau alunée, qui arrête 
(en partie) les rayons calorifiques et empêche l'inflammation de la 
pellicule. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



8l 




82 



CHAPITRE II. 



Cinématographe Joly. — Cet instrument, construit par M. Nor- 
mandin avec toute la précision voulue, diffère par plusieurs détails 
importants de la plupart des modèles proposés : aussi le décrirons- 
nous avec détail. 

Fi g. 69. 




La fig. 69 est une vue de côté (coupe verticale) et la fig. ^o 
une coupe perpendiculaire à la première. 

Les différents organes qui constituent l'appareil sont placés entre 
deux platines A et A' qui servent de paliers aux différentes roues. 

Pour la projection, l'appareil est simplement fixé sur une 
équerre PP' qui lui sert de support ainsi qu'à l'objectif {fig- 69 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 83 

et 70); pour la prise des vues, il est placé dans une chambre 
noire CC {fig. 71 ). 

La commande de l'appareil se fait soit par un moteur, élec- 
trique de préférence, soit à la main, et c'est ce système qui est le 



Fig 



8'- 7°- 




plus habituellement employé et qui en somme est préférable; dans 
nos figures c'est la manivelle a qui imprime le mouvement. 

Cette manivelle agit sur un axe b, sur lequel est montée une 
roue dentée C, qui communique le mouvement à une seconde roue 
dentée d, laquelle est calée sur un axe d' {fig. 69 et 70). Sur cet 
axe d' sont également calées la roue dentée D {fig. 69 et 70) et 



84 CHAPITRE II. 

les deux roues dentées D' {fig. 69). La roue D engrène elle-même 

Fis. 




avec un pignon d" dont nous verrons plus loin l'utilité et avec la 
roue d'" calée sur l'arbre c qui porte le rouleau denté h. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 85 

Supposons que nous voulions prendre une vue avec l'appa- 
reil placé dans la chambre noire, comme le représente \&jig. ni. 

La pellicule impressionnée est enroulée autour de la bobine ma- 
gasin H. De cette bobine H, la pellicule passe sur le rouleau h qui 
porte deux séries de dents k qui viennent pénétrer dans les trous 
pratiqués sur le bord de la pellicule. 

Sous le rouleau /*, la pellicule forme une boucle I et vient passer 
derrière l'objectif, maintenue par une porte à ressorts ; elle arrive 
ensuite sur un deuxième rouleau denté h'. 

Sur l'axe G est également calée une roue d'angle f qui engrène 
avec une deuxième roue d'angle f fixée à l'extrémité de l'axe f" 
qui porte l'obturateur M percé de deux fenêtres m. 

Les roues dentées D' engrènent elles-mêmes avec deux roues N, N 
qui font corps avec le rouleau denté h' ; l'ensemble des engre- 
nages N ; N et du rouleau h' est fixé sur un arbre h" qui est supporté 
par deux bielles doubles JJ et ff. La bielle à fourche JJ est 
articulée sur un plateau manivelle L qui reçoit son mouvement du 
pignon d". 

Grâce à ces dispositions, les roues N restent constamment en- 
grenées avec la roue D' pendant le mouvement de va-et-vient trans- 
mis par le plateau manivelle L. 

Après le rouleau denté h', la pellicule peut soit s'accumuler 
dans la chambre noire, soit s'enrouler sur un enrouleur à ressort 
ou sur un rouleau récepteur dépendant de l'appareil. 

La Jlg. n\ montre la pellicule s'enroulant sur la bobine récep- 
trice H' par l'intermédiaire d'un rouleau denté h", après avoir 
formé une boucle i' nécessaire au mouvement de va-et-vient du 
rouleau h'. 

Le rouleau h!' reçoit son mouvement par une roue D, commandée 
par une roue D calée sur l'arbre d'. 

Ceci étant dit et la pellicule étant mise en place dans l'appareil, 
si l'on tourne la manivelle a d'un mouvement uniforme, la pelli- 
cule est entraînée d'une manière continue par le rouleau denté h. 

Le rouleau h' la tire par intermittence. 

Le rouleau II", identique au rouleau h et tournant à la même 
vitesse, la conduit à l'enrouleur H' d'un mouvement uniforme. 

Il suffira, pour prendre la vue, que les fenêtres m de l'obtura- 



86 



CHAPITRE II. 



leur M découvrent l'objectif pendant que la pellicule sera arrêtée. 
Les engrenages étant calculés de telle façon que l'obturateur M 
passe un tour pendant que le plateau manivelle L fait deux tours, 
l'obturateur M porte en conséquence deux fenêtres correspondantes 
aux deux temps d'arrêt. 

Au point de vue des projections, le cinématographe Joly offre 
les particularités suivantes : 

i° Le rouleau denté h qui a pour mission de dévider la pellicule 
d'une manière continue, permet l'emploi de bobines de toute 
grosseur, contenant autant de longueur de pellicule que l'on veut, 
et permettant par conséquent de prendre et de projeter des scènes 
d'une durée quelconque. La traction opérée sur la pellicule d'une 
manière continue n'a, en effet, à vaincre l'inertie de la bobine 
qu'au démarrage, et ensuite un frottement de roulement tout à 
fait insignifiant, réparti sur dix-huit ou vingt dents. 

2° Le rouleau h permet la formation de la boucle au-dessus de 
la chambre, en sorte que le rouleau h' tirant sur une boucle de ré- 
sistance nulle ne fatigue aucunement la pellicule. 

3° Le rouleau denté h' chargé de tirer la pellicule par intermit- 
tence n'a donc à vaincre que la pression exercée par la porte de la 
chambre. Bien que cette pression, qui existe dans tous les appareils, 
soit très faible et que là encore dix-huit ou vingt dents tirent la 
pellicule, M. Joly a poussé la précaution jusqu'à calculer ses en- 
grenages de telle façon que le système du rouleau h' et de l'engre- 
nage N tournant sur l'engrenage D' fasse tendre doucement la 
pellicule par la rotation avant de la tirer très vivement. 

Cette précaution est celle que prennent les rouliers quand ils 
font tendre tout d'abord les traits de leurs attelages avant de com- 
mencer le démarrage. 

On évite par là les causes ordinaires de la détérioration des pel- 
licules, qui trop souvent se déchirent au bout d'un certain temps 
d'usage. 

4° Quand la pellicule est tendue, le rouleau continue à tourner 
et l'effet de la bielle jj' venant s'ajouter à la rotation du rouleau, 
la pellicule se trouve tirée très rapidement avec une vitesse double. 
Cette disposition réduit de plus de moitié le temps normal pendant 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 87 

lequel la pellicule serait tirée par un mouvement unique : par ce 
fait le temps d'obturation est de \ à |, et le temps dépose de f à |-, 
c'est-à-dire que l'on utilise presque toute la lumière comme on le 
ferait pour une projection fixe. 

Le cinématographe Joly installé au café de la Paix immédiate- 
ment après les fêtes du voyage du czar a montré au public pa- 
risien une série parfaite des différents incidents de la visite de 
nos hôtes illustres; les bandes pelliculaires étaient obtenues par 
M. Pirou et ne laissaient rien à désirer. 



Le Lapiposcope. — ■ Le Lapiposcope (du nom de son construc- 
teur) est le plus réduit des cinématographes, car il mesure i5 c,n 
sur i4 cm et io cm d'épaisseur. 

Le mécanisme de cet instrument (fig. 72 et 78) se compose des 
pièces suivantes : 

a. a . — Plaques (au nombre de deux.) réunies par trois traverses et 
formant le bâti général. 

b. — ■ Arbre moteur, commandé par la manivelle d. 

c. — Roue de commande calée sur l'arbre b, portant cent dents. 

e. — Axe du tambour entraîneur de la pellicule/, portant vingt dents au 
pas d'Edison. 

g. — Game à deux bosses calée sur le pignon h taillé à vingt-cinq dents. 

Ces deux pièces g et h sont montées folles sur l'axe c. 

i. — Rochet divisé à cinq dents, calé sur l'arbre e. 

j. — Ressort à boudin calant, à frottement doux, la came et le pignon. 

k. — Rondelle de butée du ressort à boudin j. 

I. — Pignon taillé à vingt-cinq dents, commandant l'obturateur m. 

m. — ■ Obturateur cylindrique composé de deux lames de celluloïd for- 
mant segment sur le pourtour du cylindre. 

n. — Cliquet. 

o. — Ressort butant le cliquet sur le rochet i. 

q, q'. — Cylindres guides de la pellicule. 

r. — Glissière fixe placée sur le pilier d'en haut. 

s. — Glissière mobile oscillant autour de l'axe t. 

u. — ■ Ressort à lame servant à tenir le volet mobile en contact avec le 
volet fixe en venant buter sur une lame d'acier v. 

x. — Platine se fixant sur le dessus de la boîte et portant le support z' 
de la bobine de pellicule. 

y. — Vis de manœuvre du volet de réglage servant à encadrer exacte- 
ment l'épreuve positive de la pellicule. 

z. — Volet de réglage. 



88 



CHAPITRE II. 



Lorsque l'on tourne la manivelle d, on met en mouvement la 
roue motrice c qui actionne la came g et l'obturateur m par l'in- 
termédiaire des pignons k et l. 

La came g, à son passage sur la butée p du cliquet, dégage 
celui-ci des dents du rochet i qui, dégagé à son tour, se trouve 

Fig. 72. 




entraîné par friction par la came g, grâce au ressort à boudin calé 
sur son axe, et entraîne en même temps la pellicule. 

La came g continuant sa course quitte la butée p, le cliquet 
reprend sa position à l'aide du ressort 0, et le rochet rencontrant de 
nouveau le cliquet s'arrête en laissant marcher seule la came 
jusqu'au prochain passage de la deuxième bosse sur la butée p. 

Pour un tour de came il passe deux vues et par conséquent huit 
vues pour un tour de manivelle; il suffit donc de faire deux tours 
à la seconde pour obtenir les seize vues nécessaires. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 89 

L'obturateur est calé sur son axe de façon que le guichet se 
trouve fermé pendant que s'opère le changement de vue. 

Pour charger l'appareil, on enlève d'abord les deux volets for- 
mant porte à l'appareil, on place le support z' sur la boîte et on le 
fixe au moyen de deux vis à tête plate disposées à cet effet. On 

Fig. 7 3. 




fixe la manivelle sur le bout du carré de l'axe moteur et le film sur 
l'axe du support placé au-dessus de la boîte. 

On introduit le bout de la pellicule dans la fente de la platine x, 
et on l'engage sur les dents du tambour de façon qu'il passe 
au-dessus du guide q et au-dessous du guide q ; pour cette opéra- 
tion on s'aide de la manivelle à laquelle on fait faire deux ou trois 
tours, puis on referme le volet mobile, on replace le volet de devant 
cjui porte l'objectif, on met celui-ci au point, et à l'aide de la vis y 



yo CHAPITRE 11. 

on amène les bords du volet de réglage z en correspondance avec 
les séparations des vues. 

Héliocinégraphe de MM. Perret et Lacroix. — Les organes mé- 
caniques de l'héliocinégrapliesont réduits au minimum et par suite 
les chances de dérangement sont moindres que dans beaucoup 
d'autres modèles. 

La bande pelliculaire {fig. 74 et 75) enroulée à l'avance sur une 
bobine A, tournant librement sur son axe, passe sur un cylindre B, 



Fig. 74 




porté sur deux lames flexibles, ce qui permet d'éviter toute traction 
vive, toute secousse, et régularise l'arrivée de la bande à la boîte C. 
Celle-ci est percée d'une fenêtre qui laisse pénétrer l'image formée 
par l'objectif. L'intérieur de cette boîte est garni de velours sur 
ses deux faces, et la pellicule glisse ainsi à frottement doux. Un 
ressort H appuie légèrement sur la face postérieure de la boîte et 
assure une pression régulière; cette partie est mobile et peut s'en- 
lever lors de la mise en place de la pellicule. 

Celle-ci passe ensuite sur un cylindre denté D et les perforations 
latérales qu'elle porte s'engrènent, au nombre de quatre; le cy- 
lindre portant seize dents, c'est donc une image entière qui est 
entraînée à chaque quart de tour, car chacune des images porte 
quatre perforations (pas d'Edison). 

Un petit cylindre G maintient la bande appliquée contre le 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. Ç)[ 

cylindre denté et la dirige sur la bobine R; celle-ci est commandée 
directement par la manivelle M. 

Un obturateur commandé par un pignon calé sur l'arbre moteur 
tourne devant la fenêtre et produit les occultations pendant le 
changement d'épreuve : cet obturateur est à 90 , ce qui donne trois 
temps d'ouverture et un temps d'occultation, condition qui réduit 
beaucoup les causes de scintillement. 

La fig. 76 fera mieux saisir les dispositions de ces différents 



organes. 



F'F", axe de la manivelle, qui commande, par la roue G', le 




pignon K, calé sur l'axe J'J"; celui-ci commande à son tour l'axe l 
qui porte le volant K' contre lequel est fixé l'obturateur. La même 
roue G' commande aussi le pignon G monté, à roulement libre, 
sur l'axe H du cylindre entraîneur de la bande. 

Sur l'axe I, à l'extrémité duquel se trouve l'obturateur, est calé 
une sorte d'excentrique (l'escargot des constructeurs) qui produit 



92 CHAPITRE II. 

le mouvement alternatif d'entraînement du cylindre denté, et con- 
séquemment de la bande. 

Cet organe, qui est la partie originale de l'héliocinégraphe 
{fîg. 77), commande une sorte de roue à étoiles H' calée sur l'axe 
qui porte le cylindre d'entraînement E. Chaque rayon de l'étoile 
(il y en a quatre) porte une roulelle qui bute contre le chemin 



Fig. 77. 




- nmi ' mwmwuw «' jggjgBS BSSSBS BSBS5B5 



circonférenciel de MNN'de l'escargot et y trouve son point d'appui; 
mais, dès que l'escargot vient présenter la partie N', une des rou- 
lettes de l'étoile descend en suivant le prolongement N'O jusqu'au 
moment où la roulette suivante a pris point d'appui contre le 
chemin circonférenciel. L'étoile et par suite le cvlindre entraîneur 
ont fait alors un quart de tour, et cela sans choc, grâce à l'accom- 
pagnement du prolongement N'O de l'escargot. 

Pour éviter les secousses, la roue G est libre sur son axe; c'est 
le ressort H" qui transmet seul le mouvement de la roue à l'axe, 
ce qui permet à la roue étoilée de n'avoir aucune trépidation, pen- 
dant que la roue de commande G' tourne d'un mouvement continu. 



APPLICATIONS PIIOTOGIUPHIQUES. g3 

Ces diverses dispositions ont pour résultat de diminuer beaucoup 
le bruit de l'appareil en marche, condition qui n'est pas à dédai- 
gner, alors surtout qu'on accompagne les projections d'un phono- 
graphe. 

Mouvementographe de Zion (fig. 78). — L'appareil construit 
par M. Zion est à classer parmi ceux, dont le mécanisme est d'une 
solidité extrême et peu sujet aux dérangements. 

Une manivelle, conduite à la main, met en mouvement une roue 



Fig. 7 8. 




dentée et l'obturateur, calés l'un et l'autre sur cet axe lui-même. 

La roue dentée engrène avec un pignon qui met en mouvement 
un second axe portant en son milieu une noix, creusée sur sa cir- 
conférence d'une rainure hélicoïdale. Dans cette rainure viennent 
s'engrener tour à tour les rayons d'une étoile à six branches, calée 
elle-même sur un troisième axe, qui porte en outre un barillet 
d'entraînement très léger (aluminium) et muni de seize dents 
d'entraînement. 

La pellicule portée sur un cylindre à mouvements libres s'en- 
gage entre deux rouleaux qui la dirigent vers une coulisse por- 



9-( CHAPITRE II. 

tant une ouverture de grandeur égale à celle de l'image à projeter. 

En sortant de la coulisse, la pellicule se recourbe sur le cylindre 
denté, et elle est prise alors par seize dents à la fois. Cette dispo- 
sition spéciale à l'appareil de M. Zion a le grand avantage d'éviter 
la déchirure des pellicules, car l'effort étant réparti sur une grande 
surface, chaque perforation ne subit qu'une traction réduite. Un 
nouveau rouleau presseur reçoit la pellicule au sortir du barillet 
entraîneur; plus bas celle-ci passe sur une poulie commandée 
par une courroie et qui embobine la pellicule après son passage 
dans l'appareil. Souvent, dans les projections, on laisse tomber 
librement la pellicule au-dessous de l'appareil. 

Deux ressorts tiennent butée contre l'ouverture de la coulisse la 
fenêtre mobile postérieure. 

Pour la prise des négatifs, M. Zion a combiné deux boîtes 
porte-pellicules qui se mettent au-dessus et au-dessous de l'appa- 
reil et permettent de changer les films en pleine lumière. 

Pour mettre le mouvementographe en marche, on amorce d'abord 
la pellicule, en attirant en bas l'extrémité du film sortant de la 
boîte-magasin. On retire ensuite les deux ressorts qui maintiennent 
la fenêtre, en les écartant à droite et à gauche, on ouvre la fenêtre 
et l'on fait passer le film derrière les rouleaux supérieur et infé- 
rieur et par-dessus la roue dentée, en faisant entrer les dents du 
barillet dans les perforations; enfin, suivant le cas (prise des néga- 
tifs ou projections), on laisse l'extrémité libre ou on l'amorce sur 
une bobine, pour être enroulée en même temps que s'effectue le 
déroulement de la bobine supérieure. On referme la fenêtre et 
l'on met en place les deux ressorts. 

Dans le cas des projections, on règle la place de l'image en fai- 
sant mouvoir au moyen d'une vis de rappel une deuxième fenêtre 
mobile placée sur l'ouverture de la coulisse, jusqu'au moment où 
les bords de cette fenêtre encadrent bien exactement l'image. 

Pour la prise des négatifs, la mise au point se fait en plaçant un 
verre dépoli dans la fenêtre. 

Mais, pour éviter tout tâtonnement, l'objectif est monté sur une 
rondelle munie d'un pas de vis qui permet de l'avancer et de le 
reculer à volonté : à l'aide des points de repère gravés sur cette 
rondelle, on peut vérifier une fois pour toutes la mise au point. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



95 



L'objectif est un anastigmat de Zion qui donne une netteté par- 
faite même à grande ouverture. 

Cinématographe Griolet ifig. 79 et 80). — Le cinématographe 

F'g- 79- 




Griolet rappelle dans son ensemble le kinétographe de de Betz, 



Fie-. 80. 




mais il en diffère par son organe entraîneur : l'échappement Griolet. 
La pellicule enroulée sur la bobine à mouvements libres C passe 



96 



CHAPITRE II. 



sur les rouleaux entraîneurs D, puis s'engage dans la boîte- 
fenêtre E, vient se réfléchir sur le cylindre à chevilles F, et va 
enfin s'enrouler de nouveau sur la bobine H. 

Une manivelle met en mouvement une roue dentée qui commande 
directement le système entraîneur (échappement et cylindre à che- 
villes), par un pignon d'angle l'obturateur, et par une courroie la 
bobine réceptrice. 

L'échappement {fig. 81) met en mouvement une roue dentée 
qui entraîne la pellicule de la quantité voulue, tout en étant bien 

Fig. 81. 




séparé de celui d'impulsion plus ou moins régulier produit par la 
manivelle. Celte disposition permet de substituer les images les 
unes aux autres en un temps très court, ce qui est un avantage 
important. 

Cinématographe Dom-Martin. — Dans l'appareil construit par 
Dom-Martin {fig. 82), la bande, au lieu d'être entraînée par un 
mécanisme rigide commandé directement par la manivelle, est mise 
en mouvement par un échappement intermittent à ressort qui 
détermine une substitution très vive des images successives, et 
sans opérer de tractions sur la bande elle-même. 

Celle-ci est libre dans la fenêtre par laquelle a lieu la projection, 
et de plus une boucle constante est formée avant son passage 
devant cette fenêtre. Grâce à cette disposition, que nous avons 
rencontrée déjà en principe dans l'appareil Marey et dans celui de 
Joly, la bande ne se détériore pas par son passage dans l'instrument. 

Les substitutions d'images se faisant avec une extrême rapidité, 
on peut, à la rigueur, projeter les bandes en supprimant l'obtura- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 97 

teur : dans ce cas, il faudra tourner la manivelle très lentement; 
on aura ainsi une durée plus longue des arrêts, tandis que les 
substitutions d'images se feront très rapidement. 

L'obturateur se meut dans une chambre noire circulaire fermée 
par un bouchon métallique. Des plaques mobiles de différentes 
grandeurs peuvent être placées sur l'obturateur et retirées très 
facilement. Pour faire des projections, il est bon de mettre la plus 

Fig. 82. 




petite plaque obturatrice; pour les négatifs, il faut au contraire 
mettre la plus grande. 

La bande portant les images, en même temps qu'elle se déroule 
de la bobine supérieure, s'enroule sur une autre bobine placée an 
bas de l'appareil. Vers la partie inférieure de l'appareil se trouve 
un axe mis en mouvement par la manivelle ; sur cet axe est dispesé, 
suivant sa circonférence, un ressort-lame convenablement armé; 
c'est sur cet axe que l'on place le tube qui doit recevoir la bande 
à réembobiner au fur et à mesure qu'elle se déroule ; ce tube 
tourne à frottement gras sur l'axe grâce au ressort qui fait frein, et 
la bande ne s'enroule qu'autant qu'elle est devenue libre. 

Dans cet instrument, les bandes ne s'engrènent que par deux 
perforations; cependant celles-ci sont au pas d'Edison, c'est-à-dire 
à quatre perforations. 

T. 7 



98 CHAPITRE II. 

Lorsqu'on veut mettre en place une bande à projeter, il faut pro- 
céder ainsi : placer tout d'abord la bande à projeter sur la tige fixée 
au centre du cadre supérieur. La bobine doit être disposée de ma- 
nière que la direction de la bande soit de gauche à droite lorsque 
le bout de la bande est au-dessous. Dévisser alors la vis maintenant 
la double équerre qui se trouve sous la roue d'entraînement supé- 
rieure. Baisser cette double équerre et passer entre la roue d'entraî- 
nement et le rouleau de la double équerre l'extrémité de la bande. 

Faire passer la bande devant la fenêtre après avoir préalablement 
retiré le cadre mobile placé sur cette fenêtre. 

Engrener les perforations de la bande sur la roue dentée qui se 
trouve au-dessous de la fenêtre. 

Placer un tube sur l'axe du cadre inférieur, de façon que le 
ressort du tube présente son ouverture vers la droite, et glisser le 
bout de la bande sur le ressort du tube. 

Remettre sur la fenêtre le cadre destiné à guider la bande pen- 
dant sa marche et serrer la vis qui retient ce dernier, sans appuyer 
ni sur le cadre, ni sur le ressort fixé à sa base, afin que la bande 
soit bien libre. 

Lorsque la bande est bien centrée sur la fenêtre à l'aide de la 
cache à ce destinée, il ne reste plus qu'à former une petite boucle 
entre la fenêtre et la roue d'entraînement supérieure, et à remonter 
la double équerre jusqu'à ce que son petit rouleau vienne exercer 
une faible pression de la bande sur la roue d'entraînement. 

Le Pygmalion. — Appareil de M. Demaria (fig. 83, 84 et 85). 

Un axe mû à la main par une manivelle faisant saillie à l'exté- 
rieur de la boîte, porte une roue à chevilles qui entraîne une chaîne 
à la Vaucanson. Celle-ci commande l'axe principal de l'appareil, 
axe terminé à une de ses extrémités par un volant chargé de régu- 
lariser le mouvement, à l'autre par une petite poulie qui commande 
l'axe entraîneur de la bobine de réception. Au milieu de l'arbre en 
question est calée une roue dentée qui va s'engrener avec un pignon 
de petit diamètre qui porte : i° une roue d'angle actionnant 
l'obturateur; 2 un excentrique portant une bielle qui donne au 
cylindre entraîneur du film un mouvement saccadé, lequel produit 
les arrêts du film pendant le temps d'ouverture de l'obturateur et 



y 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 99 

l'entraîne de la longueur d'une vue pendant sa fermeture. Ce 
mouvement saccadé est donné par une sorte de rochet articulé, 



Fig. 83. 







dont l'extrémité vient successivement pousser cinq chevilles qui 
garnissent un disque, placé à l'extrémité de l'arbre du cylindre. 
Celui-ci est évidé, percé à jour pour le rendre plus léger et éviter 

Fig. 84. 




le plus possible les effets de l'inertie dans ses mouvements alter- 
natifs; il porte à son tour deux couronnes de chevilles qui pé- 
nètrent dans les trous de la pellicule et l'entraînent dans un mouve- 
ment brusque et intermittent. 



100 



CHAPITRE 11. 



La pellicule placée librement sur un axe fixé au-dessus de tout 
le système, descend dans un couloir à ressort garni de velours, et 
passe devant la fenêtre qui donne accès à la lumière ; elle s'inflé- 
chit au sortir de ce couloir sur un axe porté sur un ressort, puis 



Fig. 85. 




elle va s'enrouler sur la bobine de réception, qui à son tour est 
entraînée par le mécanisme de l'appareil. 

Le cylindre est calculé de façon à recevoir des films perforés au 
pas d'Edison. 

Tout cet appareil est compact, solide et remarquable par la sim- 
plicité de son mécanisme; mais sa marche est un peu bruyante, 
ce qui n'a pas une grande importance; enfin, il est d'un prix très 
abordable. 



Cinébibliographe {fig- 86). — Un rouleau de pellicule contenu 
dans une boîte fixée à la partie supérieure de l'appareil donne 
passage par une fente étroite au film sensible; celui-ci s'engage 
dans un couloir garni de velours sur une de ses faces, et celle-ci est 
percée d'une fenêtre qui limite l'image à photographier; une porte 
à charnières maintient la pellicule bien aplatie contre la paroi 
antérieure, et cela grâce à une plaque portée sur des ressorts et fixée 
elle-même à la porte mobile. Au sortir du couloir, la pellicule est 
prise entre deux rouleaux de caoutchouc de diamètres inégaux : 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 101 

l'un d'eux, le plus grand, est évidé sur une partie de son pourtour, 
de façon à ne pas agir sur la pellicule pendant un certain temps. 
Cet évidement est égal à la surface de la fenêtre aux images. Enfin, 
tout à fait au-dessous, un cylindre creux présentant une ouverture 

Fie. 86. 




Fie. 8- 




longitudinale prend la pellicule à sa sortie du couloir et l'enroule au 
fur et à mesure de son arrivée. 

Un arbre muni d'une manivelle mue à la main actionne à la fois 
les rouleaux compresseurs, au moyen d'une roue dentée qui agit 
directement sur un pignon que porte le gros rouleau; le petit est 
entraîné par friction, et par une poulie et une courroie il actionne 
à son tour le rouleau récepteur. 

L'axe principal commande en même temps un second pignon 
qui porte l'obturateur : celui-ci est formé par un tambour creux 
dont le pourtour est évidé de façon à laisser passer la lumière par 
intermittence. Ce système a l'avantage de simplifier tous les mou- 
vements et il évite les renvois par pignons d'angle. 

Enfin un objectif simple de r j cm de foyer donne des images de 
4 cm sur 3 cm . 

Le cinébiblioscope {fig. 87) sert à regarder les images faites au 
moyen du cinébibliographe. 



102 



CHAPITRE H. 



Il se compose d'un bâti formé de deux joues réunies par cinq 
traverses. 

Les deux inférieures n'ont pour objet que de tenir en place les 
deux côtés; au-dessus d'elles une autre traverse sert d'axe à un 
quart de cercle denté que commande un petit pignon encastré dans 
une des joues; en plus, sur l'axe est fixée une pince dans laquelle 
on serre le bloc des photographies positives sur papier. 

Un des axes supérieurs sert de pivot à une sorte d'onglet contre 
lequel vient buter le bord libre du bloc de photographies. 

L'axe opposé porte une loupe servant à regarder les épreuves en 
les amplifiant légèrement. 

Cinématographe des familles de Faller. — Le petit appareil que 
représente la Jig. 88 est une sorte de jouet, mais qui donne 



Fig. 




cependant de petites images suffisantes. La pellicule, au pas d'Edi- 
son, est portée sur le rouleau A, passe dans une coulisse ajourée B 
et est entraînée par la roue à rochet C. Un pignon relié à l'axe prin- 
cipal donne le mouvement à l'obturateur. Une simple lampe au pé- 
trole F produit la lumière nécessaire et la projette sur un conden- 
sateur H; enfin un petit objectif à très court foyer I projette l'image. 



Cinématographes à système oscillant de M. F. Gossart. — Dans 
tous les appareils que nous venons de décrire l'objectif est fixe, 
la pellicule sensible seule se meut et s'arrête brusquement pendant 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 103 

la durée de la pose. De là l'obligation de n'employer que des temps 
de pose extrêmement courts, de laisser à l'objectif la plus grande 
ouverture possible, toutes conditions qui rendent plus difficile 
l'obtention des clichés, ceux-ci manquant de pose ou de netteté. 
Grâce au système ingénieux de M. Gossart, ces deux difficultés 
sont vaincues de la manière la plus heureuse, comme il sera facile 
de s'en convaincre par les descriptions suivantes, rédigées par 
l'inventeur lui-même. 

J'ajouterai que les images obtenues avec cet instrument peuvent 
facilement atteindre une dimension de beaucoup supérieure (9 e " 1 ). 
C'est là un très grand avantage dans le cas des recherches chrono- 



Fig. 89. 




X 



D' 



I 

1 



D 









graphiques, et que seul l'appareil de M. Marey pouvait donner 
jusqu'à présent. 

Le principe de l'appareil est le suivant : faire dérouler une 
pellicule d'un mouvement uniforme devant un objectif ayant au 
moment de la pose la même vitesse dans le même sens. 

Dans ces conditions, le mouvement relatif de la pellicule par 
rapport à l'objectif est nul et l'on se trouve dans la situation du 
photographe qui, monté sur un bateau, prend une vue de la rive. 
L'épreuve sera nette si le déplacement du bateau pendant le temps 
de pose (à l'échelle de l'image) est inférieur à un -^ de millimètre, 
avec une pose de ~ de seconde; à l'échelle de ^ le bateau peut 
avoir une vitesse de 5 m . 

La pellicule sensible est enroulée sur une bobine B {fig- 89), dont 
l'axe est horizontal; elle passe verticalement dans un châssis muni 
de deux rouleaux de renvoi r, r' et vient s'enrouler sur une 



104 CHAPITRE II. 

seconde bobine B' animée d'un mouvement de rotation uniforme. 

L'objectif O est monté sur un disque D tournant autour d'un 
axe horizontal XY perpendiculaire aux axes des bobines, de sorte 
que le plan du disque D est parallèle au plan rr' de la pellicule. 

Si l'axe de la bobine B' et l'axe XY sont animés d'un même 
mouvement de rotation, si, de plus, la distance du centre de l'ob- 
jectif O à l'axe XY est égale au rayon de la bobine B', le centre 
de l'objectif a la même vitesse tangentielle qu'un point quelconque 
situé sur le cylindre de la bobine B' : appelons V cette vitesse. 

Entre les points r et r' la pellicule est animée d'une vitesse ver- 
ticale V de haut en bas. Si l'on considère le moment où l'objectif 
venant d'en haut passe par l'horizontale qui coupe l'axe XY, la 
vitesse du centre de l'objectif est alors verticale de haut en bas et 
égale à V. C'est le moment de la pose qui sera limitée par cette 



l ë- 9 ] 



Fig. 90. 





condition {fig. 90) que l'arc de cercle décrit par le centre de l'ob- 
jectif ne devra pas s'écarter de la tangente verticale de plus de -^ 
de millimètre, et que la longueur de cet arc ne sera pas supérieure 
à yô de millimètre à la seconde. 

On voit que de cette manière on pourra obtenir une image à 
chaque tour de l'objectif et que la hauteur de l'image sera égale à 
la circonférence décrite par le centre de l'objectif. 

Il ne m'a pas été possible de réduire à moins de 20 mm la distance 
du centre de l'objectif à l'axe (bien qu'on puisse facilement ré- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 105 

soudre la question) ('), et j'ai été conduit à placer deux objectifs 
identiques sur un même diamètre du disque D pour obtenir des 
images de 6 cm de hauteur. 

Dans le premier appareil construit {fig. 91) les bobines B et B' 
avaient 24 e " 1 de circonférence et permettaient d'enrouler la pelli- 
cule de i3 Cm de largeur; la distance du centre des objectifs à l'axe 
était égale à ig" 1 " 1 , ravon correspondant aune circonférence de i2 cm ; 
cet axe avait une vitesse double de celui de la bobine B', de façon 
à obtenir pour le centre de l'objectif la même vitesse tangentielle 
que celle de la pellicule. 

Enfin, un obturateur formé d'un disque en carton D' percé d'une 
ouverture tournait autour d'un axe X'Y' parallèle à XY avec une 
vitesse double, de manière que son ouverture venait croiser chacun 
des objectifs au moment de la pose. 

Les objectifs étaient en outre séparés de la pellicule par une 
plaque fixe P percée d'une ouverture vis-à-vis la position de la pose. 
Cette ouverture ne se découvrait qu'au moment où elle se trouvait 
en correspondance avec celle de l'obturateur. 

Le châssis dans lequel passe la pellicule ne laisse à découvert 
vis-à-vis la position de la pose qu'une hauteur de 6 cm de pellicule. 

Le défaut de cet appareil était de nécessiter l'emploi de deux 
objectifs; il fallait en outre prendre des objectifs ayant des len- 
tilles de très faible diamètre. 

J'aurais pu adopter la solution indiquée dans la note ci-dessous 



( ' ) Polit faire tourner un objectif autour d'un axe aussi rapproché que l'on veut 
de son centre, il suffit de prendre une plaque porte-objectif dont on fait tourner 



4 ! 



Fig. 92. 





B ' ( \ 


x-- y V J 


b;/ \ 



deux points A., A' {fig. 92) autour de deux manivelles égales et parallèles AB, A' B'. 
Je n'ai point adopté cette solution. 



io6 



CHAPITRE II. 



(p. io5). Pour remédier à ces inconvénients, j'ai préféré la solution 
suivante : 

L'obturateur D' (fîg- g3) est fixé sur un plateau porté par l'axe 
X'Y'; je prends sur ce plateau un point A' tel que la circonférence 
décrite par ce point tournant autour de l'axe X'Y' soit égale à la 
hauteur de l'image et je place en ce point une vis A'. 

2 7iX' A' = hauteur de l'image. 

La vis A' a une vitesse tangen tielle égale à la vitesse V de la pellicule . 

L'objectif, au lieu de décrire une circonférence de rayon XO, est 
monté sur une plaque porte-objectif qui peut osciller autour d'un 
axeXY parallèle à X'Y' et dans le même plan horizontal; la distance 
XO de cet axe à l'objectif peut être quelconque et n'est limitée 
que par les dimensions que l'on veut donner à l'appareil. 

La fig. q3 montre le dispositif qui permet de donner à l'ob- 

Fig. 9 3. 



D ' Obturateur 




jectif le même mouvement que celui de la pellicule au moment de 
la pose. 

D, plaque porte-objectif oscillant autour de l'axe XY; 

O, objectif vissé sur la plaque; 

D', obturateur tournant autour de la plaque X'Y'. 

Du point X, comme centre, je décris la circonférence XO ; du 
point X', la circonférence X'A'; je mène la tangente commune aux 
deux circonférences A, A'; je visse sur la plaque porte-objectif 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 10; 

une vis A et je relie les deux vis A et A' par une bielle ('). 

La vis A' décrit une circonférence autour de X', la vis A pen- 
dant ce temps oscille autour de X sur la circonférence AO'. 

Au moment où la ligne AA' est tangente aux deux circonférences, 
les deux vis A, A' ont la même vitesse tangentielle; mais tous les 
points de la circonférence OA ont la même vitesse tangentielle; 
au point O la tangente est verticale, l'objectif a donc à cet instant 
la vitesse V. C'est à ce moment que l'ouverture de D' se trouve 
vis-à-vis de l'objectif, pour permettre la pose. Comme dans le pre- 
mier appareil, l'axe X'Y' tourne quatre fois plus vite que l'axe de 
la bobine B' dont la circonférence correspond à quatre hauteurs 
d'image. Ces deux axes sont reliés par des engrenages. 

Je me suis du reste servi du premier appareil pour construire le 
second par transformation. 

Cette transformation avait pour but non seulement de supprimer 
un objectif, mais encore de permettre d'employer un objectif ayant 
une grande ouverture et par conséquent beaucoup plus lumineux. 

Celui que j'ai adopté est le n°3 de la série de Zeiss ~-~ de i4o mni 

de foyer. Son ouverture est donnée comme ayant 25 ram alors que 
théoriquement elle doit être 



i4o 

rT~i 



22 1 



22. 



Le temps de pose est mesuré par l'arc de cercle de rayon X'O 
compris dans l'ouverture de l'obturateur D', augmenté de l'ou- 
verture de l'objectif et diminué du déplacement de l'objectif pen- 
dant la pose. 

Suivant que l'ouverture de l'obturateur D' est égale à i, 2, 3, 
4, ... ouvertures de l'objectif, on utilise environ |, f, f-, -f-, ... de la 
puissance lumineuse de l'objectif supposé entièrement ouvert pen- 
dant toute la durée du temps de pose. Cette ouverture devra donc 
être aussi grande que possible. Pour un temps déterminé elle est 
proportionnelle au rayon X'O qui se trouve limité par les dimen- 
sions de l'appareil. 



( ') On a donné à la bielle une forme en arc de cercle parce que l'objectif en 
oscillant venait rencontrer la ligne AA'. 



108 CHAPITRE II. 

Premier appareil : je prends X'O = 4X0. L'axe X' tourne deux 
fois plus vite que l'axe X. 

Deuxième appareil : X'0= 8XA'. Au moment de la pose l'ob- 
jectif O a la même vitesse que A'. 

Le déplacement de l'objectif pendant la pose, dans le premier 
appareil, ne doit pas dépasser 2 mm . En réalité, étant donné qu'au 
commencement et à la fin de la pose l'objectif ne laisse passer 
qu'une quantité de lumière négligeable, nous pourrons facilement 
porter ce déplacement à 3 ram . J'appelle O l'ouverture de l'objectif, 
O x X l'ouverture de l'obturateur. 

Pendant que l'objectif parcourt 3 ram l'ouverture de l'obturateur 
parcourt 3 mm x 8 ; j'ai l'équation suivante : 

+ OxX- 3 mm = 24 mm ; 



o 



L'ouverture de l'objectif est de g T 



X = 



'9. 



l'ouverture de l'obturateur est donc de ig min et permet par con- 
séquent d'utiliser les f de la puissance lumineuse de l'objectif. 

L'appareil fait vingt-cinq épreuves à la seconde, le déplacement 
pendant une demi-seconde est de 6o ram ; un déplacement de 3 mi " 
correspond donc à ■— de seconde. 

Dans le deuxième appareil le déplacement de l'objectif pendant 
la pose peut être plus grand, parce que l'arc de cercle sur lequel se 
déplace l'objectif étant plus grand s'écarte moins rapidement de 
sa tangente; nous pourrions porter ce déplacement à 5 ram : nous 
avons alors, avec une ouverture de 25 mm , l'équation 



25 + 25X 



4o, 



X 



44-25 

25 



20 . 

25 J 



l'ouverture de l'obturateur ne serait plus que de 20 mm et ne per- 
mettrait d'utiliser à aucun moment de la pose toute l'ouverture 
utile de l'objectif. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. IOQ. 

Si, au lieu de prendre un seul obturateur, nous en prenions 
deux superposés et tournant en sens inverse, nous arrivons à utili- 
ser une beaucoup plus grande partie de la puissance lumineuse de 
l'objectif. En supposant que l'ouverture de ces obturateurs est au 
moins égale à l'ouverture de l'objectif, nous pouvons établir que : 
suivant que l'ouverture des obturateurs est égale à 2, 3, 4< ••• fois 
la moitié de l'ouverture de l'objectif, on utilise environ |, f, |, ... 
de la puissance de l'objectif. 

Le temps de pose est mesuré par l'ouverture de l'obturateur; 
\dijlg. 94 montre le moment où la pose va commencer; elle sera 

F' S- Dé- 




terminée lorsque l'ouverture de l'obturateur 1 aura pris la place 
de l'ouverture de l'obturateur 2 ; à ce moment l'ouverture de 
l'obturateur 2 aura pris la place de l'ouverture de l'obturateur 1 ; 
le déplacement de l'obturateur pendant la pose est égal à son ou- 
verture. 

Il n'est pas facile pratiquement d'obtenir deux obturateurs su- 
perposés tournant en sens inverse autour du même point, comme 
nous l'avons supposé pour la démonstration; mais j'arrive au même 
résultat de la manière suivante. Je conserve l'obturateur D' tel 
qu'il est et je monte sur l'axe X'Y' {Jig- 90) une roue dentée qui 



I lO 



CHAPITRE II 



engrène avec un pignon quatre fois plus petit, monté sur un axe 
X"Y" portant le deuxième obturateur D" et placé de telle manière 

que OX" = 7 OX'. L'ouverture de ce deuxième obturateur passera 

4 
quatre fois derrière l'objectif à chaque tour de l'obturateur D', mais 



Fig. 95. 




il n'y aura qu'une seule fois coïncidence entre les deux ouvertures 
des deux obturateurs. 

Cette solution, qui a été adoptée, permet, comme on le voit, de 
mieux utiliser l'objectif, sans augmenter en aucune façon les dimen- 
sions de l'appareil. 

Le mouvement de la pellicule est déterminé par son enroulement 
sur la bobine B' dont le diamètre va constamment en augmentant, 
à mesure que la pellicule s'enroule. Celle-ci ayant une épaisseur de 
j^-de millimètre, le diamètre augmente de-^- de millimètre à chaque; 
tour, ce qui fait varier la vitesse de la pellicule, tandis que la 
vitesse de l'objectif reste constante. Il n'y a pas d'inconvénient à 
cela tant que les espaces parcourus pendant le temps de pose ne 
différeront pas de plus de ■— de millimètre. Si nous supposons que 
le déplacement de l'objectif pendant le temps de pose soit de 4 ram > 
le déplacement de la pellicule pourra varier entre 3 ,nm ,5 et 4 mm } i; 
la circonférence de la bobine, qui est soixante fois plus grande, 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 1 1 l 

pourra donc varier entre 234 mm et 246 rnm , ce qui donne une diffé- 
rence de i2 mm et par conséquent une différence de 3 mra environ 
pour le diamètre. Nous pourrons donc enrouler 20 tours de pelli- 
cule, à la condition de prendre pour diamètre de la bobine nue un 
diamètre inférieur de 2 mm au diamètre théorique. 

La bobine B sur laquelle est enroulée la pellicule sensible tend 
constamment à tourner en sens inverse de la bobine B' pour tendre 
la pellicule. Un ressort en spirale est fixé à l'axe de cette bobine et 
est placé dans un barillet dans lequel il n'est pas arrêté, de sorte 
qu'il glisse dès qu'il a une certaine tension. 

L'axe de cette bobine peut être arrêté par un frein à corde, et la 
corde est tendue par un ressort. 

Lorsqu'on remonte l'appareil, la bobine B' tend à tourner, la 
pellicule se tend et la bobine B étant arrêtée par le frein, il ne peut 

Fig. 96. 



x- 



X- 



D' 



Eu 11 
Y' 



B 



D 



^ 



B' 



y avoir de mouvement. En pressant sur un bouton, on détend le 
ressort du frein, la bobine B peut tourner, l'appareil se met en 
mouvement et s'arrête immédiatement dès qu'on cesse de presser 
sur le bouton. 

Une aiguille fixée sur l'un des axes du mécanisme d'horlogerie 
indique à chaque instant le nombre de photographies faites. 

Tout le système est contenu dans une boîte parallélépipédiquc 
ayant 20 c,n de hauteur sur 20 m de longueur et de largeur. 

Cette boîte (Jig. 96) est partagée en trois compartiments par 
deux cloisons verticales. 

Le compartiment B renferme le mécanisme d'horlogerie qui fait 



I 12 CHAPITRE II. 

tourner l'axe de la bobine B' et l'axe X'Y' de l'obturateur. Le 
compartiment A renferme l'objectif et l'obturateur. La chambre 
noire CD est divisée en deux compartiments parle châssis; le com- 
partiment D renferme les bobines B et B' et les rouleaux de renvoi 
R, R' qui font partie du châssis. 

Les appareils qui viennent d'être décrits donnent de très bons 
résultats pourla Photographie, mais ils ne pourraient être employés , 
même avec des modifications, pour le cinématographe. 

En premier lieu, les images qu'ils donnent sont beaucoup trop 
grandes; il faudrait i m ,5o de pellicule pour une seconde, soit 90" 1 
pour une minute; à raison de 3 fr le mètre, le négatif pour une mi- 
nute reviendrait à 270''', sans tenir compte des clichés manques. 
Avec ces grands négatifs, il est à peu près impossible d'obtenir des 
positifs ayant exactement la même longueur que les négatifs; car 
la pellicule se dilate toujours plus ou moins, il y a toujours des 
glissements et l'enroulement sur les bobines ne se fait pas d'une 
manière absolument précise. Tous ces petits défauts n'ont aucune 
importance pour les études de Chronophotographie, mais ne peuvent 
être admis pour les épreuves animées : à la projection les images 
oscilleraient, et ne produiraient pas l'illusion que doit donner un 
cinématographe bien construit. 

Pour remédier à tout cela, M. Gossart a modifié ainsi ses pre- 
miers appareils. 

Il se sert de pellicules de 35 mm de largeur, perforées de chaque 
côté de 2 cm en 2 e " 1 (fi g. 97), l'intervalle entre les deux lignes de 



Fis 



97- 



— o~ 

1 


— 


- t —- 


— -0— 

1 


— 


-9- 
1 


1 

n 


1 
1 
1, 

1 


so 


1 

1 


1 
1 

— 4~ 


20 


1 
1 

-*i 


! ! 

1 1 


1 

—4- 





1 

--e 


1 


— 


1 
-à- 


! 

1 



perforation est de 28 mra . Cette pellicule passe en engrenant sur un 
cylindre portant des dents correspondant aux perforations, ce qui 
sert à régler son mouvement, comme le faisait la bobine B' (fig. 98) 
dans le premier appareil. 



I lo 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 

La pellicule enroulée sur une bobine B (fig. 98) passe dans un 

Fig. 98. 




châssis muni de deux rouleaux de renvoi /', /*' et d'une fenêtre F, 

Fig- 99- 




passe ensuite sur le cylindre à dents G' et vient s'enrouler sur la 
bobine B'. 



T. 



I I \ CHAPITRE II. 

L'axe du cylindre G et l'axe de la bobine B' reliés par leur en- 
grenage tournent en sens inverse avec la même vitesse, la bobine B' 
est montée à friction sur son axe et le diamètre de son noyau 
est un peu supérieur à celui du cylindre C, de sorte que la pelli- 
cule est constamment tendue entre G et B' par la friction de la 
bobine sur son axe. 

L'obturateur est encore un disque de carton D' percé d'une 
ouverture qui passe à chaque tour devant la fenêtre F. En raison 
de la petitesse de l'image, il a été possible d'employer dans cet 
appareil un obturateur de plaques, tandis que dans les premiers 
modèles il était nécessaire d'avoir un obturateur d'objectif. 

Le porte-objectif est une plaque rectangulaire verticale qui se 
déplace en restant toujours parallèle à elle-même, deux de ses 
points tournant autour de deux arbres coudés X, A (fîg. 99), XA 



Fig. 



100. 



D b 




D à 



étant le rayon d'une circonférence dont le développement est égal 
à la hauteur de l'image. 

Au moment où le porte-objectif est le plus rapproché possible 
de la pellicule, ce qui a lieu lorsque XA est horizontal, le porte- 
objectif a une vitesse verticale égale à celle de la pellicule, puisque 
le point A a une vitesse tangentielle égale à celle de la pellicule 
et le moment de la pose, la durée de celle-ci étant limitée par la 
condition que la différence entre l'arc et la corde soit inférieure 
à. — de millimètre et que la flèche de cet arc soit inférieure à la 
profondeur du foyer de l'objectif. 

Le porte-objectif {fig. 100) porte à sa partie postérieure un 
tube fermé par un fond qui présente une ouverture un peu plus 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. [l5 

petite que l'image. Cette ouverture forme les cadres de l'image, 
elle ne laisse passer que les rayons lumineux compris dans le 
champ de l'image qu'elle suit dans son mouvement pendant le 
temps de pose. 

Les deux arbres coudés X, A peuvent tourner dans les coussinets 
de deux bielles 6, b vissées sur le porte-objectif D. 

La roue d'engrenage fixée sur l'arbre C, qui met en mouvement 
l'axe de la bobine B', fait tourner également un pignon six fois plus 
petit fixé sur l'arbre X de Fun des arbres coudés. 

Ces deux pièces sont reliées entre elles, non seulement par les 
bielles b : 6, mais encore par deux roues dentées, fixées sur les arbres 
X, A, Y et reliées entre elles par une roue intermédiaire de même 
diamètre. L'axe de cette roue aa {fig- 99) porte un pignon d'angle 



Fig. 101. 



B 



D 



E 



qui fait tourner l'axe sur lequel est fixé l'obturateur D'. Cet axe aa 
est porté par deux ponts fixés de chaque côté de la platine PP, qui 
présente un trou pour le passage du pignon d'angle. 

Le cylindre C, dont le développement est égal à la hauteur de 
six images, porte six dents de chaque côté. C'est pour cette raison 
que le pignon X est six fois plus petit que la roue dentée de 
l'arbre C. 

Un mouvement d'horlogerie placé entre deux platines, la pla- 
tine PP et une platine placée à droite de PP, met en mouvement 
l'arbre A et par suite tout le système. 

Un frein à corde est monté sur l'axe X'Y', qui porte l'obtura- 



Il6 CHAPITRE II. 

teur. En pressant sur un bouton on desserre le frein qui agit de 
nouveau dès qu'on cesse la pression. 

On a de cette manière un mouvement de rotation continu pour 
l'objectif au lieu d'un mouvement alternatif. Un contrepoids G, 
fixé sur l'arbre coudé inférieur, maintient le système en équilibre 
et donne plus de régularité au mouvement de rotation. 

Les trois platines, P'P', PP et celle de droite, reposent sur un 
plateau horizontal sur lequel elles sont fixées à l'aide de vis. 

L'appareil peut fonctionner tel quel pour la reproduction des 
images; pour la Photographie il doit èlre enfermé dans une boîte 
parallélépipédique d'environ 3o cm de hauteur, 2 2 cm de longueur et 
2 2 cm de largeur. L'un des côtés formant porte à glissière peut être 
retiré; la fig. 102 montre l'appareil dans la boîte, la porte enlevée. 

Le côté antérieur de la boîte {fig. 1 02 ) porte vis-à-vis de l'objectif 
un tube double composé d'un tube extérieur qui enveloppe l'ob- 
jectif et d'un tube intérieur concentrique, maintenu dans le pre- 
mier par un diaphragme ; ce tube intérieur s'engage dans le para- 
soleil de l'objectif. Celui-ci se meut entre ces deux tubes qui 
empêchent la lumière de pénétrer dans la boîte. 

L'objectif employé est un objectif à portraits de la série G de 
Dallmeyer, dit objectif miniature. Le foyer absolu est de quatre- 
vingts et quelques millimètres, l'ouverture des lentilles est déplus 
de 3o mm . Il est très lumineux, ne couvm bien qu'une très petite 
image et est très difficile à mettre au point. 

Ces inconvénients sont du reste une conséquence forcée de la 
très grande ouverture de l'objectif. 



P'P'. — Platine antérieure. 

PP. — l'iatine médiane. 

Le mouvement d'horlogerie se trouve placé entre la platine PP et, une 
platine postérieure. 

Les axes des bobines sont fixés et calés sur la platine PP ; la roue dentée B' 
tourne autour de l'axe B et entraîne par friction un tube entourant cet axe 
sur lequel se fixe la bobine B'. 

B. — Axe de la bobine supérieure. 

B'. — Axe de la bobine inférieure: I er cercle, noyau de la bobine; 
2 e cercle, roue dentée; 3 e cercle, face de la bobine. 

C. — Axe du cylindre à dents : 1 e1 ' cercle, cylindre à dents; 2 e cercle, 
roue d'engrenage engrenant avec la roue B'. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



1 [' 



XX. — Pivots des axes coudés XA : en bas, i cr cercle, pignon engrenant 
avec la roue G'; 2 e cercle, roue dentée engrenant avec la roue intermé- 
diaire qui engrène avec la roue supérieure; au centre, pignon d'angle 
mettant en mouvement l'axe X' qui porte l'obturateur D'. 

G. — Contrepoids monté sur XA. 

Fig. io2. 



-■" • ■■' -. ^" T " •-•' : : " ~ ' •■••."•■■• " • ' 



: :„, . 7". ;: 




i. ' ~ •"••. ~~' — '"•• 



Coupe élévatoire du porte-objectif. 

O. — Objectif avec parasoleil vissé par son milieu dans le porte-objec- 
tif DD. 

b, b, b. — Une des bielles fixées au porte-objectif avec ses coussinets 
dans lesquels sont engagés les arbres coudés A. 

T. — Prolongement du tube de l'objectif formant parasoleil. 

T'. — Tube formant chambre noire. 

F. — Fond du tube présentant une fenêtre qui sert de cadre à l'image. 



Cinématographe de MM. Schmidt et André Christophe. — Dans 
tous les appareils que nous venons de passer en revue, le mouve- 
ment de toutes les pièces qui concourent à l'entraînement de la 



I 1 8 CHAPITRE II. 

pellicule et à l'ouverture de l'obturateur s'obtient à la main. 
De là une certaine difficulté pour obtenir une régularité absolue 
dans la vitesse de déroulement de la bande porte-images, et quel- 
quefois il serait utile de pouvoir produire des épreuves absolument 
semblables comme temps de pose et comme vitesse de succession. 

Dans le but de remédier à ce défaut, MM. Schmidt et André 
Christophe ont combiné un cinématographe mû par un mouvement 
d'horlogerie. 

L'instrument qu'ils ont construit est de très petit volume, malgré 
cette adjonction, et sa manœuvre est des plus simples; il demande 
seulement un peu plus de soin que les autres, car ses organes sont 
assez délicats et risqueraient de se fausser s'ils étaient manœuvres 
sans soins suffisants. 

Ici encore les organes qui composent le mécanisme d'entraîne- 
ment de la pellicule sensibilisée sont animés d'un mouvement rotatif 
continu, ce qui permet d'éviter les chocs et les vibrations qui se 
produisent fatalement dans les appareils à mouvements alternatifs 
saccadés. 

La pellicule est enroulée sur un tambour mobile, qui peut 
tourner librement sur un axe qui traverse un axe cylindrique pré- 
sentant une fente longitudinale. Un couvercle vient recouvrir cette 
enveloppe; il porte une fente similaire à celle de l'enveloppe, et 
c'est à travers ces fentes, lorsqu'elles sont en concordance, que se 
débite la pellicule. 

Quand cet appareil de distribution de la pellicule est exposé à la 
lumière, les deux fentes sont éloignées l'une de l'autre de façon 
à empêcher toute introduction de lumière pouvant atteindre la 
couche sensibilisée. Un emmanchement à baïonnette réunit l'en- 
veloppe à son couvercle et forme un tout de ce cylindre distri- 
buteur. 

Sur la joue formant le fond de l'enveloppe se trouve à l'exté- 
rieur un petit tenon qui vient s'appuyer sur un ressort fixé clans 
la boîte contenant tout le mécanisme. En faisant entrer le cou- 
vercle sur sa boîte, une butée disposée sur ce couvercle vient ren- 
contrer le tenon et fait tourner l'enveloppe d'une quantité suffi- 
sante pour mettre en regard les deux fentes. 

Le couvercle est maintenu immobile par une pièce fixe rattachée 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. t I 9 

à la boîte, de telle sorte qu'en retirant ce couvercle le ressort 
situé au-dessous fait tourner l'enveloppe, et alors les deux fentes 
ne sont plus en correspondance. 

- Après avoir traversé le mécanisme d'entraînement pour la prise 
successive des clichés, la pellicule sensibilisée vient s'enrouler sur 
un système semblable à celui que nous venons de décrire. 

Cette disposition permet d'échanger les pellicules en pleine lu- 
mière; il suffit pour cela d'enlever les distributeurs et de les rem- 
placer par d'autres préparés à l'avance. On a seulement le soin de 
coller au bout de la pellicule une bande de papier noir qui permet 
d'amorcer l'appareil sans perdre de couche sensible. 

A la sortie de l'appareil distributeur, la bande pelliculaire passe 
entre deux cadres qui lui servent de guide : l'un est fixe et l'autre, 
celui de derrière, est mobile mais appuyé contre le premier par un 
ressort. 

En avant de cette fenêtre sont placés l'objectif et le disque 
obturateur. 

L'entraînement de la bande pelliculaire est fait par deux disques 
entraîneurs calés sur un même axe et animés d'un mouvement de 
rotation continue. A cet effet, un rouleau tournant librement sur 
deux pivots fixés aux extrémités de deux ressorts presse la bande, 
au moment voulu, contre les disques qui l'entraînent alors dans 
leur rotation. 

Pendant la prise de chacune des images successives, c'est-à-dire 
quand l'ouverture de l'obturateur découvre l'objectif, la pellicule 
doit rester absolument immobile. A ce moment les disques entraî- 
neurs, tout en continuant de tourner sans interruption, cessent 
d'entraîner la bande. Pour déterminer cet arrêt de la bande, deux 
cames sont placées sur l'axe de rotation, et celles-ci éloignent à in- 
tervalles utiles le rouleau des disques. Pendant cette période du 
mouvement, la bande pelliculaire n'étant plus pressée entre le 
rouleau et les disques reste libre et immobile entre ses organes. Elle 
ne peut d'ailleurs flotter dans la partie soumise aux rayons lumi- 
neux, puisqu'elle est serrée entre les deux cadres. 

Le profil des cames est établi de telle manière que l'entraînement 
de la bande recommence en temps utile et sur une longueur déter- 
minée après chaque prise d'image; dès que l'onde de chaque came 



120 



CHAPITBE II. 

cesse d'agir sur le rouleau, celui-ci, sollicité par ses ressorts de 
suspension, se rapproche des disques et vient presser sur la bande 
qui est de nouveau entraînée dans le mouvement de rotation de ces 
disques. 

Le disque obturateur placé contre l'objectif reçoit un mouve- 
ment circulaire continu au moyen de deux pignons coniques de 
même diamètre. L'un d'eux est calé sur le même axe que les disques 
entraîneurs, et se trouve placé entre ces deux disques; l'autre est 
fixé sur l'axe de l'obturateur. De cette façon, cet obturateur 
accompagne les disques dans leur mouvement rotatif continu ; son 
ouverture démasque l'objectif pendant que les cames éloignent le 
rouleau des disques, c'est-à-dire lorsque la bande pelliculaire est 
complètement immobile. 

Pour assurer un écartement rigoureusement exactentre les images 
prises successivement par l'appareil, c'est-à-dire pour éviter les 
entraînements ou les glissements éventuels de la pellicule pendant 
ou après l'action du rouleau compresseur, la bande est dirigée en 
quelque sorte par un ressort à lame fixé à la partie supérieure du 
bâti métallique qui supporte tout le mécanisme, et portant à sa 
partie inférieure une pointe qui peut s'engager dans des ouvertures 
oblongues ménagées sur l'un des rebords de la pellicule. 

Ce dispositif permet encore d'avoir des points de repère pour la 
reproduction des images photographiques pour la projection lors- 
qu'on a remplacé la bande des négatifs par celle des positifs. 

Le ressort à lame est soumis à l'action d'un disque à profil de 
came qui écarte ce ressort à des intervalles déterminés; dès que la 
came n'agit plus par sa partie saillante, le ressort se détend et la 
pointe pénètre dans une des ouvertures oblongues de la bande 
pelliculaire. Cette pointe limite ainsi la course de la bande pour 
chacune des images. 

Le disque à cône est monté sur le même axe que les disques en- 
traîneurs, il les accompagne avec la même vitesse dans leur mou- 
vement rotatif continu. 

Le mécanisme moteur est constitué par un mouvement d'horlo- 
gerie composé d'un tambour ou barillet contenant le ressort moteur 
qui est bandé au moyen d'une clef à douille. Ce barillet porte une 
couronne dentée qui engrène avec un pignon communiquant à son 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 12 1 

tour le mouvement à l'axe principal par l'intermédiaire d'une se- 
conde roue et d'un second pignon. 

La vitesse de ce train d'engrenage, et par suite celle de tout le 
système, est réglée au moyen d'un régulateur à force centrifuge, 
dont les branches flexibles portent, vers leur partie médiane, deux 
sphères s'écartant d'autant plus que la vitesse s'accélère. En con- 
cordance du disque entraîné dans un mouvement de rotation 
continu par le train d'engrenage, se trouve un deuxième disque 
auquel sont attachées les extrémités des branches flexibles du 
régulateur; d'autre part, les branches d'un fort ressort à lame 
frottent sur chacun des disques et tendent constamment à les rap- 
procher. On comprend que ce ressort forme frein et agira avec 
d'autant plus d'énergie que les disques seront plus écartés, c'est- 
à-dire que la vitesse de rotation du système sera plus grande. 

On détermine la tension initiale du ressort au moyen d'une vis 
de réglage. 

Le système récepteur, interchangeable avec le système distri- 
buteur, est actionné de la façon suivante : un des tambours porte 
latéralement une poulie garnie d'un anneau de caoutchouc et est 
entraîné par friction par une deuxième poulie supportée à l'inté- 
rieur de la boîte. Une troisième poulie montée sur l'axe principal 
transmet le mouvement à la deuxième au moyen d'un petit câble 
flexible. 

En introduisant l'appareil récepteur dans le logement qui lui est 
ménagé dans la boîte, on presse par ce fait même sur la poulie du 
tambour; celui-ci est alors entraîné dans un mouvement de rotation 
et l'enroulement de la bande peut avoir lieu. 

Une pièce d'arrêt, actionnée par un bouton placé en dehors de 
la boîte, permet de maintenir l'obturateur fermé. En appuyant sur 
ce bouton, on déclenche l'obturateur, ce qui permet au méca- 
nisme de se mettre en mouvement. 



Graphonoscope de M. Baron. — Dans une combinaison qu'il a 
désignée sous le nom de graphonoscope, M. Baron a cherché à 
enregistrer et à reproduire simultanément les séries animées et les 
sons qui les accompagnent. 

Cet appareil se compose de deux parties distinctes, mais intime- 



122 



CHAPITRE II. 



ment liées l'une à l'autre, afin de concourir ensemble à l'obtention 
du résultat cherché. L'une de ces parties est un appareil chrono- 
photographique, servant à prendre une série de poses d'un même 
sujet en mouvement, à des intervalles très rapprochés ; l'autre partie 
consiste en un phonomicrographe excessivement sensible servant 
à l'enregistrement du son, et en un phonographe haut parleur 
pouvant se faire entendre de toute une salle. 

Ces deux appareils, reliés électriquement, marchent ensemble à 
la même vitesse, et, pendant la reproduction en projection du 
sujet photographié, les mouvements se trouvent rendus avec les 
sons qui les accompagnent, de sorte que les auditeurs voient et 
entendent les scènes et les sons reproduits comme s'ils assistaient 
à la réalité. 

L'appareil chronophotographique se compose d'une boîte en 
bois, fermée hermétiquement et divisée en plusieurs comparti- 
ments renfermant les différents organes. 

La pellicule, enroulée sur le cylindre A {fig. io3), passe sur 
les guides B et C, entre dans la glissière H, où une plaque à 



.-/ .-.-:. ,'.\v. yTTTTT. ■-.y- .- . ..-: ■: ■' •_ , _„l"il'_"'l^ . ' ;■■; ■, ^Z3 



B 



n_ 




A 



B 



M 



?':,-. y. ■. y,\-,-\yy.N\y , .\v.s\w^. v!-. y w ^v^tow^V^^ J'v^^&^wk' 




TlL 



ressort la maintient plane devant l'objectif, puis sur un autre 
guide D et arrive au cylindre entraîneur E, où elle est prise par 
huit chevilles à la fois, ce qui empêche toute éraillure des trous 
percés dans la pellicule. A la sortie du cylindre E, une fourche la 
détache des chevilles et elle passe sur le guide F pour arriver au 
cylindre G sur lequel elle s'enroule automatiquement au moyen 
d'un mouvement d'horlogerie indépendant et se remontant de 
l'extérieur de la boîte. 

La pellicule mesure 5o mm de large; l'image n'ayant que 3o mm de 



i2 ; 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 

hauteur, il reste de chaque côté une bande de i Cm de large, et 
cette partie supporte seule tous les frottements, de telle sorte que 
l'image, ne frottant sur aucun organe, est à l'abri de toute dété- 
rioration. 

Les images sont prises à raison de vingt par seconde, vitesse 
suffisante pour la bonne reproduction des mouvements les plus 
habituels. 

L'appareil par son poids, et celui-ci est assez considérable, 
offre une stabilité indispensable si l'on veut éviter les trépidations. 
Construites en acier, cuivre et aluminium, toutes les pièces méca- 
niques sont fixées sur une plaque de zinc de 5o inm d'épaisseur, de 
façon à obtenir une rigidité absolue de toutes les parties. 

L'obturateur diffère de tous ceux employés dans les autres ciné- 
matographes; il est à mouvements alternatifs, et n'est en somme 
qu'une simple guillotine à double mouvement. 



Cinématorama de M. Baron. — Le nom de cinématorama a été 
donné à un système d'appareil permettant d'obtenir la photographie 
et la projection circulaire de vues animées, au moyen du groupe- 
ment d'appareils cinématographiques entraînés simultanément 
d'un mouvement isochrone, soit à la main, soit par un moteur mé- 
canique : ces appareils concourant à la formation d'une image pa- 
noramique pouvant être projetée sur un écran circulaire. 

Cet appareil se compose de deux parties distinctes, mais se 
complétant l'une par l'autre, afin d'obtenir le résultat que nous 
venons d'énoncer. 

La première de ces parties consiste en huit appareils cinémato- 
graphiques disposés sur une plate-forme circulaire, et servant à 
prendre chacun une série de poses d'une portion de l'horizon à 
des intervalles très rapprochés. La seconde partie comporte le 
même nombre d'appareils cinématographiques, et sert à la repro- 
duction, par projection, des mêmes portions d'horizon prises par 
le premier groupe d'appareils, sur un écran circulaire en toile 
blanche de diamètre variable suivant les circonstances. 

Chaque groupe d'appareils marche à une vitesse uniforme, et, 
pendant la reproduction par projection, les vues animées se trou- 
vent reproduites de grandeur naturelle, de sorte que les specta- 



I2/J 



CHAPITRE II. 



teurs assistent à la reproduction intégrale d'un panorama, avec 
toute l'animation existant au moment de la prise des négatifs. 

Cinématographe à plaques de MM. W. Schmidt et A. Chris- 
tophe. — L'emploi des pellicules de celluloïd couvertes de gélatine 
sensible dans les appareils enregistreurs et projecteurs présente 
plusieurs inconvénients, et parmi ceux-ci l'un des plus sérieux 
est celui qui résulte du prix élevé de ces sortes de préparations; 
aussi peut-on classer jusqu'à présent la Photographie animée 
parmi les procédés de grand luxe ou de curiosités scientifiques. 

Afin de porter remède dans une certaine mesure à tous les in- 
convénients qui résultent de l'emploi des pellicules, MM. Schmidt 
et Christophe ont combiné un appareil qui permet de substituer 
les glaces aux films. 

La série des clichés constituant l'ensemble de la vue à prendre 
ou à projeter est fractionnée sur plusieurs plaques, de dimensions 
égales et pouvant se substituer les unes aux autres. 

Un mouvement de rotation continu, imprimé au mécanisme de 
l'appareil combiné à cet effet, extrait successivement les plaques 
d'un magasin où elles sont disposées; il les fait passer devant un 
objectif en déterminant les arrêts nécessaires à la pose de chacun 
des clichés qu'une plaque peut comporter, ouvre et ferme en 
temps utile l'obturateur, continue l'entraînement des plaques et 
finalement les conduit au fur et à mesure dans un magasin récep- 
teur d'où elles seront retirées une fois l'opération terminée. 

Les figures qui accompagnent cette description feront com- 
prendre facilement le mode de construction de l'appareil et son 
fonctionnement. 

La fi g. ioo est une élévation sectionnelle en projection de la 
fig. 104. 

La fi g. 106 est une vue de face du dispositif à échappement 
produisant l'entraînement des plaques. 

La fig. 107 représente en élévation et en coupe une plaque pho- 
tographique avec rebords métalliques en U dans lesquels sont pra- 
tiquées des entailles. 

Vers la partie supérieure de la boîte Z {fig- 104 et 106) se 
trouve le magasin l dans lequel sont introduites, par une ouver- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. J2> 

tare ï, les plaques photographiques X, qui se trouvent ainsi pla- 

Fig. 104. 




cées les unes devant les autres. Ces plaques sont disposées dans des 



Fig. io,5. 



Scctwjiab 






'*« 



% 



châssis métalliques, dont les rebords portent des entailles ser- 









I2() 



CHAPITRE II. 



vaut de repères pour l'espacement régulier des images et les arrêts 
d'entraînement correspondant aux périodes d'exposition, lorsque 
l'ouverture de l'obturateur M passe devant l'objectif. 

Les plaques X sont guidées dans le magasin I par des cornières 
entre lesquelles coulisse également le fond mobile. Deux câbles 

Fia;. 106. 




élastiques en caoutchouc cl, faisant fonction de ressorts, tendent 
à rapprocher le fond vers l'avant du magasin I. Les câbles 
élastiques sont d'abord fixés par leurs deux extrémités au fond 
du magasin I, puis ils passent sur les galets ci disposés à l'avant; 
ils sont ensuite reliés au fond mobile par d'autres galets. La ten- 
sion des câbles tend à rapprocher le fond de l'avant du magasin, 
ce qui fait avancer les plaques X et les amène au-dessus de l'ou- 
verture i, qu'elles traversent les unes après les autres pour sortir 
du magasin lorsque la griffe d'entraînement les fait s'abaisser 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 11~ 

devant l'objectif et de là entrer dans le magasin récepteur F dont 
la disposition et la forme intérieure sont similaires à celles du 



magasin T. 



Toutes les plaques du magasin I ayant passé dans le magasin 
récepteur I', après avoir été impressionnées, le magasin I pourra 
servir à son tour de récepteur en le disposant alors à la place 
qu'occupait le précédent. Pour continuer à opérer, on remettra 
à la partie supérieure de l'appareil un nouveau magasin I muni de 

Fig. 107. 



1 



X' 



X" 



plaques non impressionnées par la lumière; après avoir pris la 
précaution de baisser le volet qui peut fermer la fenêtre derrière 
laquelle passent tous les plaques. 

L'extraction des plaques photographiques du magasin et leur 
entraînement s'opèrent au moyen du mécanisme suivant : 

Dans une rainure ménagée sur le bâti, coulisse la tige d'un 
échappement 1, qui reçoit un mouvement de va-et-vient rectiligne 
au moyen d'une manivelle 2 ; un bouton 3 frotte contre les bases de 
cet échappement, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, selon que la 
tige monte ou descend; pendant le mouvement circulaire de cette 
manivelle 2, lorsque le bouton 3 n'est plus en contact avec l'échappe- 
ment, celui-ci reste immobile. Sur la tige de l'échappement 1 sont 
fixés deux ressorts 4 et 5 qui s'appuient contre les rebords métal- 
liques X' {fig. 107) sur lesquels sont disposées les encoches ou 






128 



CHAPITRE II. 



crans X' ; . En outre, sur cet échappement est fixé un étrier6 dont le 
petit côté, en forme de rampe, vient agir sur le tenon 7 d'un ressort 
d'arrêt 8 fixé en un point du bâti 9, en écartant latéralement ce ressort 
lorsque l'échappement descend. Lorsque le ressort 8 est libéré vers 
la fin de la course descendante de l'échappement, son extrémité 
rectangulaire s'engage dans les encoches de même forme des re- 
bords métalliques X' et immobilise absolument la plaque photogra- 
phique correspondante pendant le temps nécessaire à la prise ou 
à la projection d'un cliché. Les magasins I et I' présentent chacun 
une ouverture pour l'introduction de la partie rainurée du bâti 9 
dans laquelle coulisse la tige de l'échappement 1. En introduisant 
le magasin I dans le bâti Z, la griffe supérieure à ressort 4 viendra 
s'engager dans la première entaille inférieure X" du rebord mé- 
tallique de la première plaque photographique. 

La mise en action de tout le mécanisme est donnée par le mou- 
vement rotatif continu qu'on imprime à l'arbre 10 sur lequel est 
montée la manivelle d'entraînement 2. Cet arbre 10 est actionné 
soit au moyen d'une manivelle à main calée sur un axe et d'une 
chaîne sans fin 15, engrenant avec la roue dentée 13 et le pignon 14, 
soit par un moyen mécanique ou électrique quelconque. 

La manivelle 2 recevant de la sorte un mouvement circulaire 
continu, son bouton 3 agit sur l'échappement, le fait descendre et 
s'élever à intervalles réguliers afin d'accomplir les fonctions d'en- 
traînement, d'arrêt et d'introduction dans le magasin I des plaques 
photographiques passant successivement devant l'objectif. La 
griffe 5 s'engage également dans les entailles X"; elle concourt à 
ces opérations successives et opère la rentrée de chaque plaque 
dans le magasin récepteur F. 

Pendant la période ascendante de l'échappement 1 les griffes 4 
et 5 sont comprimées contre les rebords X'; aussitôt au sommet 
de la course, elles pénètrent dans les entailles X" de ces rebords 
et entraînent ainsi périodique ment, lors de la période descendante, 
ces plaques X sur une longueur correspondant à chacune des images 
prises successivement. 

Pour permettre l'introduction des plaques X dans le magasin ré- 
cepteur I', le constructeur a disposé sur l'axe 10 une vis sans 
fin 16, qui entraîne une roue dentée 17; sur l'une des faces de la 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 120. 

roue dentée il existe une ou plusieurs saillies 18 qui agissent sur le 
talon supérieur 19 d'un levier à deux branches 20 monté sur l'axe 
principal et portant à sa partie inférieure un rouleau 22. Par le fait 
de l'oscillation périodique du levier 20 causée par les saillies 18, 
le rouleau 22 fait légèrement reculer en arrière la dernière plaque 
introduite dans le magasin I, au moment où la suivante doit com- 
mencer à pénétrer dans l'orifice i de ce magasin. 

On comprend que toutes les plaques sortent du magasin en se 
juxtaposant les unes sur les autres et qu'elles entrent dans le ré- 
cepteur 1' dans l'ordre même de leur entraînement; il suffira donc 
de numéroter les plaques au sortir du magasin pour conserver les 
clichés dans l'ordre des mouvements qu'a fixés l'appareil. 

L'arbre 10 de l'appareil porte encore, calé près de la vis sans 
fin 16, un pignon conique central qui transmet un mouvement rota- 
tif continu à l'obturateur M par l'intermédiaire d'un deuxième 
pignon. L'ouverture de cet obturateur vient démasquer l'objectif 
au moment où la plaque s'arrête dans sa descente. La chambre noire 
est formée par le bâti lui-même. 

On peut observer que la succession rapide des passages brusques 
de la pleine lumière à l'obscurité, dans les appareils reproduc- 
teurs du mouvement, produisent sur l'écran récepteur des images 
projetées un tremblement particulier fatigant pour la vue. Pour 
éviter cet inconvénient, l'obturateur est modifié, et se trouve com- 
posé d'une matière permettant d'obtenir, suivant la génératrice 
de cet obturateur, d'abord une zone de légère transparence, puis 
de lucidité suffisante pour masquer sur l'écran le mouvement de 
translation des images, tout en laissant cet écran toujours frappé 
par une lumière diminuant graduellement après chaque image et 
augmentant progressivement d'intensité à l'approche de la suivante. 
Comme la translation de la plaque X ne commence pas immédiate- 
ment après que l'ouverture a cessé de coïncider avec l'objectif, 
il s'ensuit que par ce dispositif on aura atténué et, dans des cas 
de vitesse de rotation suffisante, supprimé le tremblement si désa- 
gréable à l'œil. 

En outre, pour la projection, on remplace le couvercle d'arrière 
par une lentille condensatrice derrière laquelle on dispose la source 
lumineuse. 

T. Q 



i3o 



CHAPITRE II. 



Cinématographe universel de M. Gauthier. — Cet appareil 
(Jlg- io8et 109) diffère en quelques points des modèles similaires ; 
il appartient à la catégorie des cinématographes à entraînement 
direct par cylindre à chevilles. Un axe principal porte à son extré- 
mité une manivelle entraînée à la main, et dans son milieu une roue 
dentée de grand diamètre ; celle-ci commande un pignon qui porte : 




i° deux roues d'angles qui actionnent l'obturateur ; 2 une roue à 
cames qui donne le mouvement d'intermittence nécessaire au ba- 
rillet à chevilles chargé d'entraîner le frein. 

Cette roue à cames se compose d'un disque d'acier portant six 
échancrures dans lesquelles vient s'engager l'extrémité de l'axe du 
barillet; on obtient ainsi un mouvement intermittent sans à-coups 
et sans bruit, ce qui est un double avantage, car le film ne se fa- 
tigue pas et l'instrument ne produit pas ce bruit de crécelle si 
désagréable dans certains appareils. 

L'axe secondaire porte une gorge dans laquelle s'engage une 
cordelette qui actionne une bobine sur laquelle vient s'enrouler le 
film après être passé devant l'objectif. Celui-ci est d'abord contenu 
dans une boîte placée à la partie supérieure de l'appareil et glisse 
dans une coulisse garnie de velours et d'une plaque à ressort sem- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. l3l 

blable à celle que l'on rencontre dans tous les cinématographes. 

Les objectifs, pour prendre les vues ou pour faire la projection, 
se montent sur une planchette mobile reliée à l'appareil par un 
soufflet, et mue par une crémaillère pour opérer la mise au point. 

Ce qui caractérise cet instrument, c'est son obturateur; celui-ci 
est double et composé de deux, disques à ouvertures variables, et 

Fig. 109, 




' -i iÛii.Uiiimï 






qui tournent en sens inverse; cette disposition donne à la fois un 
éclairage plus égal et une intermittence plus régulière à ouverture 
et fermeture plus rapide. 

Les films qu'emploie M. Gauthier portent une perforation par 
image : pas de Lumière, mais le barillet peut être changé très faci- 
lement et remplacé par un autre au pas d'Edison. 

Pour la projection, l'appareil se place devant une lanlerne qu'il 
suffit de centrer et de mettre à la distance voulue. 



Chronoscope Hanau-Gauthier. — Cet appareil {fig. 110) est 
certainement le plus simple qui ait été construit, mais il ne peut 
servir qu'à la projection des films perforés au pas d'Edison; enfin 
il possède une qualité très appréciée parfois, son prix est des plus 
minimes. 



l32 CHAPITRE II. 

Il se compose de trois parties : 

i° Le chronoscope proprement dit : sur une plaque métallique 
est fixé un axe fixe sur lequel roule une roue à gorge portant une 
manivelle; celle-ci entraîne, soit par une cordelette, soit par pignon 
d'angle, un disque à chevilles qui lui-même commande le barillet 
à chevilles et l'obturateur. 

Le mouvement ainsi obtenu est très doux par suite d'une dispo- 
sition particulière; l'hélice qui donne le mouvement intermittent 




au barillet porte-film agit sur des billes roulantes, qui peuvent 
librement tourner autour d'un axe fixe. On évite également par là 
tout bruit désagréable. Dans un modèle plus récent, l'entraînement 
se fait par engrenage et non par cordelette. Dans les deux modèles 
la marche est presque silencieuse, et toujours beaucoup moins 
bruyante que dans tous ceux que nous avons eu l'occasion de ma- 
nœuvrer. 

Tout cet ensemble est fixé sur une planchette, comme le montre 
Isijîg. 1 10. 

2° En avant de ce dispositif, est fixé l'objectif à projection, de 
foyer plus ou moins long suivant le recul dont on dispose. 

3° En arrière et à la distance voulue est placée la source lumi- 
neuse, la lanterne à projection; celle-ci porte à l'avant un conden- 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. l33 

sateur, une forte lampe à pétrole et un réflecteur; le tout glisse 
dans une coulisse pour la mise en place. 

Mais avec cet éclairage on ne peut obtenir que des images peu éten- 
dues, et il y a lieu de remplacer la lampe à pétrole par un foyer 
lumineux plus puissant : on peut alors substituer au pétrole l'acé- 
tylène. Dans ce cas le condensateur ordinaire est remplacé par un 
autre, d'un type spécial, dit condensateur à eau; celui-ci se com- 
pose d'un ballon de verre que l'on remplit d'eau, disposition déjà 
proposée par MM. Lumière. Si l'on veut faire usage de la lumière 
électrique, on remplacera la lanterne construite pour cet appareil 
par une grande lanterne disposée à cet effet. 



Aléthorama, nouvel appareil cinématographique (système 
P. Mortier). — Réduit à ce qu'il a d'essentiel, l'appareil se com- 
pose d'un tambour C tournant sur un bâti, au moyen d'un arbre 
horizontal xy (fîg. 1 1 4 )• Ce tambour présente sur tout son pour- 
tour cylindrique extérieur une série de petites fenêtres, et c'est 
sur ce pourtour fenêtre cpie s'enroule la pellicule impressionnée, 
comme le ferait une courroie de transmission sur la jante de sa 
poulie. 

Une série de miroirs angulaires SS, en nombre égal à celui des 
fenêtres, et formes chacun parla réunion de deux glaces, complète 
le système; ces miroirs angulaires, que nous inclinons à qo° l'un 
par rapport à l'autre, sont disposés en cercle, faisant corps avec la 
masse du tambour ou fixés à elle par des pattes d'une façon quel- 
conque. 

L'ensemble représente donc un tambour polygonal concentrique 
au tambour fenêtre et faisant corps avec lui. Chaque miroir angu- 
laire comprend deux faces réfléchissantes, perpendiculaires au 
plan de \&Jig. ni, qui est une section diamétrale passant par le 
centre d'une des fenêtres. Leur intersection est une droite traver- 
sant normalement le plan de la figure. 

Dans ces conditions, tout cliché encadré par une fenêtre du 
tambour donnera naissance, en vertu du principe des miroirs an- 
gulaires, à une image virtuelle rectangulaire parallèle, retournée 
par rapport à l'image qui serait produite sur un miroir unique 
ordinaire, et dont l'axe de symétrie coïncide rigoureusement avec 



i34 



CHAPITRE II. 



l'axe de rotation lui-même xy (Jig. iii); de sorte que, pendant 
que le cliché, entraîné en cercle par le tambour, se meut rapide- 
ment, son image, au contraire, est immobile sur l'axe. Cette immo- 
bilité toutefois n'est que relative, car en réalité seul l'axe de symé- 



Fig. m. 




00=ïI^O 




trie de l'image qui se confond avec l'axe de rotation est immobile, 
les autres parties de l'image subissant un mouvement de bascule 
général autour de cet axe de symétrie immobile. 

Néanmoins, quand l'amplitude angulaire du mouvement de ro- 
tation est suffisamment faible, quelques degrés par exemple, 
l'image, malgré son mouvement de bascule, peut être considérée 
comme devant être immobile par rapport à un point situé à une 
distance assez grande de cette image, et placé sur la perpendicu- 
laire menée par le centre de cette image, normalement à son plan 
dans sa position moyenne. 

C'est pour cette raison qu'un objectif de projection, placé sur 
cette perpendiculaire, formera sur un écran une image vraie, pra- 
tiquement immobile et sans déformation de la figure qui donne 
naissance à l'image virtuelle. 

Si plusieurs clichés successifs, correspondant à plusieurs fenêtres 
contiguës, sont éclairés en même temps par le condensateur de la 
lanterne, un certain nombre d'images virtuelles pourront coïncider 
sur l'arbre de rotation, et par conséquent être projetées sur le 



APPLICATIONS PHOTOGBAPIIIQUES. l35 

tableau simultanément. On conçoit, dès lors, que la suite des 
clichés constituant une même scène puisse être reproduite sur 
l'écran, non seulement sans aucune discontinuité, ni éclipse, mais 
même avec coexistence des vues les unes avec les autres. Une 
telle coexistence pourrait avoir pour conséquence une confusion 
de lignes et un manque général de netteté; mais il est aisé d'y 
remédier en limitant la zone éclairée de la surface du tambour à 
un rectangle correspondant à la dimension d'une fenêtre, plus le 
barreau de séparation entre les deux fenêtres. 

Toutes les parties de la pellicule parcourront alors successive- 
ment la zone éclairée, et l'on a sur l'écran tantôt deux portions 
de deux vues successives, qui se complètent l'une l'autre, sans 



Fis. ri2. 




V" 

\'o 



aucune séparation visible {fig. 112), tantôt une seule vue complète 
(fig. 11 3). 

L'image virtuelle a' ob {fig. 112) se compose de l'image partielle 
a'Oj de la moitié supérieure éclairée du cliché A'B' et de l'image 



Fig. n3. 




partielle ob, de la moitié inférieure éclairée du cliché. AB. Les 
deux portions se complètent, et par l'objectif donnent sur l'écran 
une image réelle complète (fig- 117). 

Si le diaphragme est trop petit, on a une bande noire (fig- 1 1 5) ; 



i36 



CHAPITRE II. 



s'il est Irop grand, on a une Lande double et confusion {fig. 1 16). 

Dans ces conditions, si le faisceau éclairant est rigoureusement 
délimité par un diaphragme rectangulaire convenable, et si le 
diamètre utile de l'objectif lui permet de recevoir dans tous les 
cas les rayons émanant des portions simultanément éclairées de 
deux clichés voisins, aucune discontinuité, aucune variation d'éclat, 
aucun scintillement ne peuvent être perceptibles dans la projection. 

Il faut donc régler convenablement l'admission de la lumière, 
pour qu'il n'y ait plus sur l'écran des parties plus éclairées qui 
donneraient une ligne plus claire, et des parties moins éclairées 
qui donneraient une ligne plus sombre. 

Il faut aussi avoir un repérage exact des vues par rapport aux 
fenêtres du tambour. 

Il nous reste à dire pourquoi le miroir angulaire s'impose : un 
miroir unique, en effet, formerait bien l'image immobile voulue, 

Fig. 1 14. 





mais l'objectif capable de projeter l'image ne saurait être en face 
de cette image qu'à la condition de se trouver précisément sur le 
parcours en retour des rayons lumineux incidents, ce qui est im- 
possible à réaliser; de là l'emploi de deux miroirs angulaires qui 
reflètent l'image parallèlement aux rayons incidents, ainsi que le 
montre la fig. m. 

hdifig.j 14 montre le tambourcomplet etl'ensemble de l'appareil. 

On voit dans la fig. 1 1 4 les fenêtres et les miroirs angulaires SS, 
les tambours ï et T' d'enroulement et de déroulement de la pelli- 
cule R, ainsi que les bâtis Z et Z\ 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. l37 

Sur le bâti TJ est placé l'objectif qui donne la projection lumi- 
neuse. Au moyen d'une manivelle qui s'adapte sur l'un ou sur 
l'autre des axes T ou T', on donne le mouvement à la pellicule 
dans un sens ou dans l'autre. 

Le même appareil qui, par les propriétés optiques d'un objectif 
de projection, permet de reconstituer sur un écran des images 
réelles des clichés successifs, permet aussi, par le jeu du globe de 
l'œil, de produire l'impression sur la rétine, qui n'est en somme 
qu'un écran. L'œil, placé sur la même ligne normale où nous 
avons supposé placé l'objectif de tout à l'heure, voit distinctement 



Fig. 1 1 5 . 

\ 

i : 



Fig. 116. 



Fig. I! 



et en vraie grandeur l'image virtuelle de chaque cliché. Il peut 
aussi lavoir amplifiée par l'interposition d'une lentille grossissante. 

Inutile d'ajouter que par le doublement de l'appareil, il peut 
devenir stéréoscopique et donner l'impression du relief. 

Enfin le même système, grâce au principe de la réversibilité 
optique, peut servira enregistrer photographiquement une scène 
animée quelconque. L'objectif devient alors un objectif photogra- 
phique et une bande sensible se trouve substituée à la bande 
impressionnée. Par le jeu des mêmes miroirs qui donnaient sur 
l'écran fixe des images vraies pratiquement immobiles et sans dé- 
formation, les points immobiles de la scène à reproduire impres- 
sionnent pendant un certain temps les mêmes points de la plaque 
sensible, l'image accompagnant la bande dans son mouvement 
circulaire sans aucun mouvement relatif par rapport à elle. 

Il ne reste plus qu'à isoler par des cloisons noircies les diffé- 
rents couples de miroirs, à placer le tout dans une chambre noire 
étanche à la lumière, et à y adjoindre un système obturateur ré- 
duisant le temps de pose relatif à chaque cliché, et l'on aura 
réalisé un excellent appareil d'enregistrement cinématographique. 

Au point de vue construction, l'appareil présente cet énorme 



i38 



CHAPITRE I[. 



APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 



avantage de se composer d'une seule et unique pièce tout à fait 
indéréglable. 

Pas de ressorts, pas de rouleaux, aucun de ces organes qui 
rendent délicat le fonctionnement des appareils similaires et con- 
tribuent à la détérioration des pellicules. 

Celles-ci, après un service de plusieurs mois, sont encore abso- 
lument exemptes de rayures. 

Voilà, dans son ensemble, l'aléthorama qui constitue, soit par 
son principe entièrement nouveau, soit par sa construction, un 
progrès sérieux sur ce qui a été fait en Cinématographie jusqu'à 
ce jour. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



i3g 



CHAPITRE III. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



Quel que soit le modèle d'appareil adopté, il est indispensable 
de se mettre dans des conditions déterminées pour en obtenir tous 
les effets qu'ils sont susceptibles de donner. Nous allons donc 
examiner successivement ce qu'il convient de faire dans la prise 
des négatifs, dans le tirage des positives, et dans la projection des 
images agrandies. 

NÉGATIFS. 



Il est bien difficile de donner des règles pour le choix du sujet, 
il s'impose de lui-même. Cependant on sait par expérience que les 
très grandes scènes sont difficiles à rendre convenablement, et 
d'une manière générale le cadre de la vue doit être assez peu 
étendu, et surtout très nettement limité. 

La mise au point se fait en général une fois pour toutes, la brièveté 
du foyer des objectifs employés permet ce réglage préalable, et 
comme il est assez long et difficile, on serait souvent embarrassé 
s'il fallait l'exécuter sur le terrain. 

Il en est tout autrement, bien entendu, si l'on a à reproduire une 
scène d'intérieur; là, au contraire, on met en œuvre un objectif à 
plus long foyer, et il faut de toute nécessité ne faire la mise au point 
que sur le sujet lui-même. 

Une des conditions essentielles est de bien assurer tout d'abord 
la rigidité absolue de l'appareil, et le pied doit être choisi parmi 
les plus robustes. 



.4o 



CHAPITRE III- 



L'ancien pied à triangle (Jig. 1 1 8) est sans contredit le meilleur 
système, à la condition de le prendre en chêne suffisamment épais. 

Fig. 118. 




M. Gaumont a combiné un pied spécial {Jig. 119) qui remplit 
bien toutes les conditions voulues. 

Tout étant disposé convenablement, il ne reste plus qu'à faire 
passer la pellicule en tournant la manivelle. 

A quelle vitesse convient-il de tourner? C'est là une chose assez 
difficile à déterminer pour tous les cas qui peuvent se présenter, et 
qui peut varier dans des limites assez étendues, suivant le sujet et 
l'éclairage. 

Dans aucun cas il ne faut descendre au-dessous de quinze 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. l4t 

épreuves par seconde, et l'on ne devra jamais dépasser trente. En 
général, un nombre de vingt à vingt-cinq épreuves par seconde 
est largement suffisant pour donner plus tard à la projection une 
bonne reconstitution du mouvement. 

11 est ordinairement facile d'appliquer à chaque modèle d'ap- 
pareil ces indications générales, cependant nous croyons utile 
d'entrer dans quelques détails spéciaux à certains d'entre eux; il 
sera toujours possible, par analogie, d'appliquer ces mêmes règles 



Fi: 





à ceux qui se rapprochent de tel ou tel modèle, c'est-à-dire aux 
appareils à griffes et aux appareils à tambour. 

L'appareil Demeny nous servira d'exemple pour les appareils à 
tambour, et nous insisterons sur le chargement et la mise en place 
de cet instrument, car il sera souvent employé dans les recherches 
de laboratoire, et du reste les précautions que nous aurons à 
prendre dans ce cas s'appliquent à tous les autres modèles du môme 



iienre. 



Avec les mêmes précautions que l'on prend pour charger de 
plaques sensibles les châssis d'un appareil photographique ordi- 
naire, c'est-à-dire dans une chambre noire éclairée seulement par 
une lanterne à verres rouge-rubis foncé, on charge les bobines 
destinées à porter les bandes de pellicules. 



?42 CHAPITRE III. 

On colle tout d'abord au bout libre de la pellicule, sur une 
longueur de i cm environ, l'une des extrémités d'une bande de pa- 
pier noir, dont l'autre, taillée en pointe, est enfoncée de4 cra ou 5 e '" 
dans la fente de la bobine. On enroule le tout, le papier d'abord, 
la pellicule ensuite, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre 
(c'est-à-dire de droite à gauche), la face émulsionnée en dehors, 
présentant vers le haut le trou de la bobine qui porte une goupille, 
et l'on serre fortement la pellicule. 

Quand on est au bout de la pellicule, qui peut avoir à volonté 
3 m ou 5 m , on colle à son extrémité, toujours sur i cm environ, une 
autre bande de papier noir et l'on continue l'enroulement. Dès 
qu'il est achevé, on maintient la bande serrée sur la bobine à l'aide 
d'un anneau de caoutchouc. 

La pellicule, ainsi enroulée entre deux bandes de papier noir, se 
trouve à l'abri de la lumière et peut être portée au jour, et toutes 
les bobines chargées peuvent être mises dans le coffre de l'ap- 
pareil. 

Lorsque l'appareil est au complet, c'est-à-dire lorsque la mon- 
ture de l'objectif est adaptée à la caisse de bois rectangulaire con- 
tenant le mécanisme chronophotographique, on le dresse sur le 
pied et l'on procède à la mise au point du sujet. 

Pour cela on ouvre la partie supérieure de la boîte rectangulaire 
{fig. 120), en tirant sur le côté la réglette métallique à œillets X, 
puis on remplace le guichet opaque H, qui correspond au fond de 
la chambre noire, par un cadre G supportant une pellicule dépolie 
qui se trouve dans le coin à droite de la boîte rectangulaire. La 
mise au point se fait sur cette pellicule dépolie par les procédés 
ordinaires et sous le voile noir. 

Pour être sûr que la fenêtre du disque se trouve derrière l'ob- 
jectif, un cran d'arrêt B permet d'arrêter le disque obturateur dans 
une position convenable. Il suffît pour cela de tourner vers le 
haut le bouton qui se trouve à l'angle gauche inférieur de la boîte 
(côté de l'objectif) et de faire tourner lentement la manivelle 
jusqu'à ce que l'on entende un ressort tomber dans le cran d'ar- 
rêt. Cela fait, on appuie sur le bouton d'ouverture des volets du 
disque A, après avoir tourné la bague C au maximum d'ouver- 
ture de ceux-ci. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



143 



Une fois la mise au point faite, on retire la glace dépolie et l'on 
remet le guichet opaque H. 

Alors et toujours sous le voile noir, on enfile une bobine chargée 
sur l'axe vertical de gauche I et une bobine libre sur l'arbre 



Fie. 120. 




vertical de droite K; on met le compresseur sur la bobine de 
gauche I, puis on déroule suffisamment de la bande de papier noir 
pour la faire passer : i° devant le volet opaque H ; a en avant de 
la tige excentrique L, puis derrière la bobine réceptrice K, pour 
engager l'extrémité dans une des fentes de cette bobine et de 
façon à l'enrouler en sens inverse de la bobine magasin, comme 



I 44 CHAPITRE III. 

l'indique \&fig. 121. On tourne cette bobine à la main, de façon 
à faire enrouler le papier noir de deux ou trois tours, on met le 
compresseur et Ton ferme le couvercle. 

L'appareil est alors prêt à fonctionner. 

On engage la manivelle M dans le pignon qui se trouve à 
l'arrière de la boîte rectangulaire; on s'assure que le disque esl 




libre en tournant vers le bas le bouton d'arrêt B et en poussant 
de droite à gauche le verrou d'embrayage E qui est à côté de la 
manivelle. 

Suivant le jour dont on dispose, on règle l'ouverture de la fente 
du disque en faisant tourner devant son repère R la virole de 
cuivre graduée C, qui est montée sur l'axe du bouton d'embrayage A.- 
Le chiffre le plus élevé indique la plus grande ouverture. En 
poussant à fond le boulon de bois A, on tient l'obturateur déclen- 
ché, c'est-à-dire sa fente ouverte à l'ouverture qu'on a voulu lui 
donner. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



145 



L'obturation se fait, en réalité, par le passage, devant celte 
fente, d'un disque plein muni d'une fenêtre. 

Le temps de pose est d'autant plus court que l'ouverture de la 
fente de l'obturateur est plus étroite et que le mouvement de rota- 
lion du disque est plus rapide. 

On pourra donc modifier la durée du temps de pose à son gré, 
en faisant varier ces deux facteurs, sans compter que l'on peut 
encore, au besoin, diminuer la luminosité de l'objectif par son 
diaphragme iris. 

Étant donné encore qu'un tour de manivelle donne quatre images, 
on peut savoir combien l'on prendra d'épreuves à la seconde en 
comptant le nombre de tours que l'on fait effectuer à la manivelle 
pendant ce laps de temps. 

La mise au point étant faite, le diaphragme iris de l'objectif 
disposé de préférence à la plus grande ouverture, celle de l'obtu- 
rateur étant réglée et l'appareil chargé, on débouche l'objectif cl 
l'on tourne la manivelle à la vitesse que l'on a jugé convenable 
de lui donner, et, quand son mouvement semble réglé, on appuie 
fortement, avec la paume de la main, sur le boulon A, de manière 
à le faire rentrer à fond dans son logement; à cet effet, on main- 
tiendra bien l'appareil en le plaçant à sa gauche et en l'étreignant 
sous l'avant-bras. 

Quand on sent, en tournant la manivelle, une résistance moindre 
qu'au départ, ce qui indique que la bande est passée d'une bobine 
sur l'autre, on lâche le bouton. 

S'agit-il de prendre différentes séries sur une même bande, on 
opère comme précédemment, mais en lâchant brusquement et 
reprenant le bouton pour arrêter une série et en recommencer une 
autre, au moment que l'on désire, en se rappelant bien que les 
images se prennent tant que l'on appuie surle bouton d'embrayage 
et que l'on tourne la manivelle. 

Pour décharger l'appareil, une fois les poses faites, il faut 
ouvrir le couvercle rectangulaire, en tirant sur le côté la réglette X, 
écarter le compresseur de la bobine réceptrice K, enlever celle-ci 
en la serrant en son milieu avec les doigts, lui passer un anneau 
de caoutchouc pour maintenir le rouleau serré, et la placer dans 
le compartiment de la boîte rectangulaire servant de magasin. 
T. 10 



• 16 



CHAPITRE III. 



APPAREILS A ROULEAUX. 



Dans ceux-ci, la mise en place de la pellicule est un peu diffé- 
rente, mais elle ne présente aucune difficulté. Ainsi, dans le mo- 
dèle de 35 cm de M. Demeny, deux boîtes (fig. 122 et 128) con- 



Fig. 122. 



e _ 



© 1 



Éfllà 

mm* 




123. 




— -~~ *fâ3>~ '■■- -^>-~~ r -^ i , 

/ / j r\j\ 



ut? 



tiennent la pellicule; celle fixée sur l'appareil MS porte le rouleau 
de pellicule roulée à l'avance sur un axe qui tourne librement sur 
ses tourillons, de là elle descend dans l'appareil proprement dit, 
passe devant l'objectif OA, puis sur le cylindre à chevilles pour 
aller s'enrouler à nouveau sur l'axe porté dans la boîte MI que 
commande un mouvement relié à Taxe principal et contenu dans 
la boîte DE. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



147 



APPAREILS A GRIFFES. 

Système Lumière. — Voici, d'après MM. Lumière, quels sont 
les accessoires nécessaires pour l'obtention des négatifs. 

1. Un pied à trois branches. — ■ Celui-ci doit être d'une 
extrême solidité, car il faut à tout prix éviter le moindre mouve- 
ment de l'appareil, sans cela les images ne seront pas fixes, et les 
fonds danseront sur la toile. 

Le pied à triangle est le plus solide, mais ses branches doivent 
être renforcées et doivent être absolument rigides. 
Les pieds à coulisse ordinaires sont insuffisants. 

2. Boite-châssis. — Celle-ci {fig. T24) est une boîte en noyer 
CC fermée d'un côté par un volet à coulisse. Dans le fond opposé 



r2',. 




au volet est fixée une tige O qui soutient la pellicule; autour de 
cette tige pivote un levier coudé ab sollicité par un ressort à bou- 
din r. Dans l'angle droit inférieur a été ménagée une fente étroite 
garnie de velours. Cette boîte se place sur le cinématographe au 
moyen d'une patte mn qu'on engage dans une coulisse ménagée 
en regard du volet presseur. La boîte-châssis sert à contenir la 
pellicule avant son utilisation, pendant le transport de l'appareil. 



i48 



CHAPITRE III. 



3. Boite réceptrice (fig- ia5). — Celle-ci est complètement 
métallique, elle est destinée à recueillir la pellicule sensible à 
mesure qu'elle se déroule devant l'objectif. 

Elle s'ouvre en deux parties mobiles autour d'une charnière ; vers 
la partie inférieure AB' de la face plane opposée au couvercle, se 
trouve une large cavité semi-cylindrique qui se continue intérieu- 
rement par une gaine, laquelle vient déboucher à la partie supé- 
rieure interne de la boîte. 

Celle-ci est en outre traversée de part en part par un axe en 
acier b, légèrement conique, terminé à gauche par un large disque 
circulaire P, qu'un ressort m fait appuyer constamment contre le 
rouleau de friction de l'arbre du cinématographe lorsque la boîte 
est en place. 

Sur cet axe et intérieurement à la boîte s'ajuste, à frottement 
dur, un cylindre en cuivre cd, garni extérieurement de caoutchouc. 
Un manchon e/, de diamètre beaucoup plus grand, peut rouler 



125. 




autour de ce cylindre. Il est muni aux deux extrémités d'une gé- 
nératrice de deux agrafes A, h\ en cuivre, servant à attacher la 
pellicule. Ce dispositif particulier a pour objet d'établir entre le 
manchon et le cylindre une sorte de broutage grâce à l'adhérence 
fournie par la garniture de caoutchouc, de telle sorte que le man- 
chon enroule seulement la portion de pellicule cédée progressive- 
ment par les griffes d'entraînement du cinématographe. 

Quand la pellicule est complètement enroulée, elle forme un 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. d49 

rouleau compact occupant toute la capacité interne de la boîte. 
La boîte réceptrice s'adapte sur le volet du cinématographe 
immédiatement au-dessous de la glace-presseur. Celte adaptation 
se fait au moyen de deux tenons vissés sur le volet et qui em- 
brassent une languette placée vers le haut de la bobine réceptrice. 
Deux épaulements du volet soutiennent la boîte par le bas. 

4. Bobineuse. — La bobineuse (fig. 126) facilite l'enroulement 
des pellicules ; Vest un volant mis en mouvement à la main au moyen 



Fig. 126. 




d'une manivelle; ce volant commande, par l'intermédiaire d'un 
cordon de cuir, une sorte de treuil ab terminé d'un'côté par un cy- 
lindre creux fendu dans toute sa longueur suivant une génératrice. 
Une planchette cd en noyer, qu'on lient dans la main gauche, 
supporte le tout; en regard du cylindre creux, celte planchette 
est munie d'une ouverture garnie de velours. Le bout de la pelli- 
cule, d'abord introduit dans cetle ouverture, vient s'engager dans 



l50 CHAPITRE lit. 

la fente du treuil. On tourne alors le volant de la main droite, 
d'une façon régulière, jusqu'à ce que la pellicule soit enroulée. 
Pendant cette opération il faut avoir soin de guider la pellicule 
au-dessous de la planchette, au moyen de l'index et du majeur de 
la main gauche, afin d'éviter les torsions qui pourraient provoquer 
des déchirures irrémédiables. C'est ce qu'indique \ajig. 126. 

Manipulations. — Les manipulations nécessaires pour l'obten- 
tion des négatifs comprennent : 

A. — Introduction de la pellicule sensible dans la boîte-châssis. 

B. — Mise au point. 

C. — Mise en place de la pellicule dans l'appareil et fonction- 
nement de celui-ci. 

A. Introduction de la pellicule. — Pour exécuter cette opé- 
ration, il faut tout d'abord, au moyen de la bobineuse, dérouler la 
pellicule sensible à nouveau en prenant pour bout intérieur son 
extrémité libre, le côté sensible étant placé en dedans. 

Gela fait, on place le rouleau de pellicule dans l'axe central delà 

V\z. 127. 




boîte, de telle sorte que le sens du déroulement soit celui du mou- 
vement des aiguilles d'une montre (fig- 127). On replie l'extré- 
mité de la bande vers la gauche, de façon qu'elle entoure le levier 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



J3I 



coudé, puis on la ramène à droite en l'engageant dans la fente 



garnie de velours. 



On a soin de laisser passer le bout de quelques centimètres. On 
referme la boîte-châssis au moyen du volet coulissant et l'on assure 
la fermeture avec le taquet de sûreté placé sur la face supérieure. 
Bien entendu, cette opération doit être faite dans le cabinet noir. 

B. Mise au point. — La mise au point est toujours une opéra- 
lion des plus délicates, et demande à être faite avec le plus grand 

Fis. 128. 




soin. En général, cette mise au point se fait sur des objets placés 
à 3 ,n environ de l'appareil; au delà de cette distance tous les 
objets sont au point, et en deçà ils conservent encore une netteté 
suffisante à 4 ,n de distance. 



\ r J1 CHAPITRE III. 

On règle la mise au point sur un fragment de celluloïd dépoli, 
en s'aidant d'une loupe assez forte. 

11 est bon de repérer exactement le tirage de l'objectif, de façon 
à éviter tout tâtonnement lorsque l'on est sur le terrain. Ce ne 
sera que dans le cas d'une scène à courte distance qu'il y aura lieu 
de modifier la mise au point, mais c'est là un cas exceptionnel. 

On règle ensuite le diaphragme suivant la lumière, en cherchant 

Fig. 129. 




toujours à diminuer le plus possible l'ouverture de ce diaphragme: 
et cela pour gagner plus de netteté. Ce n'est qu'exceptionnelle- 
ment, dans le cas de sujets à mouvements très rapides, que l'ex- 
trême netteté est plutôt nuisible; car elle donne des mouvements 
saccadés sur la toile, et un peu de flou atténue ce défaut. 

Enfin, question essentielle, on cherche à encadrer le mieux pos- 
sible la scène à reproduire. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



153 



Remarque. — Il est important de vérifier avant toute chose la 
position de l'obturateur. Celui-ci se compose de deux disques; 
l'inférieur ne doit jamais être dérangé de la position qui lui est 
assignée par la goupille de repérage. Quant à l'autre, on doit, pour 
l'obtention des négatifs, l'orienter de façon telle que, rapproché du 
premier, il forme avec lui un demi-cercle complet, ce que l'on 

Fi s. i3n. 




devra obtenir en le faisant tourner dans le sens des aiguilles d'une 
montre et non en sens inverse. C'est la position que l'expérience 
démontre être la meilleure dans tous les cas. 



C. Mise en place de la pellicule. — On rabat vers le bas le 
volet-porte presseur en dégageant le volet qui le maintient verti- 
cal. On place la boîte-châssis sur l'appareil en faisant glisser la 



• 54 



CHAPITRE III. 



palte inférieure dans la coulisse ad hoc du cinématographe : la 
boîte mise en place, la pellicule qui en sort doit affleurer la gaine 
de velours. On tire sur la pellicule de façon à en faire sortir un 
fragment d'environ 2o cm . On introduit les griffes, qu'on a préa- 
lablement ramenées en haut de leur course, dans les trous de la 
perforation; on fait passer ensuite l'extrémité de la bande dans 

Fi g. i3i. 




po/ei 



l'ouverture ménagée dans le volet au-dessous des ressorts contre- 
griffes, et l'on relève le volet qu'on assujettit au moyen du verrou. 
Il faut maintenant engager la pellicule dans la boîte réceptrice. 
A cet effet, on prend la boîte fermée dans la main gauche, et avec 
la main droite (ftg. 128) on introduit le bout libre de la bande 
dans la cavité semi-cylindrique de la boîte, en le guidant avec 
l'index de la main gauche, et l'on pousse légèrement la pellicule, 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 15 1 ) 

jusqu'à ce que son extrémité débouche à la partie supérieure in- 
terne de la boîte. 

On place alors la boîte dans le logement ménagé sur le volet, 
sur lequel elle est maintenue par les deux tenons supérieurs et 
l'épaulement inférieur. Dans cette position, la boîte-châssis doit 
recouvrir complètement les ressorts contre-griffes; le disque cir- 
culaire qui termine l'axe étant placé à gauche, on s'assure qu'il 
appuie efficacement sur le rouleau de friction. 

On ouvre ensuite la boîte, on rabat vers le bas le couvercle 
demi-cylindrique; on tire à soi toute la portion de pellicule libre, 
et l'on engage les deux ouvertures extrêmes dans les agrafes du 
manchon inférieur {fig. 129); on enroule sur celui-ci toute la 
pellicule libre, en serrant fortement, et l'on referme la boîte. 

L'appareil est prêt à fonctionner (fig. i3o). On ferme alors la 
porte d'arrière du cinématographe, on introduit la manivelle dans 
l'ouverture ménagée vers le bas, à gauche ; puis, au moment 
voulu, on tourne la manivelle à raison de deux tours par seconde, 
en ayant soin de maintenir fortement l'appareil de la main gauche 
{fig- 1 3 1 ) en pressant sur le pied, afin d'éviter les trépidations. 

Lorsque la bande est complètement déroulée (ce qu'on reconnaît 
à la diminution de résistance et au bruit particulier que produisent 
les griffes), on retire la boîte réceptrice. 



Précautions à prendre. — Pour éviter les accidents pendant 
l'obtention des négatifs, il est indispensable de suivre les prescrip- 
tions suivantes : 

i° S'assurer que la pellicule glisse librement, sans secousses, 
dans sa gaine de velours. 

2 Vérifier l'état de propreté de la fenêtre qui se trouve devant 
la glace-presseur. Il arrive parfois que le velours s'effile, et les 
brins qui s'en détachent pourraient marquer sur chacune des 
images du négatif. 

3° La glace-presseur doit appuyer modérément sur la pellicule. 
Régler la pression au moyen des ressorts qui la maintiennent. 

4° Nettoyer soigneusement le velours de la gaine avec un blai- 
reau pour enlever les poussières qui détérioreraient infailliblement 
la pellicule. 



l56 CHAPITRE III. 

5° S'assurer que le côté sensible (côté mat) de la pellicule est 
bien dirigé vers l'objectif et, par conséquent, le côté brillant vers 
l'opérateur. 

6° Après l'obtention de chaque négatif, enlever, au moyen d'une 
spatule de bois, les grains d'émulsion qui adhèrent souvent à la 
cavité semi-cylindrique de la boîte réceptrice. 

7 S'assurer de la parfaite adhérence du rouleau de friction avec 
le disque circulaire de la boîte réceptrice. On peut augmenter cette 
adhérence, s'il y a lieu, avec une légère couche de cire étendue 
sur le rouleau de friction. 

8° Ne jamais s'arrêter au milieu d'une opération, car à la 
reprise du mouvement il pourrait se présenter des difficultés pour 
le rebobinage. 

Développement des négatifs. — Le développement des longues 
bandes de film (elles atteignent quelquefois 6o rn ) est une opéra- 
tion difficile, qui demande à être faite avec beaucoup de précau- 
tions. Il faut, en effet, ne laisser jamais en repos la bande plongée 
dans le bain développateur, et aller assez vite pour bien égaliser 
la marche du développement; ces manipulations exigent une très 
grande décision de la part de l'opérateur; il ne lui est pas permis 
d'avoir la moindre hésitation. 

Deux procédés peuvent être employés : le développement à la 
main dans de grands récipients, ou le développement au rouleau; 
l'un et l'autre donnent de bons résultats, et peut-être même le 
premier donne des résultats plus complets, à la condition d'employer 
des bains très abondants et très exactement dosés. 

Tous les développateurs sont bons, à la condition d'être bien 
connus du manipulateur, mais en général on fait usage soit de 
diamidophénol, soit d'hydroquinone-métol. 

Si l'on a fait choix du développateur au diamidophénol, on 
suivra les indications de MM. Lumière. Dans deux seaux en porce- 
laine ou en tôle émaillée et d'une dizaine de litres on prépare : 



Eau bouillie io I!t 

Sulfite de soude anhydre . . 25os r 

Diamidophénol . 5o™ 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. l57 

La pellicule, enroulée en bobine, est soutenue au-dessus du pre- 
mier seau au moyen d'une tige cylindrique qui traverse l'orifice 
central de la bobine. Cette lige, un crayon par exemple, sera tenue 
à la main par un aide ou sera maintenue fixe, par un dispositif 
très simple, au-dessus du seau. 

La pellicule est alors déroulée très rapidement, le plus vive- 
ment possible, et plongée au fur et à mesure qu'elle se déroule 
dans le développateur. Lorsque toute la pellicule est déroulée, on 
la fait passer, toujours très rapidement, dans le seau placé tout 
à côté du premier, en ayant soin de la faire glisser entre les deux 
doigts de manière à bien étaler sur toute sa surface la couche de 
liquide révélateur et de supprimer les bulles ou arrêt de développe- 
ment qui auraient pu se produire. Il est donc indispensable que 
l'immersion dans le premier seau et le passage dans le deuxième 
se fassent aussi vite que possible. 

On continue ensuite à faire passer la pellicule d'un seau à 
l'autre jusqu'à ce que le développement soit jugé suffisant. 

Quand ce résultat est obtenu, on plonge la pellicule dans un 
troisième seau plein d'eau où elle se lave, s'arrangeant de manière 
à ce qu'elle sorte du deuxième seau du développateur pour être 
immergée dans l'eau, de telle sorte que le bout passant le premier 
dans l'eau soit celui qui a été plongé le premier dans le révélateur 
au début de l'opération. A celte condition le développement sera 
suffisamment uniforme sur toute la surface de la pellicule. 

La pellicule lavée est passée dans un premier seau, et de là 
dans un deuxième seau d'hyposulfite de soude à ^5 pour ioo. Une 
fois fixée, elle est placée dans un seau de lavage où l'eau se renou- 
velle constamment et où elle séjourne plusieurs heures. 

Si l'on mettait sécher la pellicule au sortir de l'eau, elle se re- 
courberait en cornet et subirait une rétraction des plus nuisibles. 

On évite cet inconvénient en passant la pellicule dans le bain 
suivant : 

lit 

Eau 7,ôo 

Alcool à y j u 2 , 5o 

Glycérine o,25 

On remplira deux seaux du liquide à «glycérine et la pellicule 



1 58 CHAPITRE III. 

sera plongée successivement dans les deux récipients. Celle opé- 
ration devra durer cinq minutes en tout. 

La pellicule sera mise à sécher en la suspendant sur une baguette 
de bois dans un endroit sec, et à une température de 20 à 25°. 

Quand elle sera sèche, on l'enroulera à l'aide de la bobineuse, et 
elle sera prête à être introduite dans le cinématographe. 

Fis;. i32. 




Au lieu d'employer deux bains séparés et de faire passer la pel- 
licule de l'un dans l'autre, ce qui n'est pas toujours sans danger 



Fig. i33. 




on peut faire usage d'un récipient beaucoup plus grand, 4o ", et 
alors faire passer entre les mains la pellicule de façon à ne jamais 
l'enlever hors du bain; c/est ce que représente notre Jlg\ i32. 



MANIPULATIONS DIVKRSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



IO() 



De même, pour le séchage, on usera avec avantage du séchoir 
cylindrique de M. Gaumont. Celui-ci se compose {fig. 1 33) d'un 
bâti sur lequel tourne sur son axe un cylindre formé de baguettes 
clouées sur deux joues circulaires. Chaque baguette est elle-même 
arrondie de façon à diminuer le plus possible les points de contact 
avec la pellicule. Du reste, il ne faut pas oublier que la surface en 
contact direct avec le séchoir est composée de celluloïd et que 
cette substance n'absorbe pas d'eau; il n'y a donc pas à redouter 
des inégalités de séchage. 

Développement à la machine. — M. Marey, pour le développe- 




ment des épreuves, se sert de deux, poulies de métal {fig. i3/{) 
munies chacune d'une manivelle et montées l'une à côté de l'autre 



Fi! 



I J.), 




sur un bâti porté par quatre pieds. En se déroulant d'une bobine 
pour s'enrouler sur l'autre, la pellicule s'infléchit sous une tige de 



iCo 



CHAPITRE III. 



verre placée au niveau des pieds. Cette tige plonge dans une cu- 
vette qui contient le développateur. On fait passer la pellicule 
d'une bobine à l'autre autant de fois qu'il est nécessaire pour que 
le développement soit complet. 

Plusieurs modèles de ce genre ont été établis, et la plupart des 
grandes maisons qui s'occupent de la fabrication des bandes de 
cinématographe emploient des appareils semblables. 

L'appareil de M. Demaria (fig. 1 35 ) se compose d'un grand 
cylindre de verre de 3o cm de diamètre et i m ,20 de long, monté 
sur deux axes; il peut tremper par son tiers inférieur dans une 
cuve contenant le bain développateur. 

i 
Obtention du positif (système Lumière). — Pour obtenir un 

positif à l'aide d'un négatif, on fait usage d'une boîte-châssis à deux 

axesPP (fig. i36). 

Autour de l'axe inférieur, on place le négatif n enroulé, la 
couche de gélatine en dehors, et autour de l'axe supérieur la pelli- 
cule sensible/), gélatine en dedans. Les deux bouts libres sont intro- 
duits dans la fente inférieure de la boîte. Cette opération est faite, 
bien entendu, dans le cabinet noir. 

On procède ensuite sur les deux bandes réunies comme pour 
l'obtention dos négatifs, avec cette différence que la pellicule des- 
tinée au positif est seule introduite dans la boîte réceptrice, tandis 
que le négatif se déroule extérieurement en passant par une ou- 
verture ménagée vers le bas de l'appareil, dans le prolongement 
du volet. Pour opérer, on referme l'appareil, on dévisse l'objectif 
et l'on place devant l'ouverture, à une distance convenable, une 
source lumineuse, telle que bec de gaz, lampe à pétrole, etc. 

La distance à laquelle cette source de lumière doit être placée 
dépend de sa nature, de son intensité, de la vigueur et de la trans- 
parence du négatif. Il est donc difficile de rien préciser et quelques 
essais sont absolument nécessaires. 

La lumière étant convenablement placée, il suffit de mettre l'ap- 
pareil en mouvement. Le négatif sera recueilli dans une corbeille 
placé en avant du pied de l'appareil, tandis que le positif s'emma- 
gasinera dans la boîte réceptrice. 

M. Marey a organisé un système particulier pour tirer les images 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



161 



positives; il est représenté Jig. iZ^. Une caisse de bois, peu 
profonde et s'ouvrant sur une de ses faces, porte sur la paroi cp- 

Fig. i36. 




posée quatre broches destinées à recevoir les bobines. La pellicule 
négative, enroulée sur la bobine B et prolongée par une bande de 
papier opaque, est placée sur la broche inférieure de gauche. Le 
papier, déroulé sur une longueur de 6o cm environ, passe sur une 
plate-forme horizontale P, puis à travers un laminoir LL', et se 
T. 



1 1 



i6a 



CHAPITRE III. 



rend à la bobine réceptrice 1\. La pellicule sensible est chargée de 
la même manière sur la bobine B', la bande de papier qui la pro- 
longe passe sur la plate-forme P au-dessus de la bande précédente, 
traverse le laminoir et se rend à la bobine réceptrice EV. 

Un rouage d'horlogerie fait tourner le laminoir, dont les deux 
cylindres engrènent l'un avec l'autre et entraînent simultanément 
les deux bandes, puis les deux pellicules qui leur font suite. Le 
même rouage fait tourner à frottement doux les bobines réceptrices 



Fi« 



107. 




sur leurs axes, de façon que chacune des pellicules s'y enroule au 
sortir du laminoir. 

Sur la plate-forme P, ces deux pellicules glissent, appliquées 
l'une contre l'autre par un compresseur C formé d'une plaque de 
métal doublée de peluche. La plate-forme est percée en dessous 
d'une fente à ouverture réglable par laquelle la lumière arrive d'en 
bas et traverse la bande négative pour impressionner la pellicule 
sensible qui lui est superposée. Un miroir M incliné à 45° reçoit, 
quand la caisse est fermée, la lumière d'un bec Auer, à travers une 
fenêtre percée dans la paroi mobile de la caisse et munie d'un verre 
dépoli. L'appareil se charge en pleine lumière, grâce aux bandes de 
papier opaque qui recouvrent les bobines. 

Quand l'appareil est clos, on met le rouage en mouvement et les 
bandes de papier cheminent et s'enroulent sur les bobines réce.p- 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



lf)3 



trices, puis la pellicule négative, celle qui va être impressionnée 
cheminent à leur tour, d'un même mouvement. Un regard, muni 
d'un verre rouge, permet de suivre la marche des pellicules; après 
elles, passent de nouveau des bandes de papier opaque, et quand 
celles-ci sont enroulées sur les bobines réceptrices et les protègent 
contre la lumière, on peut ouvrir l'appareil, enlever la pellicule 
positive et procéder à son développement. 

Les images sont parfaitement nettes, ce qui montre que les 
deux pellicules ont été entraînées d'un mouvement égal. 

A la suite de cette description, M. Marey ajoute les observations 
suivantes qui s'appliquent surtout à son chronophotographe, mais 
qui peuvent encore, jusqu'à un certain point, s'appliquer aux autres 
modèles de cinématographes. 

Les épreuves positives ont bien des images équidistantes, mais 
par suite des différents développements qui ont été nécessaires 
pour obtenir d'abord la bande négative, puis la bande positive, un 
retrait des pellicules s'est produit. Il s'ensuit que, si l'on faisait 
passer l'épreuve positive dans le chronophotographe pour la pro- 
jeter sur l'écran, les images successives ne viendraient plus se 
mettre exactement en face de l'objectif; il passerait trop d'images 
en un temps donné, de sorte que le sujet projeté se déplacerait 
lentement sur l'écran et sortirait du champ visible, tandis qu'un 
autre viendrait peu à peu le remplacer. Cet effet a dû causer des 
embarras à tous ceux qui ont construit des projecteurs chrono- 
photographiques. 

La perforation de la pellicule peut j remédier par les corrections 
incessantes que produisent les chevilles du cylindre en entrant dans 
les trous de la bande pelliculaire. Ces corrections ne sont-elles pas 
pour quelque chose dans le tremblotement des images projetées? 

En tout cas, comme je me sers de pellicules non perforées, j'ai 
cherché à corriger l'effet de leur retrait en faisant varier, pendant 
les projections, le débit du premier laminoir du chronophotographe. 

Puisque la pellicule rétractée fait que les images passent trop 
vile, il faut diminuer le débit du premier laminoir. 

Pour cela, j'ai recouru à divers moyens, celui qui paraît le mieux 
réussir consiste à résister, au moyen d'un frein réglable, à l'en- 
traînement de la bobine magasin. Il suffit d'une assez faible résis- 



,64 



CHAPITRE III. 



tance pour compenser ainsi le retrait de la pellicule. Cette correc- 
tion se fait pendant la projection même; quelques tâtonnements 
permettent d'obtenir, en un instant, le fixage des images. 

Le chronophotograplie n'a besoin d'aucune modification pour 
devenir projecteur. A l'intérieur de la caisse aux images est un 
tube carré de métal qui encadre exactement la fenêtre où les images 
se forment. Ce tube est fermé en arrière par un volet qu'on ouvre 
pour diriger un faisceau de lumière sur l'image positive quand on 



Fig. i38. 




la projette. Dans la prise des images, au contraire, cette fenêtre est 
fermée et le tube a pour fonction d'empêcher la lumière qui traverse 
la pellicule sensible de se diffuser dans la chambre et de voiler la 
pellicule, soit avant, soit après son passage au foyer de l'objectif. 
11 est inutile d'ajouter que les négatifs et les positifs ne doivent 
pas être tirés sur des émulsions de même sorte; du reste, toutes 
les grandes fabriques de films préparent des émulsions spéciales 
pour chacune de ces espèces, et il ne faut pas indifféremment em- 
ployer l'une ou l'autre. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



[65 



M. Gaumont a combiné un dispositif spécial pour le tirage des 
épreuves des appareils Demeny. Celui-ci se compose {fi g. 1 38 ) 
d'une lanterne contenant un bec Auer et d'une lentille éclairante ; 
en avant, une boîte placée à hauteur voulue contient les deux rou- 
leaux, de pellicule, cliché et pellicule positive à impressionner. 
Une manivelle actionne un cylindre à chevilles qui entraîne les 
deux pellicules à la fois et les fait passer devant la fenêtre vivement 
éclairée de la boite à lumière. 



Projections. — Les très petites images données parle cinéma- 
tographe demandent à être amplifiées très fortement, aussi est-il 
indispensable d'employer des éclairages intensifs : la lumière élec- 
trique tout d'abord, la lampe oxyélhérique si l'on n'a pas à sa dis- 
position de source d'électricité. 

Cette question de l'éclairage est de première importance, et elle 
est devenue depuis le malheureux accident du Bazar de la Charité 
un sujet de crainte pour les personnes qui assistent aux projections 
du cinématographe. Mais, à la seule condition de ne pas confier la 
manœuvre de ces appareils à des personnes maladroites et inexpéri- 
mentées, le danger estnul, et il esttrès imporlantde le bien affirmer. 
Aussi insisterons-nous tout particulièrement sur l'installation de; 
ces appareils et sur leur manœuvre, en appuyant sur ceci, qu'il ne 
faut jamais négliger aucune des précautions minutieuses que nous 
énumérerons. 

Le matériel des projections se compose, en outre du cinémato- 
graphe muni de son objectif à projections, d'une lanterne avec ré- 
gulateur électrique ou chalumeau à l'oxygène, d'un chevalet porte- 
appareil et d'un écran. 

Lanterne. — La lanterne doit être entièrement en tôle et elle 
doit porter à l'avant un condensateur tantôt formé d'une seule, 
tantôt de deux lentilles plan-convexe. En avant de la lentille est 
disposée une coulisse dans laquelle se meut un volet de tôle percé 
de deux trous, de diamètre égal à celui du condensateur; l'un des 
deux est recouvert d'un verre dépoli qui sert à diffuser la lumière 
lors de la mise en place de la pellicule. Enfin on ajoute encore 
(modèle de M. Gaumont) une cuvette de verre {fig. i3q) que l'on 



iG6 



CHAPITRE III. 



remplit d'eau tenant en dissolution de l'alun, et qui absorbe la plus 
grande partie des rayons calorifiques. 

Il faut éviter, en effet, de laisser, même un instant, le film au foyer 
du puissant faisceau lumineux projeté par le condensateur, car il 

Fig. i3 9 . 




pourrait s'enflammer, et ne pas oublier que le celluloïd, composé 
essentiellement de coton-poudre, est inflammable au plus haut degré. 
Pour éviter tout danger possible, MM. Lumière ont proposé de 
substituer au condensateur un ballon ordinaire en verre que l'on 
remplit d'eau {fig. i4°)- 

Fig. i$o. 






AAAA, lanterne à projection; — B, ballon condensateur; — C, fil métallique 
supporLant un fragment de cokeD; — EEFF, boite métallique noircie, destinée 
à fixer le ballon contre la lanterne au moyen des boulons V, V; — G, obturateur 
muni d'un écran translucide II en verre dépoli ; — P, N, ebarbons du régulateur. 

Avec ce globe remplaçant la lentille, les rayons lumineux sont 
concentrés, sans perte appréciable de pouvoir éclairant; et la plus 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



16: 



grande partie des rayons calorifiques sont absorbés de telle soile 
qu'après une heure de fonctionnement continu l'eau entre en 
ébullition sans qu'il en résulte le moindre inconvénient; la tem- 
pérature du faisceau concentré reste alors constante et très peu 
élevée. Enfin, la lumière est plus blanche, l'effet de la coloration 
verte du verre de la lentille est supprimé. 

Si le ballon doit être enlevé pour une cause quelconque, s'il se 
casse, si l'eau s'écoule ou se vaporise, la condensation des radia- 
tions n'a plus lieu et il n'y a plus aucun échauffement à redouter. 

Grâce à ce dispositif, il devient donc impossible de commettre 
des maladresses dangereuses, la concentration du faisceau étant 
produite par le corps même qui absorbe les rayons calorifiques. 

On a soin d'introduire dans le ballon un petit fragment de coke, 
suspendu au moyen d'un fil, de façon à éviter l'ébullition tumul- 
tueuse du liquide clans le cas de fonctionnement intensif et pro- 
longé, et, si l'on ne fait pas usage d'eau distillée, il est bon d'aciduler 
légèrement l'eau, pour éviter le dépôt de carbonate de chaux sous 
l'influence de l'élévation de température et de la vaporisation. 



Régulateur. — Le régulateur le plus ordinairement employé se 
compose essentiellement de deux tiges métalliques supportant les 
charbons par lesquels arrive le courant électrique. 

Ces tiges, à l'aide de boutons mollctés manœuvres à la main, 
peuvent se déplacer dans tous les sens, de façon que l'arc élec- 
trique soit toujours dans l'axe du condensateur et de lafenle devant 
laquelle passe la pellicule. Enfin, on peut donner un mouvement 
d'ensemble qui permet soit de le rapprocher plus ou moins du con- 
densateur, soit de le faire osciller autour d'un axe vertical. 

En généra], il est préférable d'employer cette sorte de régulateur 
à main, car on n'a pas d'accidents à craindre dais le cas où le 
courant change d'énergie; en ayant sous la mai., un rhéostat on 
donne plus ou moins d'intensité à la lumière, mais on ne risque 
jamais de brûler les fils. 

Le seul inconvénient de ce système est l'obligation où se trouve 
le manipulateur de ramener les charbons à la distance voulue; mais 
cette opération ne demande à être faite que toutes les deux ou trois 
minutes, et n'excède pas le temps nécessaire au passage d'une bande. 



l68 CHAPITRE III. 

On peut cependant employer des régulateurs automatiques, qui 
se mettent au lieu et place du régulateur à main. Il faut seulement 
avoir le soin de doser exactement le courant au moyen d'un rhéostat, 
et d'un ampèremètre qui indique à tout instant l'état du courant. 

Dans tous les cas le courant électrique arrive à l'appareil par 
l'intermédiaire de deux bornes correspondant respectivement aux 
charbons supérieur et inférieur. Pour amorcer l'arc, on rapproche 
les deux charbons jusqu'au contact, puis on les éloigne immédia- 




ECKCLLE l/ s 



L.G.& CI 

PARIS_ 

DÉPOSÉ 



tement; l'arc jaillit aussitôt, et l'on obtient un bon éclairage en 
maintenant l'écart des charbons à 3 mra ou 4 mm > pour un courant de 
1 5 ampères. 

Nous citerons entre autres le régulateur de M. Gaumont 
{Jig- 1 4 ! ) j d'une extrême solidité et d'un maniement très facile. 

Le rJiéostat permet de régler le débit du courant, en intro- 
duisant une résistance variable dans le circuit. Il doit toujours être 
à portée de l'opérateur, afin que celui-ci puisse effectuer le réglage 
sans avoir à s'éloigner de l'appareil. 

Pendant la marche, il arrive souvent que le rhéostat s'échauffe 
outre mesure c levient rouge; il est donc indispensable de l'éloi- 
gner assez des films, car, si ceux-ci venaient à le loucher, ils s'en- 
flammeraient aussitôt. 



Lampes à oxygène. — Quand on ne peut avoir l'électricité, on 
remplace le régulateur par un chalumeau à gaz oxhydrique, et le 
modèle le plus commode est le chalumeau à élher. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 1 69 

C'est là un instrument qui ne présente en lui-même aucun dan- 
ger; sans doute il demande quelques précautions, mais ce sont 
celles que nécessite toujours l'emploi de l'éther, dont les vapeurs 
sont essentiellement inflammables. 

Le saturateur de Molteni est celui qui donne la marche la plus 
régulière, et que l'on emploie presque toujours en ce cas; conve- 
nablement réglé, il donne une lumière intense. 

Sans avoir à décrire ici la manœuvre de l'appareil, nous rappel- 
lerons que les précautions à prendre sont les suivantes : 

i° Ne jamais remplir le récipient à la lumière ou dans une pièce 
où il y a du feu ; et, si la lampe vient de servir, attendre qu'elle soit 
refroidie. 

2 N'employer que de l'éther pesant ^20 gr à ^23 gr le litre, et à 
la rigueur delà gazoline (essence légère de pétrole) pesant au plus 
65o gr le litre. C'est là, surtout en ce qui concerne l'essence de pé- 
trole, un point important. 

3° Après avoir rempli la lampe, attendre quelques instants pour 
que le liquide soit bien absorbé, et déverser l'excédent, comme il 
est dit dans l'instruction que donne le constructeur avec chaque 
appareil. 

4° Ne jamais allumer avant de s'être assuré qu'il ne sort aucun 
liquide par le bec du chalumeau ; à cet effet, laisser souffler l'oxy- 
gène quelques instants et n'allumer que lorsqu'il ne se produit plus 
aucun crachement. 

Moyennant ces précautions très simples, aucun accident n'est à 
redouter et le saturateur donne une lumière fixe, très blanche et 
d'une très grande intensité. 



Objectif à projection. — En général, chaque appareil est muni 
d'une série d'objectifs de foyers différents afin de parer à toutes 
les éventualités; on obtient alors par un simple changement d'ob- 
jectif une image à la grandeur voulue, quel que soit le recul dont 
on puisse disposer. 

Il ne faut pas oublier seulement que les très grandes images, 
alors surtout qu'elles sont produites par un recul considérable, i5"' 
et 20 m , demandent toujours un éclairage intense; et dans ce cas 
l'électricité est indispensable. 



170 



CIHPITRE III. 

Il faut toujours une intensité lumineuse vive, et mieux vaut 
s'abstenir que de projeter des images noires, blafardes, dans les- 
quelles sont perdues toutes les illusions de la réalité. 



Fig. 42. 




Chevalet. — Le chevalet {fig. 142) est un support de bois des- 
tiné à supporter le cinématographe, d'une part, et la lanterne à pro- 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. IJI 

jection, de l'autre. Dans le modèle de MM. Lumière, il existe à 
l'avant, au-dessous du cinématographe, un compartiment fermé par 
une porte dans lequel se déroule la bande après son passage dans 
l'instrument. 

Dans les modèles de MM. Gaumont, Zion, Demaria et autres, 
une bobine réceptrice se charge de l'enroulement automatique de 
la bande pelliculaire. 

Le chevalet sera toujours en bois pesant, et il sera utile de le sur- 
charger à sa partie inférieure de poids lourds, gueuses de fonte ou 
saumons de plomb; et cela afin d'absorber Je plus possible les 
vibrations sonores et trépidations qui pourraient faire vaciller les 
images. C'est là un point important que l'on ne saurait trop recom- 
mander, car ce sont tous ces petits détails qui, réunis, arrivent à 
donner une illusion complète. 



Écran. — Les projections animées gagnent beaucoup à être pro- 
jetées par réflexion et non par transparence; et dans ce dernier 
cas elles seraient toujours de très petite surface, car il faudrait un 
recul considérable si l'on voulait obtenir ainsi des images un peu 
grandes. 

L'écran sera de préférence fait de cette façon; sur un cadre de 
bois léger, renforcé à l'arrière par des traverses, on tend un mor- 
ceau de calicot neuf, ayant conservé son apprêt, et par derrière 
on colle plusieurs épaisseurs de papier blanc, épais, de façon à 
empêcher toute lumière de passer au travers; sans cette précau- 
tion on perd beaucoup de lumière, il faut donc chercher à obtenir 
un écran qui réfléchisse presque complètement tous les rayons 
lumineux. 

L'idéal en cette circonstance serait un mur enduit de plâtre, de 
plâtre de Paris très blanc, bien entendu. 

Dispositions générales de la salle. — L'écran est placé à l'ex- 
trémité de la salle et à 2 TO ,5o au moins au-dessus du sol, de façon 
à être vu de tous les spectateurs, sans que les têtes des premiers 
rangs empêchent ceux placés à l'arrière de voir bien complètement 
toute l'image. Plus l'écran sera haut, mieux il sera vu. 

L'appareil projecteur sera installé en face de l'écran, à l'autre 



172 CHAPITRE III. 

bout de la salle; au moyen d'une estrade, le chevalet sera élevé de 
façon à ce que l'objectif du cinématographe soit exactement à la 
hauteur du centre de l'écran; il faut éviter le plus possible d'in- 
cliner l'appareil pour rattraper ce centrage. 

Les spectateurs seront disposés en rangées parallèles à l'écran, 
en évitant de placer le premier rang trop près de celui-ci; d'une 
façon générale, les meilleures places sont les plus éloignées. 

L'éclairage électrique de la salle doit être divisé en deux groupes 
de lampes. L'un d'eux est supprimé pendant toute la durée d'une 
séance, l'autre pendant le passage de chaque bande, et est rétabli 
aussitôt après. 

Ces suppressions se font à l'aide de commutateurs qui doivent, 
être à portée de la main du manipulateur. Il est avantageux d'em- 
ployer, pour le groupe de lampes qui doivent rester éteintes pen- 
dant la durée d'une séance, un commutateur à deux directions, 
de telle sorte que, en supprimant le courant dans ce groupe, on 
envoie le courant principal de la canalisation électrique dans le 
régulateur de la lanterne. 

Une installation électrique est toujours pourvue de bouchons, 
dits de sûreté, qui suppriment le courant dans le cas où, pour 
une cause imprévue, il atteindrait une intensité exagérée; il faut 
avoir soin de les faire placer à portée de la main, de façon à être 
remplacés facilement. 

Pour utiliser le mieux possible la lumière de l'arc dans les pro- 
jections, certaines précautions sont nécessaires. 

La lanterne étant en place, on enlève le cinématographe; le 
faisceau de lumière s'étale sur l'écran en une zone circulaire, dont 
le centre doit se confondre avec celui de l'écran. On déplace la 
lanterne, en avant ou en arrière, jusqu'à ce qu'on voie se dessiner 
l'image nette et brillante des deux charbons. On place alors le 
cinématographe muni de l'objectif, en l'orientant de telle sorte 
que l'image de la fenêtre occupe le centre de l'écran, puis on met 
au point. 



Passage des bandes. — Pour le passage des bandes {Jig. 1 43 ), 
on met d'abord en place le porte-pellicule; cet accessoire se fixe à 
la partie supérieure du cinématographe. 



Fig. r43. 



Nous figurons celui de 
Lumière {fig- 1 4 4 ) ; on 
peut également voir celui 
de Demeny {fig- 1 4 5 ) • 

Ce porte-pellicule de Lu- 
mière se compose de deux 
montants en laiton AB, CD, 
réunis au moj-en d'une 
équerre par leurs deux 
extrémités inférieures. Le 
montant AB porte deux 
tiges E, F, horizontales. Le 
montant CD est articulé 
sur l'équerre de manière à 
pouvoir se rabattre sur la 
face supérieure du cinéma- 
tographe. 

Avec la bobineuse on en- 
roule la bande pelliculaire, 
gélatine en dehors, en 
commençant par la fin. On 
rabat le montant gauche CD 
du porte-pellicule, et l'on 
introduit le rouleau de pel- 
licule de façon que le dé- 
roulement ait lieu, la géla- 
tine dirigée vers l'opérateur. 
On fait passer la bande sur 
la lige supérieure. On relève 
le montant gauche, puis on 
introduit la pellicule dans 
la gaine de velours en pro- 
cédant comme pour la prise 
des négatifs. 

La lumière de l'arc étant 
réglée, on tire l'obturateur 
translucide de la lanterne, 




174 CHAPITRE III. 

on supprime l'éclairage de la salle, et l'on n'a plus qu'à tourner la 

Fi g. 144. 




manivelle à raison de deux tours par seconde, les disques obtura- 



Fig. 145. 




teurs étant placés de façon à obtenir le maximum d'éclairement. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 



175 



Quand la pellicule est complètement déroulée, on rétablit l'éclai- 
rage partiel de la salle, en même temps qu'un aide ferme l'obtura- 
teur translucide de la lanterne. On place le rouleau suivant sur le 
porte-pellicule, tandis que l'aide, au moyen de la bobineuse, en- 
roule à nouveau la pellicule qui vient de passer et l'enferme aussitôt 
dans une boîte de fer-blanc afin de la préserver de tout accident. 



Grille. — Pour des raisons multiples, tous les appareils donnant 
des projections animées présentent, en dehors du mouvement 
propre à l'animation du sujet projeté, des déplacements alternatifs 
ou simultanés de la pellicule dans les plans horizontal et vertical. 
Dans les appareils bien construits et avec des bandes bien réglées, 
ces déplacements sont réduits au minimum, mais, si faibles que 
soient ces mouvements, ils ne laissent cependant pas encore, à la 
longue, de fatiguer le spectateur. 

Pour remédier à ce défaut, M. Gaumont a construit un petit 
accessoire qui donne d'excellents résultats. Sa construction est, 
comme le nom de l'appareil l'indique, fondée sur un assemblage 
à claire-voie de petits carreaux imitant les mailles d'un filet. Il 
peut donc être constitué ou par des réseaux opaques appliqués 
sur une surface transparente, ou par une surface opaque ajourée 
en claire-voie. 

La grille est donc un éventail {Jig> i46) de couleur noire, perforé 
d'une multitude de petits trous carrés; il suffira de l'interposer 
entre les yeux et l'image projetée et de lui donner un léger mou- 
vement de va-et-vient, pour voir avec une netteté absolue et sans la 
moindre trépidation se dérouler la scène animée que le cinémato- 
graphe projette sur l'écran. 

L'usage de la grille permet en outre de donner un mouvement 
moins rapide au déroulement de la pellicule, tout en laissant la 
même animation au sujet. 

On peut donc par ce moyen allonger la durée du spectacle, mé- 
nager la bande, et, lors de la prise du sujet, avoir sur une même 
bande une scène beaucoup plus longue que celles obtenues pré- 
cédemment. 

Employée par les spectateurs, la grille n'exige aucune modifi- 
cation aux appareils existants; son petit volume et sa forme ne 



176 



CHAPITRE III. 



sauraient gêner en rien ceux qui en font usage; et, en même temps 
qu'elle supprime tout scintillement, elle amoindrit, d'une façon 



Fig. 146. 




très notable, les éclats provenant d'arrachements, d'égratignures et 
de défauts de la couche sensible de la pellicule. 



Nettoyage de l'appareil. — Après chaque séance, il ne faut ja- 
mais négliger de faire subir un nettoyage complet à l'appareil, car 
il est de toute importance de vérifier la propreté absolue de toutes 
les pièces du cinématographe; faute de ce soin, les bandes s'abîment 
rapidement et ne peuvent faire un long usage. Les pièces essen- 
tielles susceptibles de tourner ou de glisser seront toujours lubri- 
fiées légèrement avec de la vaseline ou, à la rigueur, avec un 
mélange d'huile d'olive et de pétrole. De temps en temps elles 
seront nettoyées à fond avec un pinceau imbibé de pétrole. 

Pendant ce nettoyage, éviter soigneusement l'introduction de 
tout corps étranger entre l'excentrique et le cadre porte-griffes, ce 
qui fausserait immédiatement l'appareil (système Lumière). 

La glace-presseur doit être nettoyée avec soin après le passage 
de chaque bande, afin d'enlever les poussières qui abîmeraient la 
pellicule, en la sillonnant de rayures. 



MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. 1 77 

Le velours sera brossé avec une brosse à dents très propre et 
pas trop dure. 

Entretien des pellicules. — Les pellicules doivent enfin être 
entretenues dans un état de souplesse régulier; si elles sèchent 
trop, elles deviennent cassantes et les perforations s'écaillent. On 
évite en partie cet accident par l'emploi du bain glycérine dont 
nous avons parlé page 107, mais par le passage à la lanterne, elles 
ne tardent pas à se dessécher et il faut les humidifier de nouveau : 
opération qui se fait dans la boîte dite à humidifier. 

Cette boîte est séparée en deux compartiments horizontaux par 
un grillage en toile métallique. 

Dans le compartiment inférieur on place un feutre épais ou des 
fragments d'épongé imprégnés d'eau additionnée de quelques 
gouttes d'acide phénique pour éviter les moisissures. 

Dans le compartiment supérieur et sur le grillage on dispose les 
pellicules placées dans leur boîte découverte. 

Entre chaque séance on couvre cette boîte. 

Le soir, les séances terminées, on enroule les bandes à l'envers 
et on les laisse enfermées dans la boîte à humidifier jusqu'au len- 
demain. 



T. 



12 



a 



BREVETS. 



1/9 



BREVETS. 



242 88G. 

250987. 
251549. 
251780. 
252517. 
252603. 
253195. 
253452. 
253708. 
251089. 

254298. 
254394. 
254502. 

254540. 
254836. 
254869. 

254 770. 
254883. 
254908. 
255107. 
255164. 
255176. 
255269. 
255292. 



— Anschiitz : Procédé de projection d'images à mouvements 

stroboscopiques. 

— Farmer : Kinétoscope. 

— Joly : Photo-zootrope. 

— Leroy : Imitation des mouvements. 

— Pasche : Ghronographe. 

— Fouché : Images successives représentant un sujet animé. 

— De Bedts : Appareils chronophotographiques. 

— Poulenc : Appareil chronophotographique. 

— Werner : Appareil chronophotographique. 

— Mortier : Aléthescope enregistrant pholographiquement les 

scènes animées. 

— Labarthe : Cinémagraphe. 

— Pépin : Cinégraphoscope. 

— Desmarest, Demeyer et Auguin : Appareil chronophotogra- 

phique. 

— Parnaland : Reproduction de scènes animées. 

— Joly : Appareil chronophotographique. 

— Desmarest, Demayer et Auguin : Appareils chronophotogra- 

phiques. 

— Ibid. 

— Carpentier : Mécanisme pour bandes chronophotographiques. 

— Werner et Monier : Appareil chronophotographique. 

— Brun : Appareil à photographier les corps en mouvement. 

— Carpentier : Appareil pour photographier des scènes animées. 

— Jost : Appareil à photographies multiples. 

— Fouché : Ginématoscope. 

— Short : Kinétoscope. 






Itîo BREVETS. 

255702. — Charles : Commande de la pellicule dans la Photographie 
animée. 

255773. — Gautier : Appareil d'enregistrement et de reproduction 
d'images animées. 

255857. — Oller et Varlet : Appareil pour projections animées. 

255988. — Berjonneau, Rambaud et Ménard : Appareil à prendre des 
photographies en série. 

256140. — Parnaland : Appareil chronophotographique. 

256159. — Coudray : Kinestéréographe. 

256284. — Binet : Appareil chronophotographique. 

256364. — Wegener : Appareil reproduisant le mouvement par la Photo- 
graphie. 

256388. — Joly : Dispositif évitant le scintillement dans la projection des 

vues chronophotographiques. 

256389. — Joly : Pellicules à images positives pour appareils de projec- 

tion. 

256600. — Maiche : Appareil permettant de voir des images en mouve- 
ment et en relief. 

256834. — Canellos : Commande pour la production des photographies 
animées. 

257002. — De Bouillonne : Appareil chronophotographique. 

257089. — Parnaland : Appareil pour la projection de scènes animées. 

257 092. — Kohn : Appareil pour la photographie et la projection de 
scènes animées. 

257H7. — Tavan : Appareil de Chronophotographie. 

257131. — Darras : Cinématographe. 

257178. — D r Marcy : Chronophotographe. 

257550. — Tournachon : Appareil pour photographier des images animées. 

257551. — Roslin d'Ivry : Appareil pour la projection des photographies 

animées. 
257582. — Perret et Lacroix : Appareil pour photographies animées. 
257730. ■ — Messager : Appareil pour projeter des scènes animées. 
257965. — Leroy : Chronophotographe. 
258071. — Terme : Appareil pour la Photographie animée. 
258523. — Zion et Gautier : Appareil projecteur des photographies 

animées. 
258583. — Damoiseau : Appareil chronophotographique. 
258692. — Alexandre : Appareils chronophotographiques. 
258956. — Reignier et Morand : Mécanisme à faire avancer une bande 

photographique. 
259045. — Lumière : Reproduction des mouvements et des sons dans les 

projections. 
259515. — Lumière: Vision directe des épreuves chronophotographiques. 
259524. — Nozan : Photographie animée. 






nu e vêts. 



181 



259549. — Lapipe : Projection de vues animée?. 

260768. — Werner : Appareil chronophotographique. 

260870. — Lévy : Moteur de la pellicule pour appareils de Photographie 
animée. 

260923. — Wraz : Projection d'images photochronographiques. 

261292. — Bungli et Gontinzouza : Projection de la Photographie animée. 

261 296. — Joux : Instrument chronophotographique. 

261327. — Gauthier: Photographies animées. 

261450. — Digeon et fils aîné : Méthodes d'enseignement technique par 
l'emploi de photographies animées. 

261 560. — Monnard : Projection des photographies animées. 

261650. — Baron : Appareil pour projections circulaires animées. 

261731. — Mendel : Appareil pour la Photographie animée. 

261859. — Holst : Chambres cinématographiques. 

262017. — Demeny : Appareil chronophotographique. 

262120. — Armand : Substitution du verre au celluloïd dans les projec- 
tions du cinématographe. 

262509. — Bargigli : Projection des photographies animées. 

262780. — Dusczn : Chronoscope parisien. 

262913. — Kirchner : Ghronophotographe. 

262946. — Perret et Lacroix : Appareil pour la projection de scènes ani- 
mées. 

263128. —Dvorak: Obtention simultanée de plusieurs images photogra- 
phiques. 

263636. — Kenckel : Projection de scènes animées. 

264 678. — Chauvin: Cinématographe. 

265340. — Bergognant : Cinématographe. 

266010. — Reignier : Photobiographe. 

266131. — Grivolas : Appareil chronophotographique. 

266 472. — Poplawski : Appareil pour la reproduction des scènes animées. 

267 396. — Latharn : Appareils deslinés à photographier des objets en mou- 

vement et à projeter les images ainsi obtenues. 

267471. — Dupuis et Forestier : Kinétoscope et cinématographe. 

270671. — Kirchner dit Lear: Biographe perfectionné dit Biographe fran- 
çais. 

270883. — Elkan et Stcrnberg : Nouvel appareil photographique servant à 
la pose et à la projection d'épreuves chronophotographiques. 

271768. — Lévy et ses fils : Appareil genre kinétoscope destiné à faire des 
vues animées sur papier dit Moloscope. 

272141. — Prepognot : Appareil permettant de prendre des vues animées 
et. de les reproduire avec l'illusion du relief. 

272 458. — Société Chicago Recording Seale Co : Appareil perfectionné 
pour prendre, agrandir et projeter des images successives 
d'objets animés. 



182 

272517 



BREVETS. 



273 G05 
274521 

274692 
274957 
275160 



27556 



i. 



Grimoin : Nouvel appareil permettant de photographier et de 
projeter sur un écran circulaire des vues animées panora- 
miques en couleur par le Ginécosmorama Sanson. 

De Laporte : Cinématographe. 

Kirchner dit Lear : Appareil chronophotographiquc dit Bio- 
graphe français Lear. 

Wolff : Kinétoscope. 

Bagrachow : Biographe populaire Bagrachow. 

Viney : Bioscope, appareil destiné à obtenir par la Photogra- 
phie la projection du mouvement sans scintillement. 

Koopman : Perfectionnement dans les appareils permettant 
de voir des images successives dits Mutoscopes. 

Société Attl et Cuisinier : Nouveau cinématographe. 

Claparède et la Société Gaumont et C' e : Système de repro- 
duction des scènes animées par vision directe ou par projec- 
tion. 
276628. — Baron : Système d'appareil perfectionné pour enregistrer et 
reproduire simultanément les scènes animées et les sons qui 
les accompagnent. 

Demeny et Martin : Système d'appareil destiné à prendre des 
séries d'images photographiques et pouvant servir aussi à la 
vision ou à la projection de ces images. 

Lumière : Perfectionnements à l'obtention et à la projection 
des images chronophotographiques. 



275987 
276554 



- 278285. 



-278347. 



31 



FIN. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages 

Préface v 

Ayant-propos ix 

CHAPITRE I. 
Origines de la Photographie animée. 

Persistance de la vision i 

Phénakisticope de Plateau 3 

Zootrope !\ 

Zootrope de Clerk Maxwell 5 

Praxinoscope de Reynaud. ; 5 

Tachyscope 6 

Phakinescopes fi 

Phakinescopes à prismes, à hélices, à prismes séparés, à disques. 



CHAPITRE II. 
Applications photographiques. 

Appareils multiples 1 3 

Système Muybridge i3 

Système Anschutz i5 

Système Londe i5 

Appareil de l'auteur 22 

Appareils simples 2 3 

Appareil à plaque fixe de M. Marey 23 

Appareils à plaque mobile 3i 



BHftK 



I 84 TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

Appareils simples à bandes continues 34 

Chronophotographe de M. Marey 35 

Kinétographe et kinétoscope d'Edison 43 

Photophone de M. Demeny 44 

Chargement et fonctionnement de l'appareil. 

Bioscope de M. Demeny 5o 

Appareil à bandes de M. Demeny , 5i 

Modèle d'amateur à bandes de 35 mm 55 

Cinématographe de Lumière 6o 

Kinétographe de Bedts 79 

Cinématographe Joly 82 

Le Lapiposcope : 87 

lléliocinégraphe de MM. Perret et Lacroix 90 

Mouvementographe de Zion g3 

Cinématographe Griolet g5 

Cinématographe Dom-Martin 96 

Le Pygmalion 98 

Cinébibliographe „ 100 

Cinématographe des familles 102 

Cinématographes à système oscillant de M. F. Gossart 102 

Cinématographe de MM. Schmidt et André Christophe 117 

Graphonoscopc de M. Baron 121 

Cinématorama de M. Baron i23 

Cinématographe à plaques de MM. W. Schmidt et A. Christophe 124 

Cinématographe universel de M. Gauthier i3o 

Chronoscope Hanau-Gauthier i3i 

Aléthorama, nouvel appareil cinématographique (système P. Mortier) i33 



CHAPITBE III. 
Manipulations diverses et manœuvre des appareils. 



Négatifs 1 39 

Appareils à rouleaux 146 

Appareils à griffes 147 

Système Lumière 147 

Pied à trois branches. — Boite châssis. — Boîte réceptrice. — Bobineuse. 

Manipulations i5o 

Introduction de la pellicule. — Mise au point. — Mise en place de la 
pellicule. 

Précautions à prendre i55 

Développement des négatifs i56 

Développement à la machine i5g 

Obtention du positif 160 



TABLE DES MATIERES. 



18: 



P:iges. 

Projections 1 65 

Lanterne i65 

Régulateur 167 

Lampes à oxygène 168 

Objectif à projection 169 

Chevalet 170 

Ecran ■ 171 

Dispositions générales de la salle 171 

Passage des bandes 172 

Grille iS5 

Nettoyage de l'appareil 17*) 

Entretien des pellicules 177 

Brevets 1 78 



FIN DE LA TABLE DES MATIERES. 












6286 B. — PARIS, IMPRIMERIE GAUTI1IER-VILLARS, 
55, quai des Grands-Auguslins. 



LIBRAIRIE GAUTHIER-VILLARS, 

QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 55, A PARIS. 



OUVRAGES DE M. TRUTAT. 



TRUTAT (E.)i Directeur du Musée d'Histoire naturelle de Toulouse, Pré- 
sident de la Section, des Pyrénées centrales du Club alpin français, Prési- 
dent de la Société photographique de Toulouse. — La Photographie en 
montagne. In-18 jesus, avec figures et i planche; 1894. . . 2 fr. 75 c. 

TRUTAT (E. ). — Traité pratique de Photographie sur papier négatif 

par L'emploi de couches de gélatinobromure d'argent étendues sur pa- 
pier. Nouveau tirage. In-18 Jésus, avec figures et 2 planches spécimens; 
1893 1 fr. 5o c. 

TRUTAT (E.). — Traité pratique des agrandissements photographiques. 
2 volumes in-18 jésus, avec 112 figures. 

I™ Partie : Obtention des petits clichés ; 1891 2 fr. 75 c. 

II e Partie : Agrandissements. 2 e édition, revue et augmentée, avec 
60 figures; 1897 2 fr. 75 c. 

TRUTAT (E. ). — Les épreuves positives sur papiers émulsionnés. 

In-18 jésus, avec figures; 1896 2 fr. 

TRUTAT (E.). — Impressions photographiques aux encres grasses. 
Traite pratique de Photocollographie à l'usage des amateurs. In-18 
jésus, avec nombreuses fig. et 1 pi. en photocollographie; 1892. 2 fr. 75 

TRUTAT (E.). — La Photographie appliquée à l'Archéologie. Repro- 
duction des Monuments, OEuvres d'art, Mobilier, Inscriptions, Manu- 
scrits. Nouveau tirage. In-18 jésus, avec deux photolithographies; 
1892 1 fr. 5o c. 

TRUTAT (E.). — La Photographie appliquée à l'Histoire naturelle. 

Nouveau tirage. In-18 jésus. avec 85 belles figures et 5 planches spé- 
cimens en phototypie, d'Anthropologie, d'Anatomie , de Conchyliolo- 
gie, de Botanique et de Géologie; 1892 2 fr. 5o c. 

TRUTAT (E.). — Dix Leçons de Photographie élémentaire. Cours pro- 
fessé sous les auspices de la municipalité de Toulouse. In-18 jésus; 
1 899 {Sous presse.) 



LIBRAIRIE GAUTHIER-VILLARS, 

QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 55, PARIS. 



BIBLIOTHÈQUE PHOTOGRAPHIQUE. 

(Ouvrages récemment parus.) 



BERNARD (J.) et TOUCHEBEUF (L.). — Petits clichés et grandes 
épreuves. Guide photographique du touriste cycliste. In-18 Jésus; 
1898 2 fr. 75 c 

COURRÈGES (A.), Praticien. — Le portrait en plein air. In-18 jésus, 
avec figures et i planche en photocoilographie; 1898 2 fr. 5o c. 

COURRÈGES (A.), Praticien. — La retouche du cliché. Retouche chi- 
mique, physique et artistique. In-18 jésus ; 1898 1 fr. 5o c. 

COURRÈGES (A.), Praticien. — Impression des épreuves sur papiers 
divers par noircissement direct, par impression latente et dévelop- 
pement. In-18 jésus avec figures; 1898 2 fr. 

HORSLEY-HINTON (A.), Auteur de L'art photographique dans le pay- 
sage, etc. — La Platinotypie. Traité pratique. Traduit de l'anglais par 
G. Devanlay. In-18 jésus avec figures et spécimens; 1898. 1 fr. 5o c. 

LONDE (A.), Directeur du Service photographique et radiograpliique à la 
Salpêlrière (Clinique des maladies du système nerveux), Lauréat de 
l'Académie de Médecine, de la Faculté de Paris, Officier de l'Instruction 
publique. — Traité pratique de Radiographie et de Radioscopie. Tech- 
nique et applications médicales. Grand in-8 avec 1 13 figures; 1899. 7 fr. 

ROBINSON (H.-P.). — Les éléments d'une photographie artistique. 
Traduit de l'anglais par Hector Colard, Membre de l'Association belge 
de Photographie. Grand in-8, avec 38 figures d'après des clichés de 
l'Auteur et 1 planche; 1898 4 fr« 

ROBINSON (H.-P.). — La Photographie en plein air. Comment le pho- 
tographe devient un artiste. Traduit de l'anglais par Hector Colard. 
3 e tirage. 2 volumes grand in-8, se vendant séparément. 

I re Partie : Des plaques à la gélatine. — Nos outils. — De la composition. 
— De L'ombre et de la lumière. — A la campagne, — Ce qu'il faut photogra- 
phier. — Des modèles. — De la genèse d'un tableau. — De l'origine des idées. 
Avec figures et 2 planches photocollograpliiiiiies ; 1899 2 fi-. 76 c. 

II e Partie : Des sujets. — Qu'est-ce qu'un paysage? — Des Jigures dans le 
paysage. — Un effet de lumière. — Le soleil. — Sur terre et sur mer. — Le 
ciel. — Les animaux. — Vieux habits! — Du portrait fait en dehors de l'a- 
telier. — Points forts et points faibles d'un tableau. — Conclusion. Avec 
figures et 2 planches photocollographiques; 1899 2 fr. 5o c. 

SCHILTZ. — Manuel pratique d'Héliogravure en taille-douce. In-18 
jésus; 1899 1 fr. 75 c. 

SEYEWETZ (A.), Sous-Directeur et Chef des Travaux à l'École de Chi- 
mie industrielle de Lyon. — Le développement de l'image latente en 
Photographie. In-18 jésus; 1899 2 fr. 75 c. 

' --~ » i @<s— 



Il 



,v 



%\ 




&%I5 



TCT" 



■M 



HHHI 



GETTY CENTER UBRARY 

3 3125 00114 5362